La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Pôle emploi dévoile son "plan de bataille" pour la rentréeLe gouvernement et le service public de l'emploi ont présenté un "plan de bataille" qui prévoit notamment un recours accru à des opérateurs privés en prévision d'une vague d'inscriptions au chômage en septembre.
Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, et les dirigeants de Pôle emploi ont une nouvelle fois vanté les mérites de la fusion de l'ex-ANPE et des Assedic et assuré que l'objectif de 100% de sites mixtes serait atteint à la fin 2009.
Le nombre de demandeurs d'emplois inscrits en catégorie A - sans emploi et faisant des actes positifs de recherche - a augmenté de 36.400 en mai pour dépasser les 2,5 millions.
Cette hausse, de 1,5%, était moins forte que les mois précédents mais les autorités redoutent une nouvelle flambée à la rentrée avec l'arrivée de jeunes sur le marché du travail.
D'une moyenne de 20.000 ou 30.000 dossiers à traiter par jour, Pôle emploi craint de passer à 35.000 tandis que le nombre de personnes qui se rendent dans ses agences pourrait atteindre les 120.000 par jour.
"On sait très bien que quand ça redémarrera en septembre on risque de ravoir une vague importante", a déclaré Laurent Wauquiez lors d'une conférence de presse.
ACCOMPAGNEMENT EXTERNE POUR 320.000 CHÔMEURS
Pour y faire face, le secrétaire d'Etat a fixé quatre priorités au service public de l'emploi.
Il s'agit d'avoir au 1er septembre zéro dossier en instance au-delà de ce qui est traité par jour, de faire passer le taux de réponse de la plateforme téléphonique 3949 à 100% fin octobre au lieu de 70% actuellement, d'améliorer la relation avec les entreprises et de renforcer les outils pour les demandeurs d'emploi, avec notamment une offre de formation mieux adaptée.
Question moyens, le service public met en avant la poursuite des gains de productivité liés à la fusion, l'arrivée de 1.840 nouveaux agents qui seront opérationnels fin août et la formation de 16.500 personnes comme conseillers à l'emploi.
"Nous aurons atteint sans problème l'objectif de 20.000 personnes formées à la fin de l'année," a souligné Christian Charpy , directeur général de Pôle emploi.
Mais cet effort interne ne suffit pas et Pôle emploi a obtenu en conséquence de pouvoir faire appel à des prestataires extérieurs pour l'accompagnement de 320.000 demandeurs d'emplois sur deux ans, répartis en deux lots principaux et déclinés ensuite par bassin d'emploi.
Le premier lot concernera 150.000 licenciés économiques et le second 170.000 autres chômeurs susceptibles de sombrer dans le chômage de longue durée, c'est-à-dire de plus d'un an.
Les opérateurs privés se partageront un budget de 100 millions d'euros cette année et qui pourrait atteindre les 200 millions les années suivantes, selon Les Echos de mardi.
Les résultats de l'appel d'offres seront connus d'ici la fin de la semaine prochaine.
"TOUT LE MONDE SUR LE PONT"
"On a une crise d'une très grande ampleur, on s'illusionne si on compte uniquement sur nos propres forces," a expliqué Laurent Wauquiez à la presse. "Il n'y a aucune piste qui est une solution miracle mais aucune piste n'est à négliger."
Ce n'est pas la première fois que le service public noue un partenariat avec le privé mais cela ne s'était encore jamais vu à cette échelle. De nouvelles formes de coopération sont en outre envisagées, comme le "prêt" à Pôle emploi de conseillers d'agences d'intérim menacés de licenciement - une proposition du syndicat CFDT accueillie favorablement par le secrétaire d'Etat.
Pôle emploi a connu quatre grèves depuis la création de la nouvelle structure le 5 janvier, et l'un des membres de son conseil d'administration, Alain Lecanu, représentant de la CGC, a réclamé en juin le départ de Christian Charpy.
Laurent Wauquiez a exprimé "tout son soutien" au directeur général et assuré que l'heure était à la mobilisation. "Tout le monde a conscience qu'on a un devoir de travail en équipe, qu'on tire tous dans la même direction. Il y a eu une bascule, maintenant tout le monde est sur le pont," a-t-il dit.
Le nouveau service public de l'emploi compte actuellement 200 sites mixtes, c'est-à-dire qui traitent à la fois l'indemnisation et le placement des demandeurs d'emploi.
Laurent Wauquiez a promis que ce regroupement, qui a pris un peu de retard, serait achevé d'ici à la fin 2009 avec 900 à 950 agences proposant des services intégrés.