La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Un mouvement de grève régional lancé par l’intersyndicale a perturbé, hier, le fonctionnement du Pôle Emploi Lorraine, à Laxou. Au premier rang des revendications des salariés ex-ANPE et ex-Assédic, qui contestent la fusion à marche forcée à laquelle ils sont contraints depuis le début de l’année : des créations de postes à hauteur de l’augmentation de la charge de travail.
Ce mouvement régional est motivé par la dégradation de la situation de l’emploi plus aiguë en Lorraine qu’ailleurs, selon la CGT. Jean Marie Périnel, secrétaire de la CGT, explique que «depuis les derniers mois, la situation s’est aggravée pour les employés du Pôle Emploi. 30 % de charge de travail en plus pour 3 % d’effectifs supplémentaires. Ce n’est pas tenable, on ne fait plus correctement ce qui est notre travail, à savoir accorder du temps pour un entretien individuel mensuel, aller dans les entreprises pour travailler sur les placements ».
Les représentants estiment que certains agents ont en portefeuille jusqu’à 300 demandeurs d’emploi, et qu’il en résulte une dégradation du service public de l’emploi, due au retard qui s’accumule. Ils estiment à 3 500 le nombre des dossiers en souffrance. Samedi, certains ont dû faire des heures supplémentaires pour résorber une partie du retard !
Depuis cette semaine, ils doivent en outre accueillir et traiter les dossiers des bénéficiaires du RSA. Une tâche à laquelle, selon les syndicats, les agents n’ont pas été vraiment préparés.
En filigrane, et derrière les revendications sur les conditions de travail ou la revalorisation des rémunérations pour tous, se profile une autre inquiétude, plus grande : celle de la concurrence avec le secteur privé. «L’objectif de la fusion, c’est à terme la privatisation du service public de l’emploi et à la clé, des pressions sur les salariés pour les amener à prendre les boulots disponibles, souvent des boulots précaires. Ce sont 350 000 personnes qui vont être poussées vers des opérateurs privés et des boîtes d’intérim !», constate Ludovic Louis, du SNU-FSU.
Publié le 03/06/2009