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HELIUM 4

La revue mensuelle de la fusion pour les nuls


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N°1- Nov 2011

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N°2 Déc 2011

H2

 

N°3 Jan/Fev 2012

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 23:15

 

Au cœur de l'Arbetsförmedlingen, le Pôle emploi suédois

Suede.jpg

20minutes  12 décembre 2012

 

REPORTAGE – Alors que l'Europe est empêtrée dans la crise, la Suède affiche une bonne santé économique. «20 Minutes» vous propose une série de reportages sur ce modèle. Ce mercredi, partez à la découverte de la gestion des demandeurs d'emploi suédois...

En Suède, ce n’est pas le plein emploi. La crise n’épargne pas l’industrie, dont la moitié de la production est vendue à l’étranger. Pourtant, le taux de chômage plafonne à 8,6%,contre 10,3% en France et 9,9% dans la seule métropole. A Stockholm, le chômage affiche même un taux de seulement 6,8%. Comment le Pôle emploi suédois gère-t-il ces chômeurs? C’est le deuxième reportage de notre série consacrée au royaume nordique.

Victoria est une jolie blonde de 44 ans. Quand elle s’est séparée de son petit ami new-yorkais, elle a quitté la mégalopole américaine pour rentrer chez elle, à Stockholm. Depuis, elle pointe à l’Arbetsförmedlingen, le Pôle emploi suédois. Nous la rencontrons dans l’agence de Södermalm, où elle consulte les dernières annonces mises en ligne. «Je n’ai pas de diplôme universitaire, alors, c’est dur», explique-t-elle.

Pourtant, elle ne se décourage pas. «Je me sens très soutenue ici et je vais entamer une formation pour me reconvertir dans les métiers de la restauration. Je crois que nous pouvons tous être formés à n’importe quel job». C’est aussi l’avis de l’Arbetsförmedlingen, qui pense que «chaque individu dispose de ressources pouvant être utilisées dans un travail» et «qu’il a en lui un potentiel de changement et de progression personnelle».

1.600 euros maximum d’indemnités

Côté fonctionnement, petite surprise: contrairement à Pôle emploi,l'Arbetsförmedlingen ne s'occupe pas de l'indemnisation des chômeurs. Qui est d’ailleurs conditionnée à la possession d’une «A-Kassa», comprenez d’une assurance à contracter pendant que l’on travaille et dont la cotisation varie de 10 à 40 euros par mois. «Plus il y a de chômage dans son secteur, plus on paie», résume Fredrik Möller, le responsable communication de l’Arbetsförmedlingen. Qui précise: «ces assurances sont gérées par les syndicats. Mais les fonds versés par les travailleurs ne représentent que 20% des indemnités, 80% proviennent de l’Etat.»

Au chômage, un Suédois est censé toucher 80% de son ancien revenu, mais avec un maximum de 680 couronnes par jour. Soit environ 1.600 euros par mois. Une indemnité qui n’a pas été réévaluée depuis 10 ans. Et comme le revenu moyen est d’environ 3.200 euros, la majorité des Suédois gagnent en fait 55% de leur ancien salaire.

Rémunération à la performance des agents

A peine inscrit, le demandeur d’emploi signe son «handlingsplan», son plan personnel. Où sont détaillés les objectifs à atteindre, les formations à suivre, les stages à effectuer. Un seul manquement et les allocations sont suspendues. Ou arrêtées. Passé 300 jours, s’il n’a pas retrouvé un job, l’accompagnement passe à la vitesse supérieure. Soit encore plus de formation, de stage et de coaching.

Et les conseillers sont très motivés. Entre autres parce qu’ils sont rémunérés à la performance. «Le salaire d’embauche ne suit pas de grille et dans notre agence, l’augmentation annuelle varie de 2 à 5%, en fonction de l’atteinte de nos objectifs», précise Fredrik Möller. Car l’Arbetsförmedlingen est indépendante. Si l’Etat lui fixe un budget et des objectifs, c’est l’agence qui décide de la stratégie à adopter. Et de la gestion de ses ressources humaines, depuis le recrutement jusqu’au licenciement.


Céline Boff


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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 18:21

Plus d'un million de sanctions contre les chômeurs de longue durée indemnisés en Allemagne

Hartz-IV.JPG

 

Arrêt su Images Par Gilles Klein le 20/11/2012


Plus d'un million de sanctions ont été prises contre des chômeurs de longue durée indemnisés en Allemagne pour ne pas avoir respecté les contraintes de ce statut, note la presse allemande.


"Nouveau record de sanctions pour les Hartz IV"

L'information est à la Une de Süddeutsche Zeitung sous la photo d'Obama en Birmanie, c'est la première fois que le nombre de sanctions contre des chômeurs atteint un tel chiffre, plus d'un million en un an selon les statistiques officielles.

