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La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

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Pôle emploi sous le feu des députés socialistes.

JP-Gille.jpgJean Patrick Gille (PS) remet en cause le principe même de l'EID comme entretien unique

 

Assemblée Nationale 31 octobre 2012

 

 

"La seconde partie de mon rapport sera consacrée aux moyens de Pôle emploi. Les nombreuses auditions que j’ai menées m’ont permis de constater que la fusion de l’ancienne Agence nationale pour l’emploi (ANPE) et des Assedic s’est réalisée dans des conditions difficiles et pour un coût non négligeable – on peut estimer le surcoût à 300 millions d’euros par an –, sans apporter les gains d’efficacité attendus. Le budget de Pôle emploi, hors versement des indemnités chômage, avoisine les 5 milliards d’euros pour 2013, dont presque 3 milliards consacrés à la masse salariale.

Les économies attendues de la réforme ont été entièrement absorbées par la fusion, et en particulier par les conditions avantageuses dans lesquelles a été menée la fusion des anciens salariés des Assedic et des anciens agents de l’ANPE.

Cette fusion a, de plus, rendu nécessaire une politique immobilière de regroupement qui, c’est peu de le dire, n’a pas encore produit les effets escomptés. Les locaux choisis, qui doivent être grands, sont souvent excentrés, ce qui n’est pas une bonne chose.

Pôle emploi a donc connu une première phase de mise en place difficile, qui a coïncidé avec un fort afflux de demandeurs d’emploi en raison de la dégradation de la situation économique : les conditions de suivi des demandeurs d’emploi se sont dégradées, alors qu’elles devaient s’améliorer.

L’opérateur se trouve désormais à l’aube d’une deuxième phase, dont on peut souhaiter qu’elle soit celle de la maturité, avec le plan Pôle emploi 2015. Il est essentiel que la nouvelle instance puisse offrir un service d’accompagnement aux demandeurs d’emploi digne de ce nom, ce qui n’a pas toujours été le cas.

Des réformes profondes sont en cours et il faut espérer qu’elles portent leurs fruits. Ainsi, la nouvelle convention tripartite procède à de fortes réorientations de la stratégie d’accompagnement et de suivi des chômeurs, privilégiant désormais une approche différenciée des demandeurs d’emploi en fonction de leur profil, au lieu d’une approche unique et systématique, qui n’est pas efficace.

Une nouvelle démarche de pilotage par la performance vise à substituer aux indicateurs de mesure de l’activité de Pôle emploi de véritables indicateurs de performance, cette logique devant être déclinée au niveau de chaque agence, avec une marge de manœuvre plus importante laissée aux managers pour adapter les actions de Pôle emploi en fonction des spécificités des bassins d’emploi de leur ressort.

La territorialisation de l’action de Pôle emploi apparaît aujourd’hui très insuffisante : les agences ont tendance à fonctionner parfois en vase clos, sans coordination ni concertation suffisante avec l’ensemble des autres acteurs du terrain, qu’il s’agisse des acteurs du service public de l’emploi, comme les missions locales, le réseau des Cap emploi ou encore les maisons de l’emploi, des collectivités locales, et même des entreprises implantées sur les territoires. Sur ce point, la création de Pôle emploi a même constitué une régression ; des progrès sont indispensables.

Il convient également de simplifier des procédures et des outils excessivement complexes. Ainsi – j’ai évoqué hier cette question devant les ministres, qui n’ont pas désapprouvé –, le pilotage régional de la politique de l’emploi pourrait être amélioré par une fusion du conseil régional de l’emploi (CRE) et du comité de coordination régional de l’emploi et de la formation professionnelle (CCREFP). De plus, les opérateurs pourraient être représentés dans cette nouvelle instance : ainsi, il n’y aurait qu’un seul comité, où financeurs et principaux opérateurs pourraient définir et mettre en œuvre une politique régionale.

L’application de la convention Unédic pour le calcul, notamment, des droits à indemnisation chômage des demandeurs d’emploi est, par ailleurs, beaucoup trop complexe : elle conduit à un taux d’erreur des premiers calculs d’indemnisation lors de l’entretien initial qui avoisine les 20 % ! Cette complexité prouve à elle seule à quel point le projet du « métier unique », qui a initialement prévalu lors de la fusion, était une erreur profonde ; mis en œuvre durant un an, il a conduit à de grandes difficultés, pour les demandeurs d’emploi comme pour les salariés de Pôle emploi.

