La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
L'année dernière, le gouvernement promettait que la fusion entre l'ANPE et les Assedic permettrait aux conseillers de Pôle emploi, l'organisme issu de cette fusion, de n'accompagner que 60 chômeurs chacun. Aujourd'hui, on en est bien loin: chaque agent suit une centaine de demandeurs d'emploi selon les chiffres officiels, 140 selon les syndicats, et même 300 dans certaines agences.
En cause, notamment, l'explosion du chômage (+ 300 000 chômeurs attendus sur l'année 2009). A quoi s'ajoutera, dans les mois à venir, un nouvel afflux de chômeurs lié à la généralisation du revenu de solidarité active (RSA), le 1er juin prochain: les allocataires du RSA auront en effet l'obligation de s'inscrire à Pôle emploi, ce qui n'était pas le cas des allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI).
Mais les problèmes de sous-effectifs ont aussi été aggravés par une mauvaise gestion de la fusion. La création de Pôle emploi supposait en effet que les ex-agents de l'ANPE soient formés aux métiers des Assedic (qui s'occupaient de l'indemnisation des chômeurs) et les ex-Assedic aux métiers de l'ANPE (qui gérait le placement et l'accompagnement), chaque conseiller étant désormais supposé s'occuper de toutes ces tâches à la fois. Or les formations sont proposées dans une version light qui ne permet pas aux agents d'acquérir les compétences suffisantes pour être immédiatement efficaces. Par ailleurs, les départs en formation n'ayant pas été assez anticipés, beaucoup d'agents doivent encore s'absenter pour être formés, aggravant les pénuries de conseillers. D'où un fort mécontentement des demandeurs d'emploi face à l'indisponibilité des agents.
Face à cette situation, le gouvernement a promis la création de 1 840 postes à Pôle emploi. Mais, d'une part, ces agents ne devraient pas être opérationnels avant six mois. D'autre part, ce nombre est considéré comme insuffisant dans la conjoncture actuelle. Ce qui laisse présager le pire, à la fois pour les conditions de travail des agents et pour la qualité du suivi offert aux chômeurs.