La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
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Inscrite dans le programme de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007, la fusion de l’ANPE et de l’Unédic est finalement ramenée, après étude, à la fusion de l’ANPE et des antennes Assédic. L’organisme gestionnaire de l’assurance chômage, l’Unédic conserve donc ses prérogatives et son fonctionnement paritaire.
A l’automne 2007, dans le plan initial, tout semble simple et beau. Les chiffres tombent juste, on va passer de soixante chômeurs suivis par agent (ils sont en réalité une centaine à cette période) à trente, et la ministre de l’Economie se voit généreusement accorder quinze jours (sic) par l’Elysée pour proposer un projet valable. Celui-ci sera présenté en Conseil des Ministres le 6 décembre 2007.
Le texte est tout d’abord adopté en première lecture par le Sénat, après déclaration d’urgence, le 10 janvier. A l’Assemblée Nationale, les débats de janvier 2008 reflètent la grande valse-hésitation qui agite les responsables d’un projet bâclé qui est entériné le 23 janvier. C’est finalement le 13 février qu’est promulguée la loi de « réforme de l’organisation du service public de l’emploi ».
Les négociations entre les syndicats des deux organismes et les dirigeants de ceux-ci peuvent alors débuter, à peine interrompus par la nomination du jeune (32 ans) secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, le 18 mars.
Puis, le 28 avril, trois ans après son arrivée comme DG de l’ANPE, Christian Charpy est nommé à la tête de la nouvelle institution qui n’a encore ni nom, ni logo, ni statut…
Le 22 mai, c’est le rapport de l’IGAS (ou rapport Boulanger) qui est remis à la Ministre de l’Economie et le 19 juin, le secrétaire d’Etat à l’Emploi est auditionné par la commission des Affaires Sociales du Sénat.
Le 11 juin survient l’invention des chercheurs d’ORE (l’Offre Raisonnable d’Emploi), qui définit les contraintes à accepter sous peine d’être radié : ne pas refuser plus de deux fois une offre (même en CDD) se situant à trente kilomètres ou une heure de route maxi.
Un rapport rédigé par le secrétaire d’Etat Eric Besson est remis le 16 juillet, comparant les services publics de différents pays d’Europe. Il préconise le respect des différents métiers pratiqués au sein d’une même institution, mais ne sera pas entendu.
En août, le nom « Pôle emploi » est une première fois proposé, mais Bercy refuse : trop strict, pas assez dynamique. « Noé » doit alors être proposé le 9 septembre lors du conseil d’administration de la « Nouvelle Institution », mais le choix d’un nom définitif est repoussé sur injonction présidentielle !
C’est finalement le 16 octobre que le nom « Pôle emploi » est validé (moyennant une facture de plusieurs centaines de milliers d’euros), mais toujours sans logo !
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A Rethel (Ardennes), Sarkozy dévoile le très « bleu-blanc-rouge » logo ce 28 octobre. Ce logo sera d’ailleurs redessiné un peu plus tard, dans le plus grand secret (et moyennant un supplément), la première version ayant été jugée quelque peu bâclée.
Le 18 novembre, les instances représentatives du personnel sont convoquées par la DG pour entamer la discussion sur l’avenir de Pôle emploi, mais sans aucun document préalable… L’ensemble des syndicats quitte alors la table des négociations.
Avant les fêtes de fin d’année, les choses s’accélèrent : Pôle emploi naît officiellement le 19 décembre, date de la tenue de son premier conseil d’administration. Son DG prend ainsi de court les syndicats et fait valider par quatre (sur sept) d’entre eux, minoritaires en voix, deux accords sur la représentativité et les RH.
Toute l’année 2008 s’est déroulée sur le thème de l’improvisation, de l’essai-erreur et des bricolages aux conséquences à long terme. Depuis la présentation au Sénat après « déclaration d’urgence », jusqu’aux accords truffés d’erreurs et semblant rédigés sur un coin de nappe, l’institution chargée de l’accompagnement et de l’indemnisation des chômeurs, qui devait être exemplaire et solide, se révèle fragile et mal conçue.
De plus, le dernier trimestre a vu poindre la crise financière qui se mue désormais en crise économique et sociale. L’année 2009 est ainsi entamée par Pôle emploi dans les pires des conditions.
A suivre…
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