La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
François Fillon invite Pôle emploi à "redoubler d'efforts"
Le gouvernement fait le dos rond face au rebond du chômage
Les Echos 31/05/10
Le chômage est nettement reparti à la hausse en avril, avec 15.700 demandeurs d'emploi supplémentaires. Un chômeur sur trois est désormais inscrit depuis plus d'un an. François Fillon invite Pôle emploi à « redoubler d'efforts ».
Petite douche froide pour le gouvernement. Selon les chiffres publiés vendredi, le chômage est nettement reparti à la hausse en avril, avec 15.700 demandeurs d'emploi de catégorie A (n'ayant pas travaillé du tout) supplémentaires, une hausse de 0,6 %. Ce total atteint 2.677.000 en métropole (+ 7,8 % sur un an). En prenant aussi en compte les chômeurs ayant exercé une activité réduite, classés en catégories B et C, la progression mensuelle est même de 0,9 % au mois d'avril (+ 35.200 personnes). Le chômage des moins de 25 ans, dont le gouvernement se félicitait du recul ces derniers mois, a rebondi (+ 1,4 %), mais reste en léger recul sur un an. Dernier point noir : le chômage de longue durée poursuit son envolée (+ 1,9 %). Il progresse de 31 % sur un an et touche à présent un demandeur d'emploi sur trois. La durée moyenne passée au chômage atteint 219 jours, avec un pic à 340 jours pour les plus de 50 ans.
L'exécutif avait prévenu que faute d'une croissance plus soutenue, un véritable retournement de tendance n'interviendrait pas avant la rentrée, au mieux. Mais il espérait voir se confirmer l'accalmie entrevue en février (+ 2.000) et en mars (- 6.600). Christine Lagarde, ministre de l'Economie et de l'Emploi, relativise : le rebond d'avril rappelle que « les effets sur l'emploi de la crise n'ont pas disparu » mais il « n'interrompt pas la tendance à la stabilisation observée depuis plusieurs mois ». « Le nombre de demandeurs d'emploi en formation ou bénéficiant de contrats aidés continue de progresser, ajoute-t-elle. Cette évolution encourageante permet de maintenir les compétences acquises et favorise le retour vers l'emploi. » Pour le PS, « la France est loin d'être sur la voie de la sortie de crise comme le prétend le gouvernement. Alors que s'annonce un plan d'austérité sans précédent, les Français doivent dire clairement qu'ils ne veulent pas payer seuls la facture d'une crise dont ils ne sont pas les responsables ».
En déplacement dans une agence Pôle emploi de Poissy (Yvelines), François Fillon a confirmé l'extension, à titre expérimental dans six bassins d'emploi, du contrat de transition professionnelle aux salariés précaires. « Nous avons face au chômage un devoir d'efficacité et d'innovation », a rappelé le Premier ministre, invitant Pôle emploi à redoubler d'efforts sur « l'accès à la formation » des chômeurs et « la prospection des offres ». La mission est difficile faute de moyens supplémentaires, estiment les syndicats, mais le gouvernement mise sur un regain de productivité maintenant que la fusion ANPE-Assedic est faite. Le discours est volontaire mais les marges de manoeuvre sont limitées : le recours aux contrats aidés a déjà été largement développé et la priorité va désormais à la lutte contre les déficits.