La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Le pôle emploi de Dijon au bord de la rupture
Onze sur vingt. C’est la note qu’a attribuée Laurent Wauquiez au pôle emploi cette semaine. Mais si on demandait l’avis des salariés de Dijon, la note pourrait sans doute être plus sévère encore que celle du secrétaire d’Etat à l’Emploi. « On est dans une situation d’urgence en permanence. Nous avons dix minutes pour instruire un dossier, et tout le monde essaie de nous joindre », tempête Vincent Kerlouegan, conseiller « ex-ANPE » et responsable syndical SNU. « L’absentéisme, les arrêts maladie, la tension et l’agressivité au travail, avec des CDD non formés à l’accueil, sont en augmentation », depuis la fusion de l’ANPE et des Assedic, dénonce-t-il.
Pour tenter d’apaiser les tensions, la direction du pôle dijonnais a mis en place une cellule d’écoute et a distribué à chacun de ses salariés une carte avec une ligne directe d’appel « en cas de problème psychologique ». Des mesures quelque peu insuffisantes, alors que même au niveau national, le service fait l’objet de nombreuses critiques, concernant notamment le manque de personnel.
« On devrait tendre vers 60 demandeurs d’emplois par conseiller. Or on en a 210 en moyenne en Bourgogne, avec des pointes à 447 à Auxerre », critique Catherine Kermorgant, conseillère elle aussi. Fabienne Amico, ancienne de l’ANPE, dénonce « une qualité de service qui laisse à désirer, et des conditions de travail dégradées ». Alors qu’une rencontre devrait avoir lieu chaque mois entre le conseiller et le demandeur d’emploi, les démarches se font désormais de plus en plus par mail, ou par téléphone.
Mais le 39.49, numéro du pôle emploi, sature lui aussi, entraînant des temps d’attente parfois très longs. S’ajoute à cela le fait que les agents venus de l’ANPE et des Assedic n’ont eu que des formations de quelques jours pour « apprendre le métier de l’autre ». Une petite lueur d’espoir persiste néanmoins. Laurent Wauquiez a annoncé cette semaine que les 1.840 agents supplémentaires promis fin mars par Nicolas Sarkozy seront « opérationnels » dès le mois de juin.