La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Sondage de la Fusion pour les Nuls:
Paco est-il plus efficace que Noèle ?
Les Echos 26 octobre 2010
Pôle emploi, qui fêtera ses deux ans le 1 er janvier, est entré dans les moeurs. C'est ce que montre un sondage réalisé par l'opérateur public issu du mariage de l'ANPE et des Assedic, dont les résultats ont été présentés hier par le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, avec le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy.
Le panel était important : 500.000 demandeurs d'emploi disposant d'une adresse e-mail ont reçu un questionnaire auquel 100.000 ont répondu en septembre, « un taux de retour excellent », pour Brice Teinturier, directeur général délégué de l'Ipsos, son auteur.
Il montre en premier lieu que Pôle emploi a su faire sa place : 69 % des personnes qui avaient déjà eu à s'inscrire au chômage avant 2009 notent des démarches « plus simples » et 67 % « plus rapides ». L'efficacité de l'opérateur en matière d'indemnisation y est pour beaucoup : c'est en effet la première attente des chômeurs et 80 % jugent que la « façon dont [le] dossier est géré » correspond à leurs attentes. Les personnels de Pôle emploi en retireront une certaine satisfaction : la qualité de l'accueil et l'écoute sont jugées satisfaisantes par 75 % à 79 % des personnes interrogées.
L'opinion est en revanche très partagée sur les services destinés à aider à la recherche d'un emploi, donc le volet accompagnement : 48 % seulement se déclarent satisfaits. Dont une part n'a probablement que peu besoin d'une aide au reclassement.
Les difficultés mises en exergue par les personnes interrogées apparaissent a contrario comme majeures et sont autant de critiques en creux du service rendu par Pôle emploi, qui mériterait d'être « personnalisé », a souligné Brice Teinturier : 37 % évoquent une expérience professionnelle qui « ne correspond pas à ce que les entreprises recherchent aujourd'hui ». S'y ajoute aussi une méconnaissance du marché local du travail : 44 % des sondés « ne [savent] pas quels sont les métiers les plus recherchés » et 36 % ne connaissent pas ou ne savent pas comment entrer en contact avec les entreprises qui recrutent dans leur région. 36 % aussi déclarent ne pas savoir « quelle formation pourrait [les] aider à concrétiser [leur] projet professionnel ou à changer de métier ». Les lacunes pointées dans l'accompagnement n'étonnent pas les syndicats, qui critiquent un sondage financé par Pôle emploi, sans que le conseil d'administration ait été saisi du projet, et rendu public à Bercy. Maurad Rabhi (CGT) y voit la confirmation que « Pôle emploi fonctionne mal », ce que le non-renouvellement de 1.500 CDD et d'autant de contrats aidés « ne va pas améliorer ». La situation actuelle « laisse des marges de progrès fortes », euphémise Gaby Bonnand, de la CFDT. Critique sur la formulation des questions, sa centrale a lancé sa propre enquête auprès des chômeurs.