La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Pôle emploi : "Pas des agents de police"
Rassemblement devant le Tribunal Administratif de Toulouse et dépôt de la requète La Dépèche 1er mars 2011
Les organisations syndicales de Pôle emploi Midi-Pyrénées viennent d'attaquer une note de leur direction. Les salariés refusent de vérifier les papiers des demandeurs d'emploi étrangers. Sous les drapeaux colorés des organisations syndicales, un seul message : « Nous ne sommes pas des auxiliaires de police ». Réunis hier matin devant le tribunal administratif de Toulouse, une poignée de salariés de Pôle emploi Midi-Pyrénées manifestait hier son mécontentement. En cause, une note de leur direction du 7 janvier 2011 concernant le nouveau dispositif EID (entretien d'inscription diagnostic) déployé dans trois régions pilotes en France dont Midi-Pyrénées. « On nous demande de vérifier la situation des ressortissants étrangers en faisant une photocopie d'une pièce d'identité et en la passant à la lampe UV. On nous demande également de dénoncer les suspects en cas de doute ! », explique une employée de Pôle emploi qui travaille en Haute-Garonne. « Tout ça peut aller très loin. Moi, j'ai déjà refusé de faire la photocopie mais derrière, on reconvoque le demandeur d'emploi et on nous fait du chantage aux sentiments en nous disant qu'on retarde l'inscription de cette personne » ajoute une collègue. Pour marquer leur indignation, salariés et organisations syndicales se sont portés en justice via le REFI (réseau emploi formation insertion) Midi-Pyrénées. Leur avocat, Maître Pascal Nakache, a déposé hier matin une requête devant le tribunal administratif de Toulouse. « Nous demandons l'annulation de la note du 7 janvier qui renforce le processus de chasse aux étrangers mis en place par le gouvernement. Par ce procédé, on transforme les salariés en auxiliaires de police. C'est une chose de demander sa carte d'identité à quelqu'un. C'en est une autre de la photocopier à l'abri des regards et de transmettre des informations à la préfecture », lance l'avocat. « La note nous demande ce contrôle alors que la loi Loppsi 2 délègue cette compétence à une centaine d'agents habilités en France », poursuit Marc Reneaux du SNU/FSU. « Nous sommes tenus à ces contrôles par la loi. Nous voulons éviter les fraudes sociales », répond Yves Dubrunfaut, directeur régional de Pôle emploi. La requête toulousaine est la première en France. Mais elle pourrait faire des émules dans les régions Auvergne et Champagne Ardennes concernées aussi par une directive similaire.