La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Michel Sapin à Marseille: "Pas question de décentraliser Pôle emploi"

Emploi : "Marseille, forme exacerbée des difficultés du pays"
La Provence 15 octobre 2012
Interview de Michel Sapin (extrait)
Marseille est particulièrement touchée par le chômage. Le comité interministériel du 6 septembre a évoqué les emplois d'avenir et le contrat de génération pour tenter de l'endiguer. Quels en sont les mécanismes ?
M.S. : Les emplois d'avenir sont la première pierre. Le texte vient d'être voté et la loi sera effective dès novembre prochain, à Marseille et partout en France. Il s'agit de permettre à des jeunes sans diplôme, ou avec un premier niveau de qualification mais qui ne trouvent pas tout de suite un travail, d'acquérir une vraie première expérience, professionnelle et durable de 3 ans dans la plupart des cas, dans le secteur non marchand. Les zones les plus touchées par le chômage sont les premières concernées par ce dispositif que l'État soutien massivement. Marseille fera l'objet d'une attention toute particulière, puisque certains de ses quartiers sont en grande difficulté.
La seconde grande mesure sera le contrat de génération. Il concerne le secteur privé et touche à la fois les jeunes et les plus anciens. Il s'agit d'associer un jeune qui entre dans une entreprise avec un recrutement en CDI, et un senior maintenu dans son emploi. Il sera l'élément d'un transfert de compétences. Ce contrat de génération est actuellement entre les mains des partenaires sociaux qui négocient. J'ai bon espoir qu'ils aboutissent très vite, auquel cas le contrat sera applicable dès le début de 2013.
La négociation dans les entreprises d'accords "contrat de génération" sera obligatoire et conditionnera les exonérations de cotisation existantes dans les entreprises de plus de 300 salariés. Pour les moins de 300 salariés, tout repose sur le volontariat, mais une aide financière importante sera apportée à l'entreprise qui conclura un contrat de génération. Nous pouvons espérer 500 000 embauches de jeunes dans ces contrats sur le quinquennat.
Concernant les emplois d'avenir, est-il exact que vous réclamez 2 euros chaque fois qu'il y a confusion avec les contrats d'avenir ?
M.S. : Oui. J'ai lancé cette collecte au Sénat et je peux vous dire que la tirelire s'est remplie ! Bientôt plus personne ne fera cette confusion !
Le nombre des demandeurs d'emploi a franchi la barre des 3 millions. Pensez-vous qu'une amélioration rapide est possible ?
M.S. : Ces 3 millions, c'est la situation que nous avons trouvée. Notre responsabilité, c'est d'inverser la tendance. Mais chacun le sait, il ne suffit pas de changer de Président et de gouvernement pour que tout aille mieux du jour au lendemain. Je ne m'attends pas à une diminution du chômage dans les mois qui viennent. L'objectif est que la courbe soit inversée à la fin de 2013.
Beaucoup d'entreprises disent qu'elles ont du mal à recruter parce qu'elles ne trouvent pas les compétences dont elles ont besoin. Votre sentiment ?
M.S. : C'est un paradoxe, mais c'est vrai que certaines entreprises ont du mal à trouver des jeunes pour certains emplois. Le contrat de génération peut être une réponse, mais plus fondamentalement, il faut mobiliser toutes les approches pour réduire ce phénomène : une bonne orientation au départ, former en regard des besoins, miser sur l'apprentissage, rendre certains métiers plus attractifs, renforcer l'efficacité de Pôle emploi.
Justement, les agents de Pôle emploi sont débordés. Y aura-t-il de nouveaux renforts ? Souhaitez-vous régionaliser le service public ?
M.S. : Pôle emploi a été doublement heurté. Il y a tout d'abord eu le choc de la fusion ANPE avec Assedics et il y a eu le choc de la crise. J'ai donc autorisé Pôle emploi à créer 2 000 postes en CDI. Ce travail est en train de se faire avec des recrutements et des affectations internes. Sur la question de la régionalisation de Pôle emploi, la réponse est non. Il n'est pas question de décentraliser. Par contre, je demande une plus grande coopération avec la Région et les missions locales.