Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

Publicité

1000 CDD de Pôle emploi ne seront pas remplacés.

gloup« Il est normal que Pôle emploi participe à la réduction des déficits publics »

Interview de Christian Charpy
 Les Echos du 8 juillet 2010
Les exigences d'économies posées par le gouvernement à Pôle emploi pour 2011 vous paraissent-elles réalistes ?

Nous pourrons compter, l'an prochain, sur le 1,36 milliard d'euros que les pouvoirs publics se sont engagés à nous verser dans la convention tripartite Pôle emploi-Etat-Unedic que nous avons conclue l'an dernier. En 2009, l'Etat n'a pas versé tout ce qu'il devait parce que nous n'avons pas consommé tous nos crédits. Il n'a pas l'intention de renouveler cette opération. Ceci dit, l'année 2011 sera consacrée à la réduction des déficits publics et Pôle emploi étant l'un des plus gros, sinon le plus gros opérateur public de l'Etat, il est normal qu'il y participe. La fusion commence à produire des synergies, notamment sur les frais de fonctionnement et en termes d'organisation des équipes. Cela nous permettra de nous passer en 2011 des moyens exceptionnels dont nous avons bénéficié cette année et qui ont consisté en 1.000 CDD supplémentaires. Par ailleurs, s'il y a moins de licenciements économiques, il y aura moins d'entrées en conventions de reclassement personnalisé, donc moins de besoin en personnel aussi sur cette mission.

Pour l'instant, l'évolution du chômage ne pousse pas à l'optimisme…

Avril et mai n'ont pas été bons. Il paraît difficile que juin corrige la mauvaise tendance du deuxième trimestre. Nous restons donc extrêmement prudents sur 2010. Comme chaque année, la rentrée de septembre va être compliquée. Nous allons mettre l'été à profit pour qu'il n'y ait pas de dossiers en instance et que tout le monde puisse être mobilisé à la rentrée sur la première priorité qui est de sécuriser les inscriptions et l'indemnisation. Cela dit, il ne faut pas céder au pessimisme. Même si la situation n'est pas stabilisée, les offres d'emploi reprennent. Sur les six premiers mois de l'année, grâce notamment au 39.95 et à l'organisation des forces de prospection en cours de finalisation, nous avons augmenté de 16 % le nombre d'offres d'emploi collectées. J'ai également demandé aux directeurs régionaux de mettre particulièrement l'accent sur les gros recruteurs qui ont peu de relations avec nous.

Où en est le plan Rebond pour l'emploi, qui doit concerner quelque 350.000 chômeurs en fin de droits en 2010 ?

Le dispositif est en place depuis le 1 er juin et nous avons ciblé en priorité les demandeurs d'emploi parvenus en fin de droits au cours du premier semestre. La montée en charge se fait progressivement. Déjà, plusieurs milliers de personnes peuvent bénéficier du plan Rebond.

Tout cela n'allège pas la charge de travail des agents de Pôle emploi. Où en êtes-vous sur ce point ?

Le nombre moyen de demandeurs d'emploi suivi par agent est de 95. Mais, souvent, les conseillers ont en charge un nombre de demandeurs d'emploi plus important. J'étais il y a quelques jours à Fougères, en Bretagne. Là, les agents peuvent gérer jusqu'à 120 personnes chacun. Nous travaillons sur l'adaptation des organisations pour permettre aux conseillers de faire face à cette charge. Nous avons déjà commencé à adapter le suivi mensuel des demandeurs d'emploi, qui se fait pour une partie des cas par téléphone. L'objectif en 2010 est de renforcer l'accueil personnalisé des chômeurs. Tous les demandeurs d'emploi n'ont pas besoin du même soutien. Pôle emploi doit se concentrer sur ceux qui en ont le plus besoin.

Vous allez « profiler » les chômeurs, comme le faisait l'ANPE ?

Précédemment, nous distinguions trois catégories en fonction de la distance à l'emploi. Mais ces outils étaient trop automatiques. Il ne s'agit pas non plus de faire une segmentation comportementaliste à l'australienne entre combatifs, actifs, passifs et résignés. Nous devons combiner trois critères : l'autonomie, la distance à l'emploi, le type de demandeur d'emploi (senior, jeune, diplômé…), afin de permettre au conseiller de déclencher des moyens d'accompagnement adaptés.

La restructuration du réseau avance-t-elle assez vite ?

