La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
SAINTE-GENEVIÈVE-DES-BOIS
ANTONIN CHILOT dans Le Parisien du 30/03/10
Mac, 25 ans, avait un souhait : devenir infirmier « pour aider les gens ». Pour tant , ce jeune homme longiligne de 1,95 m était jugé hier pour violences aggravées sur un responsable de l’agence Pôle emploi de Sainte-Geneviève- des-Bois. Il a été condamné à huit mois de prison dont quatre mois avec sursis.
Le 19 mars dernier, Mac doit participer à un atelier Santé organisé par l’organisme public, à 9 heures.
Il a posé une demi-journée de congé sans solde pour l’occasion. Problème sur la route, Mac est en retard, quarante-cinq minutes pour les uns, quinze selon lui. Il se voit refuser l’entrée de la réunion.
Discussions, négociations, suppliques, l’apprenti infirmier est finalement reçu par Guillaume C, l’un des responsables, qui lui répète qu’il est arrivé trop en retard. On lui propose même un nouveau rendez-vous en mai ou un accompagnement personnalisé… «Mais je voulais faire ce stage maintenant, parce que le concours d’école infirmière est en avril », raconte Mac.
« Frustré et incompris », il prévient Guillaume C « qu’il va souffrir » et lui envoie un coup de pied à la tempe gauche. L’attaque est puissante, le prévenu a longtemps pratiqué le taekwondo et l’aïkido. Le responsable tombe de son siège, avant d’être roué de coups. « J’ai cru que ma tête allait exploser. Il tapait comme sur un ballon », raconte-t-il à la barre, alors que les médecins lui ont reconnu quatorze jours d’incapacité temporaire totale. Avant de quitter les lieux, l’agresseur, sûr de son bon droit, aurait même lancé : « Vous pouvez porter plainte, vous avez mes coordonnées. Cela se réglera devant la justice. »
Cet « acharnement », selon la procureure qui requiert un an de prison dont six mois avec sursis, est rapporté par des témoins unanimes : « Il lui a sauté dessus à pieds joints », raconte une salariée de l’agence ; « je n’ai jamais vu une telle violence, j’en fais des cauchemars », confie une autre. Guillaume C, lui, avoue que sa vie a été bouleversée et ses enfants traumatisés. Il ne sait pas quand il aura le courage de retourner à son poste.
Mac reconnaît la gravité de ses actes mais précise qu’il venait de rompre avec la mère de sa fille de 1 an. « Il s’est rendu », souligne son avocat ; « mais après une traque de dix jours », rétorque la procureure. Voilà l’ultime détail d’un premier procès qui sera suivi d’un second, durant lequel les juges devront déterminer le préjudice économique subi par Pôle emploi. L’agence n’a en effet rouvert que jeudi dernier et les arrêts de travail se sont multipliés après l’agression.