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La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

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Reportage au Pôle Nord sur le site d'Hazebrouck

Reportage au Pôle Nord sur le site d'Hazebrouck

«La dame en gris, c'est l'Assedic, l'ANPE, c'est moi»
Article du 11/01/09 sur LIBERATION Edition de Lille
( libelille.fr)




SOCIÉTÉ - «Si je change l’adresse sur mon logiciel, ça va sur le tien ?», dit la dame en col roulé gris, derrière son pupitre. Debout derrière le pupitre voisin, Hélène, cheveux courts, montures de lunettes orange, ex-ANPE, tourne la tête vers sa collègue, une ex-Assédic. Grand sourire : «J’espère !». La création du Pôle emploi est effective depuis le début de l’année. Visite à Hazebrouck.


Ici, dans les Flandres, entre Lille et Dunkerque, le chômage tourne autour de 6 %, on travaille chez Bonduelle, Blédina, Danone, Roquette, dans les champs. Ici, comme ailleurs en France, l’agence pour l’emploi s’appelle «Pôle emploi» (lire ci-dessous). La fusion entre l’ANPE et l’Assédic a démarré en août, car c’est un des sites expérimentaux de France. Est-ce que ça marche ? «Euh… Honnêtement, ça n’a rien changé, c’est pas pour ça qu’il y a plus d’annonces», sourit Virginie. Voix éraillée, blonde et fine, elle cherche un travail d’hôtesse de caisse en station-service. Ah, si, elle est contente de ne pas avoir à traverser la rue pour aller à l’Assédic «comme avant, de l’autre côté du rond-point. C’est plus pratique dans le même bâtiment». Pascal et Gérard, qui créent leur boîte de constructions modulaires, viennent solliciter des aides. Ils trouvent qu’ici, «ils font leur taf, impeccable», et que c’est «plus pratique de pas être renvoyé d’un bâtiment à l’autre». Séverine, elle, n’est pas contente. «Je devais envoyer une attestation de l’employeur avec un dossier, et ils me disent d’envoyer le papier seul. Je leur ai dit "Vous êtes sûrs ?" Ils m’ont dit d’appeler le 3949». Elle montre le téléphone accroché au mur. «Je viens à l’Assédic pour téléphoner à l’Assédic. C’est incroyable.»


Paiement. Dans le grand hall clair, des gens surfent sur le Net, attendent d’être reçus, photocopient, téléphonent sur des bornes. Certains sont reçus dans des bureaux vitrés. Beaucoup d’intérimaires, beaucoup de jeunes, quelques nouveaux inscrits un peu perdus. Pas de tension apparente. On fait la queue en face d’Hélène et sa collègue en gris. Les deux femmes sont censées répondre aux questions de tous, à la fois sur les problèmes de paiement - spécialité Assédic - ou leurs recherches d’emploi -spécialité ANPE. Quand la file d’attente de l’une est terminée, l’autre se déplace pour aller chercher les «clients» de l’autre.

Hélène, pimpante, rapide, s’approche d’un groupe de trois copains. Rudy, vendeur, veut s’inscrire, c’est la première fois. Hélène : «Soit par Internet, soit par téléphone. Vous avez Internet à la maison ? Ils vous enverront un rendez-vous, avec un dossier. Le 3949 est peut-être un peu saturé». Après, elle emmène un électricien consulter les annonces sur Internet. Elle sourit : «Il n’y a plus de sigle, mais les gens ont vite compris que la dame en gris c’est l’Assédic, et l’ANPE, c’est moi. Même si on est censé répondre sur les deux.» Et si on lui pose une colle sur les indemnités ? «Je me faufile, je vais voir quelqu’un qui est dispo. On essaie d’être débrouillard.» Les agents des deux boutiques apprennent au contact les uns des autres, «par capillarité», reconnaît Guillaume Sagot, ex-directeur de l’Assédic d’Hazebrouck, qui dirige la nouvelle agence avec Laurence Duprez, son homologue ex-ANPE. Ils seront formés, entre trois et sept jours chacun, au métier de l’autre, puis suivis par un tuteur. C’est court. Le directeur reconnaît qu’il y a des agents «inquiets». Hélène sourit encore : «La moindre des choses aurait été de nous former».


Compenser. A l’inquiétude s’ajoute la crise. «Ça, ce n’était pas prévu», reconnaît Laurence Duprez. Il va falloir former les gens de janvier à avril, embaucher des CDD pour compenser les départs des agents, et faire face au flux de nouveaux chômeurs. «C’est trop rapide, dit Hélène, mais ceux qui ont décidé ça n’avaient pas de boule de cristal. En attendant, ceux qui en pâtissent, ce sont les clients.» Dans son bureau vitré, Roxane, ex-Assédic : «C’est dur de s’approprier le travail de chacun. Sur les paiements, mes collègues commencent à savoir répondre aux questions du style : "Pourquoi je suis pas payé ?" "Quand je serai payé ?" "Est-ce que je peux avoir une aide ?"»«suffira». Hélène, sa collègue ANPE : «La machine est lancée, on n’a pas le choix. Moi j’ai choisi ce métier. [Le chômage], j’y suis passée. Tout ce que je veux, c’est que les clients n’en pâtissent pas.»


Haydée Sabéran
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N
@martine<br /> un conseil: ne vous découragez pas, vous et votre fils, multipliez les visites (ou les coups de fils, mais uniquement d'un poste fixe avec abonnement France-Telecom) et gardez à l'esprit que le premier interlocuteur n'est qu'un fusible placé là pour absorber la colère des gens.<br /> Je suis élu du personnel à l'ex-ANPE, on fait le maximum pour défendre les agents ET les demandeurs (c'est lié) et si l'agent d'accueil n'a pas de réponse, exigez fermement et calmement de rencontrer le responsable d'antenne ou d'agence.<br /> Bon courage dans la suite de vos démarches,<br /> Nino
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M
Je voudrais simplement rajouter un exemple : mon fils est en attente du versement de ses allocations ASSEDIC depuis le mois de septembre... et à chaque appel ou visite, on lui demande d'être patient !! Il est vraiment désespéré, sans aucun revenu depuis 6 mois... J'espère qu'il aura encore le courage de "patienter" !!!
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N
"On essaie d'être débrouillard", "on n'a pas le choix", "que mes client n'en pâtissent pas".<br /> Bricolage, résignation, vocabulaire.<br /> Tout est dit<br /> :((
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