Il y a deux sujets. D'abord, la mixité des équipes ex-ANPE et ex-Assedics. Elle est déjà largement réalisée. Ensuite, le chantier immobilier. Nous avons achevé au premier trimestre de 2010 la totalité du programme des sites mixtes. Il y en a désormais 907. Il nous faut maintenant aller au bout de la logique et les regrouper tous sur un seul lieu géographique. Près de 50 % sont déjà dans ce cas. Pour le reste, ce sont des opérations lourdes qui exigent une concertation avec le personnel et impliquent des opérations immobilières qui prennent du temps. A la fin de 2010, nous comptons arriver à 55-60 %. Nous nous sommes fixés comme échéance pour ce chantier la fin du premier semestre de 2012. Nous avons vécu en 2009 un calendrier difficile à tenir, nous devons nous fixer des échéances ambitieuses et réalistes.

Dans votre nouveau projet d'entreprise, que vous vous apprêtez à diffuser en interne, vous évoquez des agences Pôle emploi spécialisées. De quoi s'agit-il ?

Sur les intermittents du spectacle et pour les cadres, nous nous en tiendrons à l'existant. En revanche, nous avons l'intention de développer les implantations ciblées sur les licenciés économiques et les personnes ayant besoin d'un accompagnement renforcé.

Certains opérateurs privés vous appellent à annuler votre appel d'offres sur le reclassement des cadres, qu'ils estiment entaché d'erreurs. Qu'allez-vous faire ?

Le marché a été notifié cette semaine de telle sorte que les premiers cadres puissent être pris en charge dès les premiers jours de septembre.

