La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Pôle emploi Levallois en grève pour "un service de l'emploi à visage humain"
Le Parisien 26/05/10
Le responsable de Pôle emploi à Levallois fait les cent pas devant l’agence. « Qu’est-ce qui se passe? » l’interroge un curieux. « Je ne peux pas vous le dire car je suis le directeur. Adressez-vous aux grévistes », rétorque-t-il grinçant en haussant les épaules. Ambiance tendue hier devant les grilles de Pôle emploi sur lesquelles étaient accrochés des calicots pour dire « stop aux pressions » et réclamer « un service de l’emploi à visage humain ».
Près de la moitié des salariés (15 selon la direction, 20 selon les syndicats) étaient en grève hier pour mettre sur la place publique leur malaise. C’est la situation d’un responsable d’équipe qui a déclenché ce mouvement.
La fusion entre l’ANPE et l’Assedic passe mal
« Après avoir occupé les fonctions par intérim pendant trois ans et demi, ce dernier doit abandonner son statut d’agent public pour le nouveau statut de Pôle emploi s’il veut conserver son poste. C’est un chantage inadmissible », dénonce Aïssa Djehiche, déléguée syndicale régionale FO.
La situation de ce responsable a provoqué une vive émotion chez les salariés qui ont décidé de passer à l’action en signe de solidarité. « Depuis la fusion entre l’ANPE et l’Assedic, on est sous pression. C’est notre responsable d’équipe qui nous porte à bout de bras, plaide Elodie, une jeune conseillère pour l’emploi. On a besoin de lui car il apporte une cohésion, fait le bon diagnostic et trouve toujours la solution. »
Gilles Biron, le directeur départemental de Pôle emploi, s’est déplacé pour écouter les doléances des grévistes et exposer les arguments de la direction.
« Ce responsable d’équipe a échoué à deux reprises à l’oral de la validation de ses acquis professionnels, explique-t-il. Aujourd’hui, la nouvelle convention collective offre une opportunité pour le confirmer à ce poste. Mais à notre grande surprise, il a rejeté cette opportunité, malgré les perspectives d’évolution salariale intéressantes que lui offrirait le nouveau statut. »
Un choix que défendent les grévistes : « Le nouveau statut défini dans la convention collective nationale de Pôle emploi est flou. » Mais le sort de ce responsable d’équipe cache en réalité un malaise plus profond né de la fusion de l’ANPE et de l’Assedic, le 1er janvier 2009. « Nos portefeuilles se sont considérablement alourdis. On a trente minutes pour régler le dossier d’un demandeur d’emploi. Il faut faire du chiffre à tout prix. On ne comprend plus notre métier », affirme le délégué syndical FO, qui dénonce la politique du chiffre, la dégradation des conditions de travail, le stress et des mutations d’office. Les grévistes devaient reprendre le travail aujourd’hui.