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La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

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Pôle emploi: le grand bazar.


 
De nombreux "internuls" nous ont signalé ne pas avoir accès à l'enquête publiée le 10 mars dans  LA TRIBUNE, intitulée "Le grand bazar".
"La fusion pour les nuls", site gratuit l'utilité publique,  vient au secours de la presse économique (économique mais chère) !


"Pôle emploi: Le grand bazar"Le Grand Bazar"
 
Beaucoup en ont rêvé, Nicolas Sarkozy l'a fait. Fusionner l'ANPE et les Assedic n'est pas une idée nouvelle. Déjà, en 1986, Philippe Séguin, ministre des Affaires sociales, y avait pensé. Ses successeurs aussi. Mais tous ont battu en retraite, compte tenu de la difficulté de la tâche. Le chef de l'État, lui, a décidé de mener cette fusion tambour battant pour créer un grand service public de l'emploi, version française du Jobcentre Plus britannique. Et si Pôle emploi, après huit mois de gestation, a vu le jour le 5 janvier dernier, beaucoup de choses restent à faire. Notamment en termes d'organisation et de management. Ces deux priorités suscitent de vifs remous en interne. « Sarko, c'est Rambo, il a fait de la fusion un but, un dogme. Mais aujourd'hui, on va dans le mur », estime un cadre de Pôle emploi. Car la pression monte sur la nouvelle entité, à cause des cohortes de nouveaux chômeurs à inscrire chaque mois, qui se traduit par une nouvelle charge de travail. Au siège et en régions, beaucoup dénoncent le manque de préparation de la fusion du nouvel organisme dirigé par Christian Charpy, qui compte 45.000 collaborateurs, dont près de deux tiers d'agents de l'ANPE et un tiers d'employés des Assedic. Mais, prévient un élu CFE-CGC de Pôle emploi, « la crise n'explique pas tous les dysfonctionnements en interne ».Première « aberration » pointée par ce syndicaliste?: « C'est la seule fusion au monde où il n'y a pas de directeur des ressources humaines. » Jean-Christophe Sciberras, ancien DRH des centres d'ingénierie de Renault, qui occupait ce poste depuis le ler octobre, a en effet été « démissionné » fin janvier. La greffe n'aurait pas pris en interne, notamment avec les syndicats, même si cinq accords ont été signés, dont un sur les salaires paraphé par les sept organisations. « C'est le premier fusible qui saute », analyse un cadre, une « erreur de casting », rétorque un autre. En attendant que le cabinet de chasseurs de têtes, à nouveau sollicité, déniche le mouton à cinq pattes pour ce poste très exposé, c'est l'adjoint de Jean-Christophe Sciberras, Moïse Rashid, un ex-ANPE, qui assure l'intérim.En interne, la grogne est palpable. Elle porte notamment sur l'organigramme de la nouvelle direction générale. Sa quatrième version, communiquée aux élus jeudi dernier, suscite toujours incompréhension et agacement. « Il y a des contradictions dans cet organigramme », explique une responsable CFDT de Pôle emploi.

Pourtant, la nouvelle structure n'a pas lésiné sur les moyens pour se faire aider. Elle a lancé un appel d'offres auprès de cabinets de conseil pour qu'ils l'accompagnent pendant deux ans. À la clé 16 millions d'euros. Et le résultat laisse perplexe?: 43 directions, deux sous-directions, 76 départements, 54 pôles? Certains n'hésitent pas à parler de « soviétisation du système de Pôle emploi » et critiquent son approche « technocratique et bureaucratique. »kyrielle de directeurs et de doublons« On a la sensation qu'il n'y a pas de stratégie. On superpose et on empile », se désole une responsable syndicale.

 D'où la kyrielle de directeurs et de doublons, comme cette direction des statistiques et de la prévision qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle des études et évaluations, ou encore cette inspection générale qui vient doublonner la direction de l'audit interne. « Dans le cas d'une fusion, il y a une période pendant laquelle on peut avoir des effectifs de management qui paraissent trop nombreux. Mais, dans le temps, cela se résorbera », tempère Dominique-Jean Chertier, le président du conseil d'administration de Pôle emploi.Le 18 mars, lors du prochain comité central d'entreprise, sera présentée la troisième et dernière vague de nominations qui concerne les directeurs d'agence. Elles sont très attendues par les salariés, puisque c'est le management de proximité qui mettra de l'huile dans les rouages de la fusion. Mais les syndicats redoutent que la Direction ne passe en force, et pourraient appeler à la grève le 19 mars. « Sur le terrain, il y a une inadéquation entre le schéma défini avant la crise et une situation économique et sociale qui n'a rien à voir », explique Noël Daucé, secrétaire général du SNU [Ndlr, syndicat national unitaire, majoritaire dans l'ex-ANPE], qui réclame une « inflexion dans le calendrier » de mise en ?uvre de la fusion, sinon il y aura « le chaos et la panique ».

