La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Chiffres du chômage, nombre de grévistes, taille des portefeuilles: la calculette de la Direction Générale semble détraquée
Les conseillers de Pôle emploi suivent 103 chômeurs en moyenne
Les Echos du 23 septembre 2010
Baisse du nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé en juillet, baisse du taux de chômage, hausse des effectifs salariés sur le deuxième trimestre… Depuis quelques semaines, les bonnes nouvelles se sont succédées sur le front de l'emploi. Mais les conseillers de Pôle emploi n'en voient pas l'effet sur leur charge de travail. Selon les dernières statistiques adressées aux membres du conseil d'administration en préparation de sa réunion de vendredi, le nombre de demandeurs d'emploi suivis en moyenne par un conseiller a encore augmenté. Il s'est situé à 103,1 au 31 août, contre 92 un an avant. Le nombre de portefeuilles de plus de 130 demandeurs d'emploi a aussi augmenté, passant de 5.579 conseillers concernés fin mars à 6.051 fin août. La situation est d'autant plus problématique que le mois d'août n'est traditionnellement pas le plus tendu, le pic étant habituellement atteint en septembre.
La situation est encore et toujours très diverse selon les régions : les plus chargées ayant plutôt eu tendance à voir leur charge de travail légèrement réduite, mais l'éventail s'est resserré. Avec autour de 50 chômeurs en moyenne par conseiller, la Corse, la Martinique et la Guadeloupe font exception. La Franche-Comté détient toujours la palme de la charge de travail, avec en moyenne 125,5 demandeurs d'emploi suivis par conseiller et la moitié des portefeuilles supérieurs à 130 dossiers. Vient ensuite le Nord-Pas de Calais, avec 120,4 chômeurs par conseiller, qui a « détrôné » Poitou-Charentes, numéro deux en mars dernier. Plusieurs départements d'Ile-de-France ont aussi vu leur situation se dégrader : le Val-d'Oise est à 124,9, le Val-de-Marne à 123,2 et la Seine-Saint-Denis à 122,8, contre respectivement 102,6, 113,4 et 114,1 en mars.
Ces chiffres ne constituent qu'un minimum et la réalité est souvent bien supérieure, car il s'agit d'une simple règle de trois, sans pondération en cas de temps partiel.