La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Grève - Bataille rangée au Pôle emploi
Alors que les chiffres du chômage explosent, les règlements de comptes fusent au Pôle emploi. Christian Charpy, directeur général de l’institution, a répondu hier à Alain Lecanu, qui avait ouvertement réclamé sa démission mercredi, dans un entretien au quotidien économique Les Echos.
Il a notamment souligné que sa nomination pour trois ans par le président Nicolas Sarkozy avait recueilli l’avis favorable du conseil d’administration. « Le chômage augmente depuis quasiment un an, du fait de la crise la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », se dédouane de surcroît l’ancien dirigeant de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE).
Représentant la CFE-CGC au conseil d’administration du Pôle emploi, Alain Lecanu avait accusé Christian Charpy de « fonctionner en cercle fermé » et de « prendre ses ordres directement du gouvernement », ou plus clairement, du président Sarkoy, et du secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez, qui lui a exprimé mercredi à l’Assemblée nationale « toute la confiance du gouvernement ».
Une affirmation partagée par Noël Daucé, responsable de la Fédération syndicale unitaire (FSU). « Charpy est à la barre, mais ce sont Wauquiez et Sarkozy les vrais patrons », affirme-t-il. Le syndicaliste ne réclame donc pas la tête de son directeur, réduit selon lui au rôle de simple exécutant.
« Le Pôle emploi est tellement instrumentalisé que lui ou un autre, ça ne changerait rien », déclare-t-il, résigné. La FSU, accompagnée de la CGT et de SUD, ne reste pas inactive pour autant. Afin de se faire entendre, les trois syndicats lancent un appel à la grève pour le 18 juin. Ils dénoncent à la fois des conditions d’accueil pour les usagers, et de travail pour les salariés.
« Nous souhaitons que la ministre Christine Lagarde tienne ses engagements, à savoir un conseiller pour 60 chômeurs, explique Noël Daucé. Aujourd’hui, nous sommes plus proches d’un conseilleur pour 200 à 300 demandeurs d’emploi. »
Mercredi, Christian Charpy a annoncé la création de 500 postes supplémentaires, répartis dans les plates-formes téléphoniques régionales qui seront lancées à la rentrée. Le 3949, numéro du Pôle emploi, est régulièrement la cible des critiques en raison des difficultés que rencontrent les utilisateurs pour entrer en contact avec un conseiller.
« C’est une machine à refouler les chômeurs », s’exclame Noël Daucé, partisan d’un contact « physique », et « direct », avec les demandeurs d’emploi.
Les syndicats dénoncent en outre une « stigmatisation des étrangers ». Selon Noël Daucé, « le personnel du Pôle emploi est actuellement amené à contrôler les papiers des demandeurs d’emploi, et éventuellement à tenir la préfecture au courant des situations irrégulières ».Un rôle « d’auxiliaires de police » que le personnel se refuse à jouer.
Selon des chiffres publiés hier par l’INSEE, l’économie française a détruit près de deux fois plus d’emplois salariés dans le privé au premier trimestre 2009 que sur l’ensemble de l’année 2008, avec une perte nette de 187.800 postes.
L’intersyndicale réclame donc des mesures d’urgence, afin d’éviter que l’automne ne se transforme en « cataclysme social ».