PROPOS RECUEILLIS PAR  LEÏLA DE COMARMOND, Les Echos
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
<br /> Bonjour,<br /> agent recruté en CDD en idf pour exercer le métier de conseiller à l'emploi suite à Méthode de recrutement par simulation en juin 10, j'avoue ne pas bien comprendre ce qu'on attend de moi, de nous:<br /> bombardement d'infos tant sur le plan du placement que de l'indemnisation, avec une formation au total de 15 jours, sachant que les CDD recrutés à la précédente vague ne sont que très rarement<br /> rensouvelés...Bref, je vais devenir un vrai pro du chômage, et me faire jeter au bout des 7 mois, par manque d'enveloppe budgétaire, mais d'ici là des titulaires auront passé leur temps à me<br /> former, tout comme ils l'ont fait pour leurs anciens collègues CDD non renouvelés, ???<br /> Et puis pour la rigolade, j'ai passé 15 jours en agence pour me faire arracher de là et mettre sur une plateforme de saisie d'attestations employeurs avec d'autres pigeons fraichement recrutés en<br /> CDD. On y est normalement pendant deux mois et demi, à saisir toute la journée ces mêmes documents, mettant complètement entre parenthèses notre poste de conseiller, sans même avoir signé d'avenant<br /> à notre contrat de travail pour motif de changement radical de la fiche de poste!!! Et depuis quand on se tape un exam de trois heures pour un salaire de m...e, un CDD avec promesse de<br /> non-reconduction et finir agent technique de saisie de bordereaux?????<br /> <br /> <br />
Répondre
R
<br /> tabernacle, commentaire 5:<br /> <br /> Nous sommes sur un forum d'expression.<br /> <br /> D'expression libre.<br /> <br /> D'expression responsable.<br /> <br /> Soyons tous libre ET responsable dans nos propos.<br /> <br /> Merci pour ta comprehension.<br /> <br /> <br />
Répondre
I
<br /> Deux déclarations récentes de Christian Charpy, Directeur général de Pôle emploi, méritent une grande attention.<br /> <br /> L’une concerne le passé et est faite dans une déclaration AFP/Le point du 7 Juillet, sous le titre “Certains choix n’étaient pas forcément bons” .Elle mentionne en premier lieu l’impossibilté<br /> d’atteindre, avant au moins deux ou trois ans, les sites mixtes qui devaient être entièrement opérationnels dès cette année “il faudra deux à trois ans minimum pour régler l’ensemble des problèmes<br /> immobiliers”. Christian Charpy ne va pas au bout de l’analyse puisqu’il omet de mettre l’accent sur les pratiques auxquelles il a fallu avoir recours pour faire semblant d’avoir atteint cet<br /> objectif, et les contorsions pour afficher le site unique quand, dans la réalité, les salariés travaillent sur plusieurs sites, et n’admet pas que nombre de sites n’ont aujourd’hui de mixte que le<br /> nom.<br /> <br /> Il est ensuite affirmé “Quant à l’entretien unique d’inscription et à l’interlocuteur unique pour les chômeurs, qui étaient prévus “dans des délais très courts”, Pôle emploi a renoncé “à<br /> l’expérience” à la polyvalence totale des salariés issus de l’ANPE (accompagnement) et des Assedic (indemnisation),<br /> <br /> A l’usage, on s’est rendu compte qu’un certain nombre de choix initiaux n’étaient pas forcément les bons”, a-t-il ajouté, notant qu’”il n’y a pas un service public de l’emploi au monde fonctionnant<br /> avec une fusion totale des métiers”, même pas en Grande-Bretagne ou en Allemagne, mais qu’”en France, l’idée a couru un moment qu’on était capable de tout faire”. “A l’expérience, on constate que<br /> la polyvalence est extrêmement difficile à acquérir”, que “même si tous les agents sont extrêmement compétents (…) vous ne les rendez pas interchangeables” et qu’”il aurait fallu 20 jours de<br /> formation par agent pour plus de 40.000 agents”<br /> <br /> Il suffit de se reporter aux déclarations des uns et des autres pour voir que ce point de vue était défendu depuis l’origine par nombre d’acteurs, les organisations syndicales en premier lieu,<br /> certains politiques et beaucoup d’observateurs, et que seuls le gouvernement et le directeur général de Pôle emploi, devenu aujourd’hui réaliste, affirmaient que la polyvalence était possible.<br /> Parler de “bruit qui court” pour ce point de vue est plus qu’un euphémisme Le Président de la République a même affirmé en Septembre 2009 “Aujourd’hui un chômeur a un interlocuteur, qui indemnise,<br /> conseille et place”. Qualifier les propos publics du Président de la République de ” bruit qui court“, c’est, pour le moins , fort de café !<br /> <br /> Mieux vaut une lucidité tardive que de perséverer dans l’erreur. Mais si cette lucidité n’est pas accompagné d’une analyse des causes qui ont conduit à commettre ces erreurs, le risque est grand de<br /> commetre les mêmes à l’avenir. Il est vrai qu’il est difficile pour le directeur général de Pôle emploi de dire que la cause principale des choix reconnus aujourd’hui comme erronés, tient dans la<br /> volonté sana partage du politique de dicter le rythme de la fusion, sans tenir aucun compte de la complexité de l’opération, ni de la contrainte supplémentaire qu’apportait l’augmentation très<br /> forte du nombre de “clients”.<br /> <br /> <br /> La deuxième déclaration du même, pratiquement concomitante, concerne l’avenir et est contenue dans une interview aux Echos, sous le titre « Il est normal que Pôle emploi participe à la réduction<br /> des déficits publics » Interrogé sur la charge de travail des salariés de Pôle emploi, il répond « les agents peuvent gérer jusqu’à 120 personnes chacun. Nous travaillons sur l’adaptation des<br /> organisations pour permettre aux conseillers de faire face à cette charge »<br /> <br /> Cette déclaration traduit, clairement, le renoncement à l’objectif annoncé, fortement, au moment du débat sur la fusion, d’un conseiller pour 50/60 demandeurs d’emploi, présenté alors comme la<br /> condition de l’efficacité de la fusion dans son travail d’accompagnement des demandeurs vers le ertour à l’emploi. C’est dans l’adaptation des organisations que réside la solution, pas dans la<br /> réduction de la taille des portefeuilles.<br /> <br /> Ce changement de cap mérite meiux qu’une affirmation au détour d’une phrase. Le fait que le Directeur général puisse affirmer une évolution aussi importante de la conception même de l’institution<br /> de sa propre intiative met en évidence l’autre défaut du système, la transformation du Conseil d’administration de Pôle emploi en simple chambre d’enregistrement des volontés gouvernementales<br /> relayées par le zélé Directeur général.<br /> <br /> Gageons que d’ici quelque temps celui-ci analysera lucidement les faiblesses de cette orientation, et mettra l’accent sur la nécessité de remettre la relation entre le consiller et le demandeur au<br /> coeur du métier de Pôle emploi. A moins qu’il ait servi de fusible, faute d’avoir su se positionner comme l’homme du dialogue entre le Conseil d’administration et l’Etat.<br /> <br /> Il ne sert à rien d’être lucide a posteriori si l’on reproduit les mêmes erreurs. C’est pourtant ce que Christain Charpy est en train de faire.<br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> Pour rapprocher deux déclarations de Christian Charpy lire "Christian Charpy lucide sur le passé, inquiétant pour l’avenir" sur<br /> http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/2010/07/09/christian-charpy-lucide-sur-le-passe-inquietant-pour-lavenir/#more-466<br /> <br /> <br />
Répondre
G
<br /> Le pauvre garçon ou la pauvre fille qui usurpe l'identité de "LedieuDesNains" est pitoyable. Comme part hasard il se sert de celui dont les arguments sont les plus pertinents et les plus difficiles<br /> à contrer. Lamentable...<br /> <br /> <br />
Répondre