Le titre du quotidien fait allusion aux chômeurs concernés par la loi dite Hartz IV, la quatrième votée lors de la réforme très libérale du marché du travail adoptée par le chancelier social-démocrate (de gauche) Gerhard Schröder en 2004. Elle est entrée en application en janvier 2005.

Cette loi porte le nom de son inspirateur, Peter Hartz, qui fut directeur du personnel de Volkswagen et a dirigé la commission qui a élaboré ce projet.

La durée d'indemnisation normale des chômeurs a alors été réduite à douze mois. Au delà, les chômeurs touchent une indemnité nettement plus basse (371 euros) et doivent accepter tous les emplois proposés, y compris les travaux d'utilité publique à 1 euro de l'heure.

Ceux qui refusent ou ne ne répondent pas aux convocations ont vu, précise leSüddeutsche Zeitung, leur indemnité diminuée d'en moyenne 106 euros par mois.

 

Selon l'administration, le nombre de personnes recevant des prestations de chômage de base (SGB II) s'élevait à 4 346 000 en octobre dernier.

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 16:37

Plus de 70 pour cent des travailleurs n’ont pas de protection chômage

image-humour-drole-copie-1.jpgOrganisation internationale du Travail (OIT)  14 novembre 2012

La récente crise économique mondiale a brutalement rappelé l’intérêt que présente l’assurance chômage. Mais, en réalité, moins de la moitié des presque 200 pays suivis par l’OIT dispense ce type de protection.

 

Des programmes d’assurance chômage existent dans 72 pays sur les 198 suivis par l’OIT, la plupart d’entre eux étant de pays à moyen et hauts revenus.

La proportion de chômeurs sans accès à l’assurance chômage est encore plus forte (86 pour cent) si l’on comptabilise ceux qui n’ont pas cotisé assez longtemps pour avoir droit à des allocations chômage, de nombreux dispositifs d’assurance chômage reposant sur des cotisations.

"Plus de 86 pour cent des quelque 40 millions de personnes qui sont sorties du marché du travail depuis 2008 se retrouvent privées d’un revenu régulier d’un jour à l’autre.»

«Ce qui veut dire que plus de 86 pour cent des quelque 40 millions de personnes qui sont sorties du marché du travail depuis 2008 se retrouvent privées d’un revenu régulier d’un jour à l’autre», déclare Florence Bonnet, spécialiste de la protection sociale à l’OIT.

Les jeunes gens sont particulièrement affectés par ce problème. S’ils deviennent chômeurs peu après être entrés sur le marché du travail, alors ils n’auront peut-être pas cotisé suffisamment longtemps à la sécurité sociale pour avoir droit aux indemnités chômage.

Seuls 16 pays distribuent un revenu de substitution aux jeunes chômeurs qui cherchent du travail pour la première fois.

D’énormes disparités régionales

La couverture d’assurance chômage varie considérablement selon les différentes régions du monde.

Elle peut atteindre jusqu’à 80 pour cent ou plus en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord et en Europe centrale et orientale, tandis qu’elle peut chuter à moins de 10 pour cent en Afrique.

La couverture est inférieure à 40 pour cent en Amérique latine et dans les Caraïbes, et atteint moins de 20 pour cent au Moyen-Orient et en Asie.

Ces variations reflètent les différentes proportions que représente l’emploi formel dans le total de l’emploi.

"Les indemnités chômage ont aussi facilité la recherche d’emploi pour les chômeurs.»

«Avec un niveau de développement économique plus élevé, de nombreux pays à revenu intermédiaire ont pris conscience de la nécessité d’instaurer des systèmes de protection chômage afin de faciliter les transitions économiques structurelles et de répondre aux crises», ajoute Florence Bonnet.

Elle cite la République de Corée en exemple. Le pays a mis en place une assurance chômage en 1995, peu avant la crise financière asiatique de 1997.

«Le dispositif a également aidé le pays à absorber les répercussions de la récente crise économique mondiale de manière plus systématique et efficace», précise-t-elle.

L’assurance chômage comme outil de gestion de la crise

Selon Mme Bonnet, ce n’est pas seulement en Corée du Sud que les indemnités chômage ont joué un rôle primordial pendant la crise.

«Les pays dotés d’une protection chômage et de mécanismes similaires, idéalement associés à des politiques actives du marché du travail, ont pu réagir à la crise de manière plus rapide et plus efficace que les pays sans stabilisateurs automatiques», explique-t-elle. «Les indemnités chômage ont aussi facilité la recherche d’emploi pour les chômeurs».

Dans des pays plus développés, les mécanismes de protection chômage ont aidé la plupart des travailleurs et des employeurs à s’adapter à la chute brutale de la demande, tout en contribuant à préserver les revenus et à maintenir la consommation.

L’Allemagne et l’Autriche constituent de bons exemples. Ils ont aussi facilité la reprise économique par le biais d’une combinaison de mécanismes d’assurance sociale et d’assistance sociale.

