Impossible, depuis l'A75 qui passe à côté, de rater ce cri du coeur du patron de cette PME d'une quinzaine de salariés, spécialisée dans la chaudronnerie et la mécanique. « C'est le seul moyen que nous avons trouvé pour faire face à l'énorme problème du recrutement », affirme Roger Bergheaud.
« Nous recherchons une dizaine de postes dans le cadre d'un projet. On peut embaucher, mais on ne trouve pas. C'est quand même extraordinaire. »
Pôle emploi ? « Ils ne savent plus traiter les demandes comme les nôtres », lâche sans ambages le chef d'entreprise. « Ils ne font plus de travail de terrain depuis leur fusion avec les Assedic. On nous envoie tout un tas de CV, mais les gens ne se présentent jamais. »
Les sites internet payants, les agences de recrutement ? Même insuccès. Avec sa banderole géante, en revanche, Roger Bergheaud dit avoir déjà « des touches ». « Les gens s'arrêtent pour se renseigner. Cela a débouché sur deux entretiens. C'est déjà positif ! De toute façon, si cela ne marche pas, on en mettra une plus grosse ! »
Yves Grailhe, directeur de Pôle emploi Issoire, estime que ses services ont fait tout leur possible pour Bergheaud. « L'offre est diffusée et visible par tout le monde. Il s'agit de métiers qualifiés, très difficiles à recruter. Nous avons fait le tour des demandeurs qui pourraient correspondre aux profils désirés. En vain. J'ai souvent conseillé à l'entreprise de faire de la formation. »
Le débat tombe au moment où Bruno André sous-préfet d'Issoire s'apprête à expérimenter une grande action collective pour résoudre ce problème récurrent d'offres et de demandes.
Des chômeurs iront prospecter eux-mêmes des entreprises en mal de personnel. Chaque offre sera ensuite examinée au sein d'un comité de pilotage composé d'élus, de services de l'État concernés, de représentants patronaux... Une grande mobilisation pour traiter une par une et de manière chirurgicale les difficultés. À Issoire, on ne pourra pas dire qu'on n'a pas tout essayé !
Olivier Choruszko
"Pôle emploi ? Ils ne font plus de travail de terrain depuis leur fusion avec les Assedic"