La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Les associations de chômeurs demandent que le contrôle soit retiré de Pôle emploi, de façon à ce que l'indemnisation et la radiation ne soient pas du ressort d'un même organisme
Quelques milliers de personnes ont manifesté samedi dans plusieurs villes de France, dont Paris, Rennes ou Marseille, à l'appel des associations de chômeurs et de salariés précaires pour dénoncer leurs difficultés quotidiennes et le manque de ressources.
A Paris, la manifestation a rassemblé 1.400 personnes selon la police et 5.000 selon le président du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), Marc Desplats.
Ils étaient 150 à Marseille, et 300 à 400 à Rennes, où la police a interpellé quatre manifestants, après des jets de projectiles, les banderoles annonçant que "l'armée de réserve du capitalisme s'insurge" ou réclamant "l'interdiction des licenciements".
A Paris, les manifestants portaient des gilets de protection jaunes fluorescents et des drapeaux jaunes, rouge ou orange de leurs quatre associations (Apeis, AC!, MNCP, CGT Chômeurs) en scandant "Chômage ras-le-bol!" ou encore "Cela ne peut plus durer, ça va péter".
"RSA, non non non. Une revenu décent oui oui oui. Un toit c'est un droit. Un revenu c'est un dû", ont-ils scandé à Marseille où le NPA et le Parti de gauche s'étaient joints au cortège.
La revendication "principale c'est un emploi pour tous" et "une augmentation des revenus des demandeurs d'emploi", a déclaré à Paris Marc Desplats, qui souhaite abolir la loi du 2 août 2008: "Il faut absolument sortir le contrôle des chômeurs de Pôle-Emploi", pour éviter que radiations et indemnisations soient du ressort du même organisme.
L'administration "dit aux agents de radier des gens pour que le nombre de chômeurs baisse. Celui qui donne les ordres maintenant c'est le payeur", a aussi dénoncé Philippe Villechavane, porte-parole de l'APEIS.
Les associations demandent un relèvement de la prime de Noël, inchangée depuis douze ans (152,45 euros pour une personne seule), alors que le chômage est remonté à 9,1% de la population active.
"J'ai travaillé dernièrement avec un club d'arts martiaux qui n'a pas voulu me payer après un mois de travail", les gens "n'ont plus d'argent", a raconté André Vigneron, 51 ans, ex-agent de sécurité strasbourgeois, chômeur depuis dix ans, qui dort "parfois chez ma mère, parfois à droite à gauche chez des copains".
"Depuis, j'occupe mon temps en faisant du bénévolat" et en "aidant ma mère malade". Cette "manifestation montre la diversité française, et qu'il faudrait commencer à partager", a-t-il déclaré.
"Je suis habitué à vivre dans les foyers, qu'on appelle résidence sociale, on me met avec des toxicomanes, un mec qui sort de prison, un violeur, moi j'ai rien à voir avec ces gens là", a-t-il dénoncé.
Dans les "petites communes, rien n'avance, on n'a pas de boulot, on aura pas de retraite et nos enfants non plus. Il faut faire bouger Sarkozy, on nous demande de passer des diplômes, choses qu'on fait, mais il n'y a toujours pas de débouchés", a déclaré en requérant l'anonymat Marie-Ange, 38 ans, puéricultrice au chômage venue de Haute-Marne.
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