Plus récemment, les pays comme la Thaïlande et le Viet Nam ont fourni ce type de protection à certaines catégories de travailleurs – avec un impact important sur les travailleurs concernés mais plus limité en termes de relance de la demande.

Socles de protection sociale

En juin 2012, la Conférence internationale du Travail de l’OIT a adopté la recommandation n° 202 concernant les socles nationaux de protection sociale qui demande aux Etats Membres de l’OIT d’offrir, comme l’une des garanties fondamentales de sécurité sociale à tous ceux qui en ont besoin, une sécurité de base en matière de revenus. La garantie devrait couvrir au moins un seuil minimum défini au niveau national pour les personnes incapables de gagner un revenu suffisant, en particulier celles qui ne parviennent pas à trouver un emploi suffisamment rémunéré. Elle peut être délivrée par différents canaux comme l’assurance ou l’assistance chômage, ou les garanties d’emploi ou autres programmes d’emploi public.

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 13:42

Des séances d'UV offertes aux chômeurs les plus motivés

lbronzage.jpg

PARIS NORMANDIE 6 novembre 2012

 

Cela n'a rien d'un canular ou d'une campagne glamour lancée par l'agence Pôle Emploi, mais une initiative sérieuse proposée par le centre pour l'emploi à Aberdare, une petite ville du Pays de Galles.

Le personnel du centre d'emploi offre aux candidats les plus motivés des séances d'UV et de relooking gratuites à la "Well-being and Training Academy" de la ville, c'est à dire à l’école du bien-être et de l’entraînement. Ce programme, très critiqué outre-Manche, est proposé dans la région enregistrant le taux de chômage le plus élevé du Pays de Galles, soit 9,6%.

Robert Oxley, le responsable de l'alliance des contribuables (Campaign Manager of the TaxPayers' Alliance), qualifie cette mesure de "ridicule" avant d'ajouter que "la compétition pour trouver un emploi est rude, mais c’est l’expérience professionnelle et les compétences qui assureront un emploi, pas votre bronzage".

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 22:49

Le Pôle Emploi de NYC

bondyblog 2 novembre 2012


HBB. Le gouvernement américain s'apprête à publier aujourd'hui les chiffres sur l'emploi. Le taux de chômage attendu devrait être en hausse. Qui sont les demandeurs d'emploi ?


  NYC1.jpgLe soleil fait s’allonger les silhouettes. Des ombres se dessinent, déjà si tôt, sur les trottoirs. Un filet de lumière éclaire la 125e rue. L’air est frais, presque congelé. Chacun est emmitouflé. Aux arrêts de bus, tout le monde prend le temps d’attendre. Et tout le monde monte, tout le monde s’écrase. Au 215 West, le bâtiment est un bloc. Dans le hall, trois agents de la sécurité préviennent : « Le bureau est exceptionnellement fermé aujourd’hui ».

Il est huit heures. L’heure d’accompagner les gamins à l’école, de courir, d’arriver au travail, tout retourné, évidemment en retard. Il est huit heures huit. L’heure où la vie se met à s’activer. Où les bureaucrates écrasent les pieds des secrétaires, où les agents d’entretien nettoient depuis longtemps déjà. Il est huit heures quinze, dans le hall de ce bâtiment sans vie, une dame dit : « Voilà, mon travail c’est de venir ici, pour chercher du travail ».

Elle enchaîne, dans un joli français, correctement articulé : « Je ne suis pas venue ces trois derniers jours à cause de l’ouragan, et aujourd’hui c’est fermé ». Un peu dépitée. Elle est « professeure ». Elle a « perdu son emploi d’enseignante à l’université », le mois dernier. Elle s’obstine : « Et maintenant, mon travail, c’est de chercher du travail ». Comme elle, cette jeune infirmière à domicile. Comme lui, cet électricien. Comme lui, ce cuisiner. Comme tous les autres, qui vont et viennent.

Le One Stop Career de Harlem (agence Pôle Emploi) a pour mission de trouver du travail à ceux qui n’en n’ont plus. « Moi, j’ai perdu le mien en septembre 2011, j’ai une petite allocation mais ça me dérange de dépendre de ça », dit la demoiselle, infirmière depuis toujours. La professeure commente : « La situation de l’emploi aux Etats-Unis est désastreuse, depuis 2007. Depuis que Bush est parti exactement ». Depuis, la crise fait suer le peuple.

NYC2.jpgErnst a quitté Haïti, sa famille, sa patrie. Il a goûté la Floride, neuf ans. Et Harlem, maintenant, depuis trois ans. « Si tu veux payer tes factures, trouve un travail dans la sécurité. Je l’ai fait, j’étais payé 8 dollars par heure, mais je veux exercer mon métier : électricien ». Dans le hall, la professeure lâche la règle : « Maintenant, il faut être flexible, c’est le mot-d’ordre ici. Je suis prof, mais j’accepterai un emploi de caissière s’il le faut ». Pour Craig, un cuisinier en manque de cuisine, il est « normal d’accepter un emploi de plongeur pour payer les factures ». Flexible.

