La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Mises à la porte par Pôle emploi
Le Parisien 25 octobre 2011
«Je vais passer de l’autre côté du guichet. » Ce triste constat est dressé par Evelyne, 58 ans, salariée de Pôle emploi à Chelles depuis quatre ans… et qui devra bientôt pointer auprès de ses anciens collègues. Une situation « inacceptable » pour la quasi-totalité du personnel, qui a décidé de débrayer aujourd’hui. A l’origine de ce mouvement : les contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) d’Evelyne et Messaouda, une autre salariée de l’agence de Chelles, âgée de 55 ans, qui ne devraient pas être reconduits. « Lors d’un entretien avec la direction, la semaine dernière, nous avons appris que notre contrat ne serait pas renouvelé alors que son échéance est proche », déplore Evelyne.
A un an près, elles auraient pu espérer une titularisation
Principalement chargées de missions d’accueil et de tâches administratives, Messaouda et Evelyne devraient voir leurs contrats se terminer respectivement le 31 octobre et le 30 novembre. A un an près, les deux femmes auraient pu espérer une titularisation. « Le CAE prévoit qu’au bout de cinq ans de renouvellement, nous puissions demander un contrat à durée indéterminée (CDI) », précise Evelyne. « Ces deux femmes ont été embauchées pour des motifs d’augmentation temporaire d’activité, ajoute Ouassini Bekkouche, représentant du syndicat SNU. Mais au bout de quatre ans, il n’y a plus rien de temporaire! » Selon lui, Pôle emploi compenserait la hausse de travail sur le long terme par des contrats précaires. « Car si la baisse du chômage prévue l’an prochain se confirme, l’établissement pourra dégraisser ses effectifs bien plus facilement que s’il s’agissait de CDI », estime le syndicaliste.
L’an dernier, au niveau national, 13% des salariés de Pôle emploi étaient des précaires : 46203 salariés étaient en CDI, contre 3921 en contrats à durée déterminée (CDD) et 2172 en CAE. Si le départ des deux femmes se confirme, la question du remplacement se pose. A l’agence de Chelles, on murmure qu’un CDD de six mois serait déjà prévu. « Si c’est le cas, ils perdraient l’expérience que les deux salariées concernées ont accumulée », estime Ouassini Bekkouche. Une expérience « indispensable » pour évoluer dans le quotidien sous tension des agents du Pôle emploi. « Une personne nouvellement embauchée n’est pas opérationnelle pour faire face à des situations de crise comme la prise d’otage du 17 octobre dans une agence du XIe arrondissement parisien ou lorsque comme (hier matin) à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), un demandeur d’emploi tente de se suicider », tonne le syndicaliste. Contactée, la direction a indiqué « ne pas vouloir commenter une situation interne aux ressources humaines de l’entreprise ».