La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Saint-Astier: Grève à Pôle emploi
Dix-huit membres du collectif des personnels du Pôle emploi de Saint-Astier étaient en grève, hier, pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail et dénoncer une fusion « qui génère mal-être pour les agents, services dégradés pour les usagers et accroissement de la précarité ».
Avec 300 demandeurs d'emplois inscrits, la direction territoriale a reconnu que le site de Saint-Astier (deuxième site après Bergerac qui couvre neuf cantons) était l'un de ceux accueillant le plus de demandeurs d'emploi. Pourtant, les sept postes attendus n'ont pas été pourvus, il manque toujours deux postes de techniciens indemnisation formés et opérationnels et deux conseillers aux placements.
La remontée du chômage et les difficultés économiques dans le secteurs ont entraîné un afflux des demandeurs d'emploi qui n'a pas été pris en compte selon les salariés. « On a vendu la fusion (NDLR : de l'ANPE et des Assedic) à l'opinion comme un plus pour les demandeurs d'emploi, lance une gréviste. Mais pour les anciens de l'Agence nationale pour l'emploi comme moi, deux jours de formation ne suffisent pas pour savoir et pouvoir traiter des questions de plus en plus pointues et remplir les deux métiers : aider les chômeurs à retrouver un emploi et à être indemnisés. »
«On n'en peut plus »
La multiplication des convocations systématiques, le nombre croissant de dossiers traités par chaque conseiller, des effectifs qui ne suivent pas : autant d'ingrédients qui, selon les agents, créent un cocktail explosif. « Jamais le sentiment d'abandon, pour les agents comme pour les demandeurs d'emploi, n'a été si important, c'est une injure faite à tous », lance un autre gréviste. Et de citer les indemnisations en retard, trois rendez-vous pour un même agent à la même heure, le suivi mensuel devenu trimestriel, des entretiens trop rapides (vingt minutes), la multiplication des déplacements pour les demandeurs d'emploi. Il y a aussi les violences verbales du fait de demandeurs exaspérés de ne pouvoir être payés ou reçus, ou dont les justificatifs d'absences à aux entretiens n'ont pas été traités en temps et en heure par des conseillers débordés.
« On n'en peut plus ! On nous dit, on ne fait pas de social au Pôle emploi, c'est un comble. C'est aussi pour les usagers que l'on veut se battre, on a le sentiment de ne servir à rien, précise une conseillère. Pour certains des problèmes de santé apparaissent, faut-il qu'il y ait un drame pour que cela change? »
Le député socialiste Pascal Deguilhem, venu à la rencontre du collectif, a pris note des motifs de souffrance des agents et s'est engagé à contacter le directeur territorial Nachit Abdelak pour essayer de trouver des solutions aux revendications locales de fonctionnement du Pôle emploi.