La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

Ce sont finalement 920 personnes, pour l'essentiel des psychologues, qui vont quitter l'Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) pour rejoindre Pôle emploi, indique un rapport réalisé par les directeurs de l'AFPA et de Pôle emploi, Philippe Caïla et Christian Charpy, transmis aux partenaires sociaux vendredi 3 avril. Il sera présenté au comité central d'entreprise et au bureau de l'AFPA, les 8 et 9 avril.
Avec le départ de trois quarts de ses psychologues - quelque 300 resteraient salariés de l'AFPA -, sur près de 12 000 salariés au total, c'est un risque de "démantèlement", disent les syndicats. CFDT, CFTC, CGT, FO et SUD (à l'exception de la CFE-CGC) appellent à une journée d'action le 8 avril.
La loi sur le service public de l'emploi du 14 février 2008, en confiant la mission d'orientation au nouvel organisme, Pôle emploi, ouvrait la voie à cette perspective. Le rapport précise que ce "transfert de l'activité d'orientation des demandeurs d'emploi" devra se faire au cours du premier semestre 2010 ; "le 1er avril serait raisonnable pour un transfert effectif", a indiqué au Monde M. Caïla.
Si ce transfert est acquis et doit figurer dans le projet de loi sur la formation professionnelle qui doit être présenté en conseil des ministres le 22 avril, les questions restent nombreuses. La mission des psychologues à Pôle emploi et les modalités de leur intégration doivent encore être définies. Le rapport précise qu'"il conviendra de sauvegarder l'identité professionnelle des psychologues du travail". M. Caïla insiste sur le fait que pour les personnes transférées, "il n'y aura aucune perte par rapport au salaire net annuel et que leur ancienneté sera conservée".
"Comment peut-on garantir quoi que ce soit alors que la convention collective de Pôle emploi n'est pas rédigée et que la fusion entre l'ANPE et les Assédic se passe déjà mal, sur fond d'explosion du chômage ?" s'inquiète le responsable CGT de l'AFPA, Jacques Coudsi.
"MARCHÉ OUVERT"
Autres problèmes, quel est l'avenir de l'AFPA et sur quelle base va-t-elle sélectionner les 300 psychologues qui resteront en son sein ? "Nous les recruterons en faisant appel à candidatures, dit M. Caïla. Nous en avons besoin parce que l'AFPA garde un rôle d'orientation et devra montrer sa compétence sur un marché ouvert."
M. Coudsi craint, lui, la "mise en coucurrence" des salariés. Il y avait, dit-il, d'autres solutions comme la mise en place d'une filiale, à l'image de ce qui se fait pour le contrat de transition professionnelle. "Cela marche très bien pour le CTP, avec l'AFPA et Pôle emploi ensemble, pourquoi ne reprenons-nous pas ce modèle ?" demande-t-il. Un scénario balayé en quatre lignes par le rapport.