La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
L'escroc fournissait des «kits Assedic» maville.com (St Bieuc) 13 décembre 2011
Soupçonnés d'avoir escroqué les Assedic, les vingt prévenus qui défilent à la barre du tribunal correctionnel, ressemblent à monsieur et madame tout-le-monde. L'un profite aujourd'hui d'une retraite à Genève ; d'autres sont chefs d'entreprises, artisans, dessinateur, secrétaire, chauffeur, maître verrier... Ils résident à Besançon, Lyon, Paris, Genève, Juan-les-Pins...
La plupart n'ont jamais eu affaire à la justice. Excepté un Costarmoricain de 69 ans. Le régional de l'étape, écroué pour d'autres escroqueries, a déjà été condamné à une vingtaine d'années de prison pour des vols, abus de confiance... Et dans ce dossier d'escroquerie à l'Assedic, il n'a fait qu'aider. « Je rendais service aux personnes qui me sollicitaient », dit-il au président.
Ils se refilaient le tuyau
Après avoir été employé dans une société de décoration, il crée de fausses sociétés. L'enquête démontre l'existence d'importants flux financiers entre lui et des notaires, des particuliers et des entreprises. « En trois ans, plus de 1,4 million d'euros a transité sur son compte alors que sa pension annuelle était de 14 000 € », note le président Guy Jean.
Le faussaire se spécialise dans la fabrication de « kits d'Assedic ». La combine est simple : il établit de faux bulletins de salaires et fausses attestations. Il les remet à plus d'une quinzaine de personnes, des amis qui se refilent le tuyau, pour percevoir des indemnités de chômage ou des allocations retraite. Ces « services » n'étaient pas gratuits. Il facturait sa prestation environ 5 000 €, en accordant des facilités de paiement.
Pole emploi estime son préjudice à plus de 900 000 €. L'un des prévenus a reçu 105 000 € de Pole emploi Bretagne, de 1998 à 2005. Les caisses de retraite sont aussi parties civiles. Les salaires fictifs ont permis de gonfler des pensions. Les décisions du tribunal seront rendues ce mardi.
Hier, le procureur a requis cinq ans d'emprisonnement à l'encontre du prévenu costarmoricain.