Chercher du travail est un travail minutieux. Le temps n’a pas le droit de paraître long. Il faut s’accrocher, ne jamais s’abattre. Elle dit : « Il faut être motivée, il faut venir ici tous les jours, il faut aller sur www.indeed.com pour les annonces ». Elle dit surtout : « Et quand on trouve, il ne faut jamais lâcher son poste, à moins d’en avoir un autre. C’est vraiment un privilège de travailler ».

NYC3-copie-1.jpgCraig n’a pas perdu son sourire. Toujours suspendu à ses lèvres. Il ne compte jamais l’effacer, comme un trésor qu’on garde pour toujours. Il y croit. « Un changement est possible, il faut aller voter, j’irai voter », dit-il, déterminé. Avant d’ajouter : « Se mettre à l’écart empêche d’avancer, pour soi et pour la société ». Cathy contrecarre, le regard plus sombre, les yeux mouillés : « Moi, j’irai pas voter. Démocrate ou républicain, je ne leur fais pas confiance. Je ne vois pas de changement dans les décisions qu’ils prennent ». Cathy va pour s’en aller. Et puis, elle dit : « Mon rêve est d’aller vivre en Inde, en Russie ou à Paris. Il y a tellement de pays plus beaux que celui-ci ». Et puis, elle s’en va.


Par Mehdi Meklat et Badroudine Abdallah

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 21:19

 

espagne1.jpg

Chômage record en Espagne : un actif sur quatre est sans emploi

Le Parisien / AFP  26 octobre 2012

 

C'est un chiffre qui donne le tournis. Plus d'un quart de la population active en Espagne est désormais au chômage. 
A la fin du mois de septembre, le pays comptait 5.778.100 chômeurs, soit 25,02% des actifs, selon l'Institut national de la statistique espagnol (INE). Ce record historique assombrit non seulement les perspectives d'une sortie de crise, mais alimente aussi un malaise social grandissant.

Le chômage reste dramatique chez les jeunes, malgré un léger recul, à 52,34% pour les 16-24 ans contre 53,27% à la fin juin. Autre chiffre symbolique : dans un foyer espagnol sur dix, tous les membres actifs sont au chômage.  

Plus de 35 % de chômeurs en Andalousie, région la plus touchée

Le pays vat ses propres records, et c'est là peut-être la pire manifestation de la crise», souligne Soledad Pellon, analyste chez IG Markets, ajoutant qu'aucune amélioration n'est attendue pour l'année prochaine.

Parmi les dix-sept régions autonomes d'Espagne, l'Andalousie, qui est aussi la plus peuplée avec huit millions d'habitants, reste la plus frappée. Avec 35,42% de chômeurs, la région souffre d'un secteur de la construction sinistré depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. Les moins touchées sont trois régions du nord du pays, la Navarre (14,95%), le Pays basque (15,48%) et la Cantabrie (15,71%).

Grève générale le 14 novembre

Le retour à la croissance et à l'emploi est en effet compromis par le lancement d'un vaste programme de rigueur destiné à réduire le lourd déficit public de l'Espagne. L'objectif est de récupérer 150 milliards d'euros entre 2012 et 2014, dont 39 milliards en 2013.

Les mesures annoncées incluent des hausses d'impôts, dont celle de la TVA, des coupes salariales dans la fonction publique, une baisse des indemnités chômage et des réductions budgétaires dans la santé et l'éducation. Face à cette politique qui étrangle une large partie de la population, le mécontentement social grandit. Une grève générale est d'ailleurs annoncée pour le 14 novembre.

 
Parallèlement, la récession, dans laquelle l'Espagne est retombée à la fin 2011, se poursuit : la Banque d'Espagne prévoit pour le troisième trimestre un recul du PIB de 0,4%, alors que le gouvernement attend un repli de 1,5% sur l'année.

Dans ce contexte, les prévisions gouvernementales en matière d'emploi situant à 24,6% le taux de chômage à la fin de 2012, avant une légère baisse en 2013, à 24,3%, semblent d'ores et déjà dépassées.

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 20:45

 

oficina-de-empleo.jpg

 

À travers un panorama comparatif de 12 pays européens, l’Unédic propose un état des lieux de l’assurance chômage en Europe dans un contexte de crise. Cette revue des régimes européens permet de comprendre la philosophie au cœur des systèmes d’indemnisation et de situer le dispositif français parmi les systèmes des pays voisins.

