"La fusion pour les nuls" fête ses 6 mois d'existence
31.01.2009
…
Par La fusion assedic-anpe pour les nuls
Interview exclusive de Noèle Obalkhon et Paco Thyzon
par Pépé Déhat, grand reporter à la Gazette de Trüchtersheim-sur-Mer
Pépé Déhat : Bonjour Noèle, bonjour Paco. Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. « La fusion pour les nuls » existe maintenant depuis 6 mois : quel bilan tirez-vous de cette aventure ? Et pour commencer : quelle est aujourd’hui votre audience ?
Noèle O : Nous n’avons pas, comme vous autres journalistes, l’œil rivé sur l’audimat. Mais de ce point de vue, le succès a dépassé nos espérances. Nous avons enregistré, pour le seul mois de janvier, 32 322 connections. C’est à dire que notre site accueille chaque jour environ un millier de visiteurs.
Paco T : Ce qui est remarquable quand on observe quotidiennement les statistiques d’audience, c’est que le pouls du site bat au rythme de Pôle emploi. Il y a eu un pic d’audience entre le 15 et le 20 octobre, au moment du dévoilement du nom et du logo de la nouvelle institution, ensuite un pic le 1er décembre pour la grève anpe, puis le 19 décembre jour de la création juridique de Pôle emploi, et enfin les 5 et 29 janvier. Le site est un indicateur très sensible de l’état d’esprit du personnel.
Pépé Dehat : Peut-on savoir qui sont les visiteurs, ou au moins quel est leur profil type ?
Paco T : Oui : il est clair que l’immense majorité des visiteurs est constituée d’agents de Pôle emploi. Le site fonctionne en fait comme un intranet, et c’est d’ailleurs sa vocation première. Mais c’est un intranet ouvert sur la Toile. On y rencontre peu de chômeurs, mais plutôt des journalistes et des personnes intéressées par le monde de l’insertion professionnelle. Parfois l’audience s’élargit brusquement, l’espace d’une journée, quand le site est cité dans les colonnes d’un journal national : Le Monde, Les Echos, etc…
Pépé Déhat : Pour revenir à la fonction intranet, le site est-il visité aussi bien par des ex-assédic que des ex-anpe ?
Noèle O : Oui. Et c’est pour nous une réussite essentielle. La première originalité de "la fusion pour les nuls", c’est que c’est un site mixte où les salariés des deux institutions sont traités sur un pied d’égalité. On nous l’a d’ailleurs beaucoup reproché au départ. Des commentaires féroces, de part et d’autres, nous reprochaient de faire le jeu de la Direction Générale, pour faire avaler la pilule amère de la fusion.
Pépé Déhat : Justement, certains se demandent quelle sont vos intentions politiques, et comment vous vous situez par rapport à la DG, par rapport aux syndicats …
Noèle O : Ceux qui se posent ces questions font en réalité une confusion : ce site n’est pas une tribune politique ou syndicale ; ce n’est même pas un journal d’opinion. Notre ambition est d’informer, de permettre à chacun de se faire sa propre opinion, et d’en débattre avec les collègues.
Paco T : Notre seule base politique, c’est, je dirais, un certaine idée de la solidarité, qui permet de discerner les choses essentielles et de dépasser les inévitables tensions, quand se mélangent des cultures professionnelles aussi éloignées l’une de l’autre. Heureusement, il y a l’humour, qui aide à surmonter pas mal de difficultés !
Pépé Déhat : Quels sont vos rapports avec les syndicats ?
Noèle O : « La fusion pour les nuls » n’a pas vocation à concurrencer les sites syndicaux. Il y a déjà 9 syndicats dans Pôle emploi, inutile d’en créer un dixième ! Mais nous ne sommes pas non plus le site des non-syndiqués. Nous respectons les syndicats, tous les syndicats sans exception. Nous ne reproduisons que les appels unitaires. Quand l’intersyndicale est coupée en deux, comme le 8 janvier, nous reproduisons côte à côte les deux appels. Des collègues qui défendent les valeurs d’humanisme et de solidarité, il y en a dans tous les syndicats, et aussi parmi les non-syndiqués.
Pépé Déhat : On observe sur le site des commentaires très acides vis à vis des collègues de l’autre institution. Vous intervenez rarement dans les commentaires. Pourquoi ?
Noèle O : Oui, nous avons fait le choix d’intervenir le moins possible, et de laisser une totale liberté d’expression aux lecteurs, même quand parfois ils racontent de grosses bêtises.
Paco T : Et il en a, de grosses bêtises, dans les commentaires ! Quand je lis des jugements péremptoires, voire méprisants, vis à vis des ex-assédic, j’ai envie de bondir. Et Noèle, de son côté, est tentée d’intervenir quand elle lit des énormités vis à vis des ex-anpe. Mais bon ! tout ceci finit par s’équilibrer. C’est ce que nous allons tous vivre dans les sites mixtes de Pôle emploi : au début beaucoup d’incompréhension, et puis, progressivement, une nouvelle culture va se forger et de nouvelles solidarités. C’est ça qui sera intéressant à observer.