Aux manettes de ce paquebot en pleine tourmente, l'ancien directeur de l'ANPE, Christian Charpy. Son arrivée à la tête du nouveau service public avait fait grincer des dents aux Assedic, qui redoutaient la mainmise de l'ANPE. Aujourd'hui, pour les mêmes, l'homme est responsable de bien des maux. On lui reproche son incapacité à déléguer. « Il concentre presque tous les pouvoirs. Il gère tous les services du siège et toutes les directions régionales », observe un cadre. Bref, il est au four et au moulin. Il préside par exemple pratiquement tous les comités d'entreprise et comités centraux d'entreprise. Son téléphone portable est toujours ouvert pour répondre aux doléances des syndicalistes de l'institution. Il doit aussi composer avec ses ministres de tutelle, Laurent Wauquiez en tête, et l'Élysée, qui lui mettent la pression. Bref, il a une épée de Damoclès au-dessus de la tête.Au quotidien, il s'est entouré d'une garde rapprochée, issue des rangs de l'ANPE et très fidèle. Il peut compter sur Carine Chevrier, sa directrice de cabinet, qui n'est autre que l'épouse du directeur de cabinet de Laurent Wauquiez, Thomas Fatome. Ainsi que sur ses adjoints?: Bruno Lucas, en charge du réseau, Carine Rouillard, chargée du pilotage et de la performance du réseau, et Lysiane Soubeyrand, la directrice de la communication. Sans oublier. Moïse Rashid pour les RH. Ses deux autres adjoints, Éric Brassard et Thierry Lemerle, issus des Assedic ont eux en charge les fonctions support pour le premier et la qualité et la maîtrise des risques pour le second. Des directions moins stratégiques. « On s'est fait avaler par l'ANPE, qui dirige aussi les plus grosses régions?: Île-de-France, Paca, Rhône-Alpes, etc. », regrette un cadre.Autre donnée de taille de cette fusion?: le choc des cultures privée et publique. « Ceux qui sont censés négocier sur la nouvelle convention collective des personnels de Pôle emploi ne savent pas ce qu'est la négociation. Il y a beaucoup de palabres mais peu de choses concrètes », indique un cadre des ex-Assedic. Sur le terrain, « l'osmose ne se fait pas spontanément, reconnaît Noël Daucé. Les gens se regardent en chiens de faïence et attendent de voir si c'est un ANPE ou un Assedic qui est nommé. » Les choses ne risquent pas d'être plus simples quand tous les salariés seront réunis dans un même siège, le Cinetic, un immeuble réalisé par l'architecte Valode & Pistre, situé porte des Lilas à Paris. Mais ce n'est pas pour tout de suite. Le déménagement initialement prévu au mois de mars est repoussé au mois de juin? voire à septembre. Conçu pour 750 personnes, il aura du mal à accueillir les 968 salariés du siège.un personnel de plus en plus sollicitéAujourd'hui dans les agences, les salariés ont des conditions de travail extrêmement difficiles et parent au plus pressé.

 Et ce qui est ressenti par beaucoup comme un « passage en force » se traduit par une démobilisation de plus en plus forte des toutes les catégories de personnel. « Les directeurs issus de l'assurance chômage s'en foutent, car ils ne sont pas écoutés. Les directeurs de l'ANPE font profil bas », indique un cadre de Pôle emploi. « C'est dommage, enchaîne un de ses collègues, car cette réforme devait offrir un meilleur service aux chômeurs. On a fusionné pour avoir un service unique, or, on ne s'occupe au final que des chômeurs indemnisés. On aurait pu laisser ça à l'Unedic, qui le faisait très bien », se lamente une cadre de l'assurance chômage. En cause, une récente note reçue par les directeurs régionaux dans laquelle Christian Charpy précise que l'inscription des demandeurs d'emploi non indemnisables « sera réalisée à distance et l'entretien physique supprimé ». Tout cela « est contradictoire avec les décisions prises lors du sommet social d'octroyer une prime de 500 euros pour les jeunes chômeurs ayant travaillé au moins deux mois. Ils ne seront pas vu et risquent de se voir répondre au téléphone qu'ils n'ont pas de droits. Ils risquent alors de stopper toute démarche et ne percevront pas cette prime », s'indigne une syndicaliste CFDT. Avec l'arrivée prochaine de nouveaux publics, comme les bénéficiaires du RSA, les personnels de Pôle emploi vont davantage encore être sollicités. Et les « chômeurs qui sont dans une mauvaise passe pourraient péter les plombs », prévient cette syndicaliste, qui raconte qu'un ordinateur a « volé" dans l'antenne de Valenciennes ».