 

PANORAMA

 

 

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 00:31

 

45% des victimes de licenciements reviendraient à leur ancien emploi


jobless.jpgCareer Development International Online 13 septembre 2012


Cette étude, certes américaine, de l'Université Temple, insiste sur l’importance des conditions du départ d’un emploi, à deux titres, pour l’équilibre psychologique des personnes victimes de licenciement mais également pour l’entreprise et sa réputation, car un jour, en cas de reprise économique elle devra avoir conservé sa capacité d'attractivité pour de nouveaux candidats. Un angle très américain à la fois des effets du désespoir et de l’impact des processus de licenciement sur la volonté des salariés licenciés, de préserver l’image voire de retourner à leur ancien employeur.

·         Avec un taux de chômage en août dernier de 8,1% et 12,5 millions d'Américains sans emploi, l’étude aboutit d’abord à un résultat surprenant : 45% des victimes de licenciements reviendraient travailler pour leur ancien employeur, en dépit de leur amertume ou de leur colère.

·         Seconde conclusion, l’importance du processus de licenciement : « La manière dont les employeurs traitent leurs employés lors de ce processus est importante et le deviendra encore plus quand l'économie repartira », explique Gary J. Blau, auteur principal de l'étude et professeur de gestion des ressources humaines. Avec deux de ses collègues en gestion des ressources humaines démontrent que les employeurs ont un intérêt pratique à suivre un processus de décision ressenti comme juste, surtout à l’heure des médias sociaux qui ouvrent une possibilité aux salariés de « décharger leur frustration » et d'amplifier leurs sentiments négatifs à l’égard de l’entreprise. Ils soulignent des processus « injustes » ont valeur de précédent vis-à-vis des personnels restant dans l’entreprise et peuvent impacter leur confiance et leur motivation, un engagement dont les entreprises ont plus que jamais besoin.

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont examiné les effets du chômage sur une population de 382 professionnels salariés, de cadres intermédiaires et de cadres. Parmi les participants, 64% gagnaient plus de $ 75,000 par an, 79% avaient au moins un diplôme d'études supérieures, 79% représentaient la principale source de revenu du ménage au moment de leur licenciement. Les durées de chômage des participants étaient variables, dont 65% depuis plus de 6 mois et 23% depuis plus de 2 ans. Les auteurs commentent leurs résultats : Les gens en sont au point de perdent leurs maisons et de divorcer. Ils expliquent : « Je suis en colère, mais je pourrais y retourner pour retravailler ». Les commentaires des répondants montrent un état de désespoir. De plus aux Etats-Unis, les chômeurs cessent d’être comptabilisés au bout de 4 semaines dans la population active, s’ils n’ont pas les preuves d’une recherche active d’emploi. «Ils peuvent littéralement disparaître » ajoutent les auteurs.

 

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 21:34

 

arbeitsamt.jpg

Document d'archive LFPLN

  

 

LES POLITIQUES DE L’EMPLOI.

RAPPORT DE SYNTHÈSE

 

Les Cahiers de la DG Trésor – n° 2012-01 – Août 2012 – p. 110

 

L’Allemagne est l’un des rares pays de l’OCDE où le taux de chômage a très peu augmenté durant la crise de 2008-2009 et a continué à refluer depuis. Ainsi en 2011, le taux de chômage était de 5,9 % en Allemagne contre 9,7 % en France (Eurostat). Le recours important à la rétention de main d’oeuvre (chômage partiel) et la réduction sensible de la durée du travail en Allemagne expliquent certainement pour beaucoup la bonne tenue de l’emploi à travers la crise. Pour autant, les politiques de l’emploi, et plus particulièrement les réformes du Service Public de l’Emploi (Hartz), ont contribué également à la décrue importante et continue du chômage allemand depuis 2005.
En proportion du PIB (et en excluant les allègements de charges sur les bas salaires), les dépenses allouées aux politiques de l’emploi étaient légèrement plus élevées en Allemagne qu’en France, en 2009. Si les dépenses actives80 représentent un volume équivalent, une part plus significative de celles-ci est allouée au service public de l’emploi en Allemagne quand la France finance plus largement des emplois aidés.
Du côté des dépenses passives81, le système français apparaît plus généreux. La grande majorité des indemnisés l’est au titre du régime d’assurance-chômage en France quand les demandeurs d’emploi allemands sortent plus rapidement de ce système pour basculer en nombre vers le régime de solidarité nationale.
En Allemagne, la durée d’indemnisation par l’assurance chômage est globalement deux fois moins longue et plafonnée à un niveau plus bas qu’en France. Ce choix s’est opéré au profit de moyens accrus alloués à l’accompagnement et au suivi des demandeurs d’emploi allemands. Cette stratégie de réallocation des moyens de l’indemnisation vers
l’accompagnement semble payante en matière de chômage même si elle n’explique
probablement qu’une partie de l’écart de l’évolution du taux de chômage entre les deux pays.
Par ailleurs, le choix, avec la réforme Hartz IV, d’un système d’assurance chômage moins
généreux reporte une partie de l’effort vers la solidarité nationale. Celle-ci étant moins
généreuse, en France comme en Allemagne, que l’assurance chômage, ceci contribue au développement de la précarité en Allemagne.
Le mode de gouvernance diffère nettement entre les deux pays. En France, l’indemnisation et l’accompagnement relèvent de plusieurs donneurs d’ordre distincts : le régime d’assurancechômage, ie. l’Unedic, est sous la responsabilité des seuls partenaires sociaux, le régime de solidarité dépend de l’État et enfin, l’accompagnement revient à Pôle Emploi, qui est cogéré par l’État et les partenaires sociaux. Ainsi, la négociation de la convention paritaire de l’Unedic se fait indépendamment de celle tripartite de Pôle emploi.
À l’inverse, en Allemagne, l’Agence Fédérale pour l’Emploi (Bundesagentur für Arbeit), qui
gère aussi bien l’indemnisation que l’accompagnement des demandeurs d’emploi, est cogérée par l’État et les partenaires sociaux.

