La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Du rififi au Pôle emploi: Christian Charpy est dans l'oeil du cycloneChristian Charpy est dans l'oeil du cyclone. Le directeur général de Pôle emploi, organisme issu de la fusion ANPE-Assedic , a été attaqué hier par un des administrateur de l'organisme. Alain Lecanu, représentant la CFE-CGC au conseil d'administration de Pôle emploi, a en effet déclaré hier aux Echos qu'il était "grand temps de donner un second souffle à la fusion et de changer de directeur général". La nomination de Christian Charpy en 2008 avait déjà suscité des critiques, notamment après un rapport de la Cour des comptes épinglant la dérive des rémunérations des dirigeants de l'ANPE ces dernières années.
Soutiens
Le président du conseil d'administration Dominique-Jean Chertier est venu hier au secours de Christian Charpy. "Ce n'est pas en attaquant ou changeant les personnes qu'on règle les problèmes de fonctionnement", a-t-il expliqué hier. Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, a exprimé hier "toute la confiance du gouvernement" à Christian Charpy, qui est lui-aussi sorti de sa réserve : "Alain Lecanu avait été contre ma nomination, donc il est cohérent", a-t-il déclaré hier.
Mue difficile
Côté syndical, si on veut par stigmatiser sur la personne de Christian Charpy, les doléances sont importantes. "C'est un peu facile de faire porter le chapeau à Christian Charpy, explique Jean-Charles Steyger, du SNU Pôle emploi. Mais il faut dire que depuis six mois, les choses se sont dégradées : le nombre de demandeurs d'emploi a explosé, pendant que la pression sur les publics s'accentue, avec notamment la mise en place de l'offre raisonnable d'emploi. De plus, il y a des sites qui vont être fusionnés ou tout simplement fermés, alors que sur les 1 800 postes supplémentaires promis, 600 seront des remplacements de départs en retraite, et 1000 autres seront en CDD pour les licenciements économiques ! Tout cela nous amène à demander un moratoire sur la fusion ANPE-Assedic." Les syndicats appellent donc à une journée de grève unitaire le 18 juin prochain. "Qui sera reconductible à la rentrée", prévient Jean-Charles Steyger.