  Isabelle Moreau
 
Tous droits réservés : La Tribune   

 
 
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A
je vous invite à consulter le site de la CGC est francilien sur lequel sont répertoriées les différentes actions menées par les salariés Nous avons tout interet à nous organiser et prendre exemple sur ces actions qui naissent ici et là et les généraliser pour sauver notre emploi et conditions de travail
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C
D'accord avec toi, get stand up for rights, ce n'est pas parceque Paco Thyson et Noelle Obalcon sont en repos que nous devons nous laisser aller.<br /> La grève le 19 c'est une chose, mais je ne suis pas sûre, que ce soit le meilleur moyen de faire bouger les lignes. Ce qui importe le plus à tous nos dirigeants ce sont les indicateurs, ne l'oubliez pas, la seule grève qui aurait de l'impact chez nous, c'est quoi ? la saisie, pas l'action, nous aurions beau faire notre travail, recevoir les demandeurs d'emplois, les employeurs, si tout est fait par écrit mais rien n'était saisi, qui tremblerait ?
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G
alors collègues de pole emploi que faites vous Depuis que Paco thyzon n animent plus le site et que la pression est tombée après tous ces graves évènements , vous me semblez ne plus avoir la meme hargne Hélàs rien n a changé dans le rythme effréné du train de la fusion. Toujours et toujours des conférences de presse du DG mais rien de bon à l horizon pour tous Alors à ceux qui doutent encore des objectifs non avoués de cette fusion contraire à toute logique, sachez que vous etes concernés et dans quelques temps vous en subirez les dommages collatéraux Alors comme tous cessez le travail le 19 MARS pour dire NON
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C
Commentaire N°30 - Tu sembles donc le plus apte à nous comprendre (sic !). En fait, le problème de la DSI n'est pas aussi simple que tu voudrais le décrire ici. Il me semble que c'est l'ANPE qui n'a pas souhaité poursuivre GEODE et que là non plus fusion n'était pas souhaitée. Les agents ex UNEDIC maîtrisaient un certain nombre d'outils et ont eu à faire face à une certaine arrogance de quelques personnels issus de l'ANPE (du genre concours, diplômes, pris hautaine, etc..). Donne plus de détails et viens avec nous le 19 avec ta banderole pour dénoncer tout ce qui ne va pas. Le mariage n'est pas consommé des années après, ça promet...
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C
Salut Dick,<br /> Il faut que tu comprennes que je suis entièrement d'accord avec toi mais l'un n'empêche pas l'autre. Manifester le 19 et faire d'autres actions. Dans notre Région, il y a longtemps que nous le pratiquons mais il y a des choses qui ne peuvent pas être écrites et tout le monde n'est pas syndiqué loin s'en faut. Il faudrait que les sympathisants se rendent aux réunions sans suspicion et sans faire de rapport à la direction. Comment tu fais ? En qui avoir confiance ?<br /> Ma direction a été étonnée des résultats lorsque nous n'avons pas suivi ses recommandations et que nous avons travaillé en toute intelligence, résultats : félicitations des D.E., presque 100% d'accueil traitement et un peu moins bons à l'ATT faute de moyens. Les chiffres sont bcp moins bons depuis la fusion rejettée par près de 100% des agents ASSEDIC et ANPE.<br /> Parfois, las de discussions, nous disons "oui" devant et derrière nous appliquons les recommandations syndicales puisque nous savons très bien que les membres de la direction sont aussi des salariés par contre tant ça marche, nous n'avons pas de problème. A chaque fois que la direction n'a pas suivi le C.E. ça a été la catastrophe.
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