Pépé Déhat : Beaucoup se demandent pourquoi vous restez anonymes, et voudraient savoir qui vous êtes réellement.
Noèle O : Nous tenons absolument à rester anonymes. Et ceci pour plusieurs raisons. L’anonymat nous garantit une liberté d’expression. Liberté vis à vis de la Direction, bien sûr, mais aussi vis à vis de tous les groupes de pression, et même des simples collègues qui chercheraient à nous instrumentaliser. Mais il y a plus : notre anonymat garantit l’anonymat du lecteur et de celui qui souhaite faire des commentaires. C’est un phénomène bien connu dans le domaine des nouvelles technologies de l'information: l’anonymat réciproque incite à se confier d’avantage. Par exemple il y a des cadres de Pôle emploi, parfois à un niveau assez élevé, qui sont très amusés par la liberté de ton de « la fusion pour les nuls ». Sous couvert d’un pseudonyme ils acceptent de se confier à Noèle Obalkhon et Paco Thyzon, parce qu’ils savent que l’anonymat sera absolument respecté de part et d’autre.
Paco T : C’est la même chose pour les syndicalistes. Certains acceptent de nous donner des informations très rapides, par exemple sur les négociations en cours, parce qu’ils nous font confiance sur ce point.
Pépé Déhat : Vos articles sont toujours très documentés, et renvoient souvent à des textes assez austères. Pourquoi ce choix ?
Noèle O : C’est pour nous une exigence essentielle. Comme je l’ai dit auparavant, notre site n’est pas un média d’opinion. Nous ne cherchons pas à propager des « coups de gueule » ou des billets d’humeur. Simplement des informations. Et il se trouve que l’internet est un média redoutable pour propager toutes sortes de rumeurs, même les plus fantaisistes. C’est pourquoi nous nous sommes fixés une règle absolue : étayer toutes nos informations par des sources vérifiables.
Pépé Déhat : Pour terminer cette interview, une question plus personnelle. Vous êtes ensemble sur le site ; l’êtes-vous aussi à la ville ?
Paco T : Non (rires), nous ne sommes que de bons camarades, et désormais collègues. Mais nos conjoints respectifs sont très jaloux … du temps que nous passons ensemble pour la rédaction des articles. Car mine de rien, ce temps est considérable.
Noèle O : Votre question est intéressante d’une manière plus générale : avec la mixité des équipes, il y aura forcément des histoires d’amour, des couples assédic-anpe qui vont peut-être se marier et faire des enfants ensemble. Il parait que la rencontre sur le lieu de travail est la cause la plus fréquente de mariage …
Pépé Déhat : Oui, le taux de mariages mixtes est d’ailleurs un indicateur intéressant à observer dans tous les mélanges de population. Notre journal « La Gazette de Trüchtersheim-sur-Mer » se fera un plaisir d’annoncer le premier mariage d’amour entre une ex-anpe et un ex-assédic. Merci Noèle et merci Paco d’avoir répondu à nos questions.
merci à vous deux pour ce site!<br />
et pour les grincheux qui vous imaginent instrument de la DG (!!!) ou d'un syndicat ou d'un autre : <br />
personne les oblige à consulter le site.<br />
<br />
qu'ils nous laissent bavarder - s'écharper, dialoguer, vitupérer, s'émouvoir, se fâcher, se questionner, se découvrir - à notre aise!
Je pensais voir une carpe à la place du chat. Vous pouviez même mettre un gros thon en guise de poisson pour rimer avec vos noms empruntés. Le thon symboliserait aussi le gros poisson qui aiguise le palais notamment celui de l'Élysée (sic !)
Bon 1/2 anniversaire...<br />
Moi aussi j'aime beaucoup la photo en bas de l'interview : J'y vois une allégorie du comité de direction de mon établissement... né à la suite de ce mariage improbable de nos 2 maisons dont les témoins en seraient nos cadres très supérieurs qui tentent afficher au quotidien une belle unicité de ton et de pensée, augmentée d'un optimisme forcené en l'avenir de Pôle Emploi aussi crédible que les prévisions de croissance de Madame Christine LAGARDE...("je vais bien... tout va bien...") ; <br />
"Pôle Emploi... une chance pour les usagers, pour ses employés, pour la France, l'Europe peut être, pour les petits, les grands, les gros et les filiformes, les noirs, les blancs et les pastels, les déjà chômeurs, les bientôt clients... Forcément plus efficace, plus économique, plus performant, puisqu'"IL" l'a voulu ainsi, celui qu'on ne nomme pas mais dont l'omniprésence est comme la torche qui nous guide au sein de l'obscurité pour nous mener vers le monde merveilleux du plein emploi..."<br />
"Gégé... Tu m'en remets un ste plait ?"
Joyeux NON anniversaire auraient dit les copains d'Alice( en références à celle de Lewis Carroll et pas de l'intranet, arf!!!)<br />
J'adore aussi la photo...le chat et les lapins, les NON couleurs, l'unité du félidé, la multitude des léporidés (merci WIKI)...qui est qui et inversement...un abyme s'ouvre sous mes petits pas...<br />
Merci encore pr tout...