De même, on constate que les agents de Pôle emploi n’ont souvent accès qu’à l’offre de formation proposée par Pôle emploi, alors qu’ils devraient disposer d’un outil global unique permettant de connaître l’ensemble de l’offre de formation proposée et de prescrire ainsi la formation qui sera la plus adaptée. Un projet en ce sens, « Dokelio », existe.

Comment envisager une totale polyvalence des agents, à qui l’on demanderait d’assurer à la fois l’accompagnement des demandeurs d’emploi, leur indemnisation et leur orientation dans les meilleures conditions ? Il faut y renoncer, même si l’existence d’un socle commun de compétences est souhaitable. Cela pose la question du maintien d’un entretien unique, tel qu’il est aujourd’hui matérialisé dans l’entretien d’inscription et de diagnostic (EID), qui ne satisfait pas les demandeurs d’emploi auxquels il est demandé, en cinquante petites minutes, d’exposer leur situation, avant de se voir proposer la signature du plan personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE), alors même qu’ils n’ont souvent qu’une idée très floue du niveau d’indemnisation dont ils vont pouvoir bénéficier – et cet entretien est mené par un conseiller qui ne sera pas celui qui les accompagnera par la suite !

Ces problèmes méritent d’être approfondis et je me réjouis que la Commission ait décidé de créer une mission d’information relative à Pôle emploi. L’enjeu est de taille : l’opérateur central du service public de l’emploi pèse environ 34 milliards d’euros (indemnisation du chômage comprise), avec une masse salariale de 3 milliards d’euros. La mission pourra aussi se pencher sur les rapports de Pôle emploi avec les opérateurs privés de placement.

Les moyens sont donc là et il s’agit d’améliorer l’efficacité de Pôle emploi par un renforcement de sa déconcentration, par un management laissant une plus grande autonomie aux directeurs d’agence sur le terrain et par un renforcement des effectifs et des moyens dédiés directement à l’accompagnement des demandeurs d’emploi et des employeurs.

Ce budget, nul ne peut le nier, est particulièrement volontariste. C’est pourquoi je vous appelle, mes chers collègues, à vous prononcer en faveur de l’adoption des crédits de la mission « Travail et emploi », ainsi que de l’article 71 rattaché, qui supprime l’exonération de cotisations sociales pour les salariés créateurs ou repreneurs d’entreprise instituée par la loi pour l’initiative économique de 2003."

 

Compte-rendu intégral de la Commission des Affaires Sociales du 31 octobre 2012

 

