La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Michel Sapin: un ministre déjà très sollicité
Gestion Sociale 31 mai 2012
Il participe, au côté du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et de trois autres collègues du gouvernement, aux entretiens préliminaires avec les partenaires sociaux qui se sont enchaînés ces 29 et 30 mai à Matignon, première étape des consultations en vue des réformes sociales du quinquennat.
Dans le même temps, Michel Sapin fait l’objet d’insistantes sollicitations des syndicats sur les sujets spécifiques à son ministère. Les organisations CGT, FSU, FO et SUD de son administration remettent sur le tapis la question des risques psychosociaux dans les services, tristement illustrés par les suicides des inspecteurs Luc Beal-Rainaldy, le 4 mai 2011, et Romain Lecoustre, le 18 janvier dernier. Ils croient connaître la cause du mal-être ambiant : « La dégradation continue des conditions de travail, qui porte atteinte à la santé des agents. » Les fonctionnaires avancent même les solutions : abrogation de tous les objectifs chiffrés ; arrêt des suppressions de missions liées à l’emploi et à la formation professionnelle, de plus en plus transférées au privé ; changement du style et des outils managériaux, y compris la procédure d’entretien professionnel.
De son côté, le SNU, premier syndicat de Pôle emploi, ronge son frein. Il attend la réponse au courrier qu’il a adressé au ministre de tutelle le 24 mai dernier, le jour même où ce dernier recevait en tête-à-tête Jean-Bassères, DG de l’organisme, pour faire le point sur son rôle et ses moyens. Le SNU demande rien moins que l’abandon du plan stratégique tout juste finalisé. Motif : il est fondé sur des hypothèses « dangereuses, irréalistes », et sur une « culture obsessionnelle du chiffre ». Autre sollicitation, celle des cheminots, qui rêvent d’une abrogation de la loi Diard de mars 2012 encadrant le droit de grève. Ils s’apprêtent à saisir le ministre du Travail à ce propos, à l’initiative de Marc Baucher ( Unsa). SUD et la CGT s’y sont rallié. Les confédérations ne sont pas en reste, puisque Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, y est aussi allé de son courrier revendicatif, demandant l’abandon pur et simple de la journée de solidarité que Jean- Marc Ayrault, alors chef de file de l’opposition parlementaire, avait qualifiée de « fausse bonne idée ».« Quel sens y a-t-il à obliger des salariés qui sont régulièrement au chômage technique à travailler une journée de plus ? » « Est-il équitable qu’une caissière d’hypermarché offre une journée entière de travail, alors qu’un cheminot est censé travailler 1 minute et 52 secondes par jour pour remplir la même obligation? » demande-t-il dans sa lettre adressée la semaine dernière à la rue de Grenelle. Même si le dispositif a rapporté l’année dernière 2,33 Mds€ au profit des personnes âgées et handicapées.