 

 Les Cahiers de la DG Trésor (texte intégral)

 

 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 23:56

 

Autriche-1.jpg

JobExpress, une antenne de l'AMS dans le hall de la gare de Linz

Autriche, voyage au pays du plein-emploi

L'Expansion  30 août 2012

 Par Stéphanie Benz, envoyée spéciale en Autriche

Le pays affiche le plus faible taux de chômage de toute l'Union européenne. Ses recettes: beaucoup de flexibilité, un dialogue social poussé et un service public de l'emploi efficace. Reportage dans une nation modèle.

Gare principale de Linz, capitale de la Haute-Autriche. En attendant leur train, les voyageurs font les cent pas sur le quai ou quelques courses dans une supérette, achètent un journal ou... jettent un coup d'oeil aux annonces affichées par l'agence JobExpress, une antenne de l'Arbeitsmarktservice (AMS, l'équivalent de Pôle emploi) installée dans le grand hall d'accueil. Parmi les offres à pourvoir ce jour-là : des postes de technicien diplômé en mécatronique, de commercial, d'ouvrier spécialisé dans la construction de machines-outils... "Cette agence vise surtout les salariés souhaitant changer d'emploi. Etre présent dans la gare nous donne de la visibilité", explique Gerhard Strasser, un des responsables de l'AMS. Visibilité ! Ici, sur les bords du Danube, l'employeur doit se montrer, se faire beau, presque démarcher le chaland... Et pour cause, cette région - véritable coeur industriel de l'Autriche - ne connaît pas la crise : avec un taux de chômage d'à peine 3 %, la principale préoccupation de Gerhard Strasser, comme des chefs d'entreprise locaux, serait plutôt la difficulté à pourvoir les postes vacants.


 

Autriche-2.jpgChampion d'Europe 

Taux de chômage (en %) harmonisé à la fin de jun 2012.


Derrière le géant Voestalpine, un des leaders mondiaux de la sidérurgie, dont les hauts-fourneaux crachent leur fumée tout près du centre-ville de Linz, fourmillent en effet une multitude de PME très tournées vers l'export. Des sous-traitants ou des filiales de l'industrie automobile allemande, mais aussi des sociétés familiales, championnes dans leur secteur - des constructeurs de machines-outils pour la plasturgie ou les chemins de fer, un fabricant d'équipements pour les pompiers, etc. "Dans la région, toutes ces entreprises auraient besoin d'au moins 8 000 travailleurs qualifiés de plus", calcule Hermann Pühringer, un des dirigeants de la chambre de commerce. C'est pourquoi il compte organiser dès cet automne des bourses pour l'emploi à Madrid et à Barcelone, dans l'espoir de dénicher là-bas les salariés qui font défaut ici !


Seulement 4,5 % des actifs sont au chômage


Willkommen en Autriche, véritable îlot de prospérité dans une Europe en crise ! Après la récession de 2009 (- 3,8 % de la richesse produite), l'économie est repartie très vite (+ 2,3 % en 2010, + 2,7 % en 2011) et, cette année, la croissance devrait se tenir (+ 1 %, contre + 0,3 % en France, selon l'Insee). Sur l'ensemble du territoire, 4,5 % de la population active seulement se trouvent privés de travail, d'après les derniers chiffres d'Eurostat : le meilleur résultat de toute l'Union européenne. A tel point que, début juillet, quand la France organisait sa grande conférence sociale contre le chômage, le ministre autrichien du Travail, Rudolf Hundstorfer, défrayait la chronique locale en soulignant la pénurie de travailleurs qui menace le pays. "La population active va baisser de 170 000 personnes d'ici à 2020. C'est notre principal problème", explique-t-il à L'Expansion. Heureux ministre chargé du plein-emploi, cerné dans son vaste bureau par des piles de dossiers de réformes pour améliorer encore et toujours le taux d'activité des seniors, des femmes, des jeunes, comme pour suggérer à ses visiteurs sa part de responsabilité dans ce succès économique.

 

Autriche-3.jpg

Johannes Kopf, patron de l'AMS, le Pôle emploi autrichien, suit en temps réel le nombre de chômeurs.