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M
Qu'ils s'occupent déjà de fusionner leurs instances régionales, d'auditer les missions locales, de supprimer les maisons pour l'emploi qui n'ont plus trop lieu d'être depuis la création de PE et de<br /> nous ré-attribuer une partie de leurs moyens !
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M
@ krymsky :<br /> <br /> Pour Bassères effectivement il faudrait référencer tous les sites qui diffusent des offres "d'emploi". Quitte à ce qu'ensuite nous diffusions du grand n'importe quoi, faute d'avoir le temps de<br /> vérifier et de contrôlet la réalité de l'offre, ainsi que la légalité... Mais pour Bassères, la relation entreprise c'est de la perte de temps donc d'argent. Et pendant ce temps, les agents ne<br /> s'occupent pas des demandeurs. Et il a du mal à entendre le garçon quand tu lui expliques que pour placer un chômeur faut à minima connaître les métiers et les postes de travail et donc savoir ce<br /> que recherchent les boîtes. Et ça ça passe par la relation entreprise. Mais bon, c'est le problème avec les énarques qui ne sont jamais venus faire de stage au contact de la réalité du terrain.<br /> <br /> Qyuand à Jospin je ne fais pas sa promotion, je dis juste que si les propositions de sa commission (pour rappel y a pas que lui dedans y a aussi Bachelot et d'autres...) qui concernent le cumul des<br /> mandats sont appliquées il y aura un léger mieux. Un léger mieux parce qu'il faudrait pousser le non cumul jusqu'aux postes de l'exécutif des grandes villes et autres communautés urbaines ou<br /> grosses communautés de communes.<br /> <br /> <br /> Quand à la méga fusion dont tu parles, oui il faudrait la faire. Dans mon bassin d'emploi, on avait comptabilisé qu'un DE cumulant plusieurs difficultés dans sa recherche d'emploi, pouvait avoir<br /> jusqu'à 11 référents entre (à l'époque mais toujours valable aujourd'hui avec PE) le conseiller ANPE, le conseiller RMI, le conseiller TH, celui du PLIE, de l'EEI, de la maison de l'emploi, celle<br /> de la mission femmes, et ceux des prestataires divers et avariés.<br /> <br /> <br /> Remettre tous ces gens dans la même structure mais en les laissant bosser chacun sur leur champs spécifiques permettraient d'éviter les doublons/triplons. Le problème du SPE en France n'est pas le<br /> manque de moyens humains mais bien plutôt l'empillement des structures puisque chacun veut mettre son nez dans le marché de l'emploi.<br /> <br /> Juste un truc : lorsque tu vois comment se comportent certains élus municipaux avec leur personnel, ça donne pas envie de leur donner les clés du SPE.
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J
Si on met en place une obligation de dépôt de TOUTES les offres sur le site de Pôle Emploi, il faut que cette obligation réponde en outre à deux autres conditions :<br /> 1. Les offres sont NOMINATIVES. On connait toujours le nom de l'employeur (notion juridique parfaitement claire)<br /> 2. En cas de manquement, il y a une sanction FINANCIERE qui est perçue par Pôle Emploi. Par exemple, 1 mois du salaire équivalent plein temps du poste à pourvoir.<br /> <br /> En contrepartie, la publication est gratuite, évidemment!
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K
Soleil, va falloir référencer le site Ma Boulangère.com alors ?...<br /> C'est le genre de n'importe quoi où en est réduite la direction et en quoi consiste PE2015, ce brouillon torché à la<br /> vas-vite-les-élections-approchent-et-je-ne-sait-pas-quoi-leur-dire-pour-leur-bourrer-le-mou.<br /> M'enfin ton idée c'est une sorte de giga-méga-fusion non ? tu crois pas qu'y en assez ?<br /> Toujours le Gosplan en arrière fond hein Soleil ?<br /> Tu m'en bouches un coin avec ta promo de jospinpin je dois dire.<br /> Tout le problème des élus et du gouvernement est de faire semblant sans que ça se voit. Décréter la fin du cumul tout en l'autorisant là ou c'est juteux et powerfull, c-à-d les grandes villes et<br /> les "agglo" et en permettent toujours la succession des mandats et le jeu de marelle des carrières... faisons leur confiance.<br /> D'ailleurs il semblerait déjà que le cumul député maire reste possible en dessous de 30 000 habitants ou un truc comme ça. Le cumul grosse mairie + présidence d'agglo/communauté prendrait donc le<br /> statut d'un marche-pied supplémentaire de carrière, à côté du CG, CR, Assemblée, Sénat.
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M
Avec PE 2015 on va presqu'avoir le dépôt obligatoire. Puisque not' bon Maîtw' à nous qu'on a veut que nous référencions tous les sites diffusant des offres d'emploi (sans aucune vérification de<br /> quoi que ce soit, m'enfin bon c'est déjà le cas dans la majorité des offres déposées chez nous, faute de temps et de moyens...).<br /> <br /> Même s'il y a beaucoup à boire et à manger dans ce pré rapport (et ce qu'il y aura également dans le rapport final), on peut quand même s'interroger sur quelques pistes :<br /> - suppression des doublons comme le CRE et ne garder que le CCREFP ;<br /> - suppression de tous les dispositifs à la main des seuls politiques locaux, construction d'un seul grand SPE avec une vraie place accordée aux collectivités locales dans le déploiement local de la<br /> politique nationale et intégration des salariés des Milo et autres organismes spécialisés dans le respect et le développement de leurs spécificités (suivi jeunes, TH,...);<br /> - intégrer dans toute politique de l'emploi le volet aménagement du territoire dans toutes ses composantes et notamment la revitalisation des zones rurales, le développement des transports publics<br /> en commun ;<br /> - ...<br /> <br /> <br /> Bien sûr certains d'ici diront que c'est utopique. Ce qui est vrai puisque dans notre pays, pour repenser la politique avec un grand P, il faut mettre à bas la politique et ses personnels, toujours<br /> enclins à tirer la couverture à eux et à vouloir se faire plus beaux et plus gros que les voisins.<br /> <br /> Ceci ne pourra donc se faire qu'en mettant en oeuvre à minima les préconisations de la commission Jospin sur la rénovation de la vie politique et en premier lieu le non cumul des mandats (même si<br /> dans ce cas, on peut regretter que ladite commission n'aille pas plus loin en ce qui concerne les exécutifs locaux, par exemple pour les maires des grandes villes et les présidents des grosses<br /> communautés de communes ou urbaines).
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