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La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

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Pôle emploi chez les Slovaques.


Un reportage déprimant du journal Le Monde dans un "pôle emploi" slovaque

LE MONDE du 02.08.09

Le spectre du retour du chômage de masse hante la Slovaquie


Dans les couloirs du bureau de l'emploi de Rimavska Sobota 
, l'humeur est sombre. Le panneau où sont affichées les offres d'emploi locales est clairsemé et les demandeurs venus pointer pour toucher leurs allocations, ou au moins conserver leur couverture médicale, y jettent à peine un oeil. "Pourquoi faire ? Il n'y a aucune offre valable", lance Jozko, un gaillard de 45 ans. Il n'y a en effet qu'une quinzaine d'offres affichées, pour 13 000 chômeurs inscrits dans la région.


Depuis plusieurs années, Jozko travaillait à la