Evidemment, tout ne vient pas de Herr Minister Hundstorfer. "Nous sommes un petit pays chanceux, où le chômage a toujours été faible", reconnaît Helmut Hofer, spécialiste de l'emploi à l'IHS, un institut de recherche économique viennois. De fait, la croissance a été dopée ces dernières décennies par l'adhésion du pays à l'UE et par l'ouverture des frontières à l'Est, puis, plus récemment, par le boom allemand. Mais si l'Autriche a aussi bien tiré parti de cette conjoncture favorable, c'est grâce aux spécificités de son "modèle", subtil mélange de flexibilité et de sécurité.


Un système libéral qui encourage la mobilité


"Contrairement aux Allemands, nous n'avons pas eu à lancer de vaste réforme de la réglementation du marché du travail, car elle a toujours été très souple", souligne Stefan Bruckbauer, chef économiste de Bank Austria. Aucun motif n'est nécessaire pour licencier, les entreprises doivent juste respecter un préavis variant, selon l'ancienneté, de six semaines à cinq mois. Depuis 2002, les indemnités de licenciement, déjà faibles, ont été encore allégées : chaque mois, l'employeur verse sur un compte une cotisation équivalente à 1,53 % de la rémunération brute, somme récupérée par le salarié à son départ, volontaire ou non, de l'entreprise. Bref, un système assez libéral qui encourage la mobilité : près de 50 % des Autrichiens changent de job au moins une fois par an.

Cette valse des effectifs, justement, Johannes Kopf, le jeune patron (38 ans !) de l'AMS, peut la suivre sur l'écran plat fixé au mur de son bureau : s'y affichent en temps réel le nombre de chômeurs, celui des personnes ayant retrouvé un poste lors des dernières vingt-quatre heures, et les offres vacantes. Un véritable carnet d'ordres sur la bourse... du travail. "Certains voient dans cet important turnover le signe d'une forte précarité. Il nous permet en fait d'éviter que les demandeurs d'emploi ne s'enkystent dans le chômage de longue durée", insiste-t-il. Et les résultats sont là : la durée moyenne sans emploi est de trois mois et la part de personnes à la recherche d'un job depuis plus d'un an ne dépasse pas 25 % de l'ensemble des chômeurs (contre plus de 40 % en France ou en Allemagne).

 

"Il faut dire que la pression est forte sur les demandeurs d'emploi", témoigne Gabriele, la cinquantaine, passée déjà deux fois par la case chômage. Les allocations, 55 % du salaire net, sont versées pendant six mois en moyenne. Ensuite, une aide sociale peut prendre le relais, mais elle dépend des revenus du ménage. "Et il faut prouver chaque semaine que l'on a démarché plusieurs entreprises, sinon l'indemnité est suspendue", poursuit Gabriele, attablée à l'un des innombrables cafés viennois. En contrepartie, l'AMS dispose d'un budget important et d'une multitude d'outils pour faciliter la reprise d'emploi. Entre autres, des subventions (en moyenne un tiers du salaire durant trois mois) pour les entreprises recrutant les personnes les plus exposées au chômage de longue durée. Et aussi beaucoup de formations. Désormais à son compte comme ostéopathe, Gabriele a, par exemple, bénéficié d'une année de cours pratiques, plus un appui à la création d'entreprise.

Mais cette version autrichienne de la flexisécurité ne serait rien sans le poids accordé aux partenaires sociaux. En vrai gouvernement parallèle, Christoph Leitl, le président de la chambre de commerce, et Erich Foglar, le président de la Confédération syndicale autrichienne (ÖGB), sont consultés par les politiques sur tous les sujets. Des années de discussions bien rodées leur ont permis d'établir une confiance réciproque. "Nous recherchons toujours une solution acceptable par tous, dans le respect de l'intérêt général", assure Erich Foglar, confortablement installé dans son bureau du Catamaran, le vaste siège flambant neuf de l'ÖGB, digne d'un ministère. Seule organisation à parler au nom des salariés, disposant de relais au Parlement et au gouvernement - le ministre Rudolf Hundstorfer a été l'un de ses présidents -, l'ÖGB sait faire prévaloir ses vues, mais sans surenchère. Les négociations salariales annuelles, dont les résultats s'imposent aux entreprises, illustrent bien ce sens du compromis. "Le syndicat comme les employeurs se montrent responsables. Nous parvenons toujours à combiner la préservation de la compétitivité avec l'amélioration du pouvoir d'achat, et ça, c'est bon pour l'emploi", applaudit Christoph Leitl, côté employeurs.


Entre syndicats et patronat, un partenariat équilibré


Ce partenariat équilibré a permis à l'Autriche de passer la crise de 2009 sans trop de casse. Aux premiers nuages en vue, syndicats et patronat se sont en effet accordés pour doubler le budget de l'AMS, dont ils sont cogestionnaires, et pour développer le chômage partiel, qui a largement permis d'éviter les licenciements. Et la formule se décline au niveau des sociétés, où les comités d'entreprise disposent de pouvoirs étendus.

