La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Pôle emploi vu par les employeurs
Les Echos 6 mai 2011
Critiqué pour la faible qualité des services rendus aux chômeurs, Pôle emploi inspire également des sentiments très mitigés aux entreprises. Et les plus mécontentes d'entre elles espèrent que la nouvelle feuille de route annoncée la semaine dernière par Xavier Bertrand sera l'occasion de rectifier le tir, alors que les partenaires sociaux préparent la renégociation de la convention tripartite avec l'Etat (lire encadré).
L'opérateur public a pourtant accentué ses efforts, avec la création depuis mars 2010 d'un service téléphonique unique (le 39 95) pour les employeurs, qui revendique aujourd'hui près de 2.000 appels quotidiens. Il y a six mois, une enquête Ipsos effectuée à la demande de Pôle emploi faisait apparaître un taux de « satisfaction globale » de 68 % chez les entreprises. Mais la méthodologie de l'enquête (un questionnaire envoyé via Internet) et le taux de retour (10 %) ne levaient pas tous les doutes sur la représentativité des réponses obtenues.
Du côté des grands groupes, qui bénéficient d'une attention soutenue grâce à leurs volumes de recrutement, la tonalité est plutôt positive. Parmi ces « grands comptes », le géant de la restauration sous contrat Elior travaille en partenariat avec Pôle emploi depuis 2004. Ses services RH apprécient notamment la méthode de recrutement par simulation, une technique mise au point par l'ex-ANPE et permettant d'identifier les capacités professionnelles pratiques des candidats.
Le groupe de restauration Flo a lui aussi signé une convention de partenariat avec Pôle emploi. « Cela nous a permis d'accroître la communication entre nos directeurs de restaurant et Pôle emploi et donc de gagner en efficacité », rapporte Dominique Guillet, chargée de recrutement opérationnel chez Flo. Subsiste néanmoins un problème de réactivité, plus ou moins marqué selon les agences : entre le moment où un restaurant envoie une offre et celui où des candidats lui sont adressés, il peut s'écouler de un à deux mois.
Les entreprises de moins grande taille se montrent plus critiques. « Certains de nos adhérents regrettent de ne pas avoir un seul interlocuteur », pointe ainsi Jean-René Boidron, président de la commission sociale et emploi de CroissancePlus. A la CGPME, si Jean-Michel Pottier, président de la commission formation et éducation, concède « une attention plus marquée vers les entreprises, qui n'existait plus dans les dernières années de l'ANPE », il relève « de grandes disparités dans la qualité de service selon les territoires ». Et préconise l'expérimentation d'un service dédié aux TPE-PME, pour éviter que les petites structures ne pâtissent de la priorité portée aux grands comptes, comme c'est le cas aujourd'hui.
La tonalité est la même du côté de l'UPA (artisans). « La mission d'accompagnement des entreprises dans leur recherche de candidats n'est pas vraiment assurée », déplore Pierre Burban, son secrétaire général, qui estime notamment que le travail de rapprochement entre l'offre et le profil est « insuffisamment fait ». Conséquence, les candidats adressés à l'entreprise ne correspondent parfois pas au profil demandé, ou bien celle-ci ne reçoit pas du tout de réponse. « Cette situation est d'autant plus problématique que les entreprises que nous représentons n'ont pas de service du personnel et ne recourent pas à des cabinets de recrutement, poursuit Pierre Burban. Lorsqu'il s'agit de recruter, Pôle emploi est l'interlocuteur majeur, voire unique de nos adhérents. »