Wilhelm Hörmanseder et Gerhard Novotny, respectivement patron du groupe d'emballages Mayr-Melnhof et représentant des salariés, en savent quelque chose. Pendant la crise, ils ont troqué de la flexibilité contre le maintien de l'emploi. Plus récemment, quand il s'est agi d'absorber des commandes supplémentaires, c'est Novotny lui-même qui est allé négocier le droit de travailler le dimanche auprès des autorités locales ! "Si j'avais dû le faire moi-même, je n'aurais certainement pas eu gain de cause. En contrepartie, j'ai acheté une machine pour notre usine viennoise, pour y sécuriser l'emploi", raconte son patron.


Formation des jeunes: des 15-24 ans suivis de très près

  Autriche, voyage au pays du plein-emploi

Coaching. L'État finance un système d'accompagnement destiné aux jeunes en situation d'échec scolaire.


Pantalon baggy, Doc Martens aux pieds, diplôme de psychologie en poche, Romana Adlmannseder est jugendcoach, coach pour la jeunesse. Dans son bureau décoré de graffitis, dans un quartier populaire de Vienne, cette trentenaire reçoit chaque semaine une dizaine d'adolescents paumés : "J'essaie de les motiver pour qu'ils retournent à l'école. Cela va du coup de pouce pour apprendre à apprendre à une réorientation vers un apprentissage." Comme elle, ils sont une centaine à travailler en partenariat avec les écoles de la capitale. Les profs orientent les jeunes en difficulté vers ce service financé par l'Etat. Unique en son genre en Europe, il sera étendu à tout le pays en 2013 : "Nous anticipons des pénuries de main-d'oeuvre, alors nous ne voulons laisser aucun de nos enfants de côté", insiste le ministre du Travail, Rudolf Hundstorfer. Pour réduire la part de jeunes non diplômés (8 %), il compte même rendre la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans d'ici à 2015 !

Avec 8,9 % des 15-24 ans au chômage, le pays enregistre pourtant déjà la deuxième meilleure performance en Europe, derrière l'Allemagne. Une réussite largement due à l'apprentissage, par lequel passent 40 % d'une classe d'âge. "Le salaire des apprentis est inférieur aux minima de branche. Cela permet aux employeurs de leur offrir une première expérience, même s'ils sont peu productifs. Sinon, les jeunes auraient du mal à entrer sur le marché du travail, comme ailleurs en Europe", analyse Stefan Bruckbauer (Bank Austria). La filière est si demandée que chaque année, il manque jusqu'à 11 000 places dans les entreprises. L'Etat a donc instauré une "garantie de formation" pour les jeunes. L'AMS, l'équivalent de Pôle emploi, finance des ateliers au fonctionnement similaire à celui d'une PME, où se rendent tous ceux qui n'ont pas trouvé un apprentissage dans le privé. Et cela marche : 60 % des jeunes passés par là décrochent ensuite un job.

Mayr-Melnhof, comme la majorité des entreprises autrichiennes, appartient encore en partie à la famille des fondateurs. "Ce capitalisme familial joue aussi, car le management y est plus durable que dans des entreprises cotées, à la recherche du profit à court terme", insiste Christoph Schneider, chef économiste de la chambre de commerce. Durable, mais pas naïf.


Des écarts de revenus moins criants qu'ailleurs


A Linz, Klaus Schmied est fier de faire visiter l'usine de Silhouette, entreprise de fabrication de lunettes créée par ses parents en 1964 (1 500 salariés dans le monde, 160 millions d'euros de chiffre d'affaires). "Tant que c'est possible, nous gardons notre production ici. Nous avons une responsabilité envers nos employés. Je n'aimerais pas être montré dans les rues de Linz pour les avoir laissés tomber", dit-il. Avant d'avouer posséder une usine similaire en République tchèque, "seule solution pour maintenir notre compétitivité, tout en préservant notre activité en Autriche". Le tout, bien évidemment, avec l'aval du comité d'entreprise...

Des syndicats pragmatiques, un capitalisme raisonné. Voilà qui explique un dernier pan du "modèle autrichien" : une société somme toute assez égalitaire, avec des écarts de revenus moins criants qu'ailleurs. "En temps normal, cela signifie qu'une large part de la population a les moyens d'épargner. Durant la crise, ces personnes ont réduit leur épargne pour consommer et soutenir l'activité", analyse Stefan Bruckbauer. Au pays de Sissi, même le consommateur contribue à cette belle histoire économique. Mais reste une question pour l'instant sans réponse : l'exception autrichienne survivra-t-elle à plusieurs années de croissance molle ou à une forte récession européenne ?


L'Expansion n° 777 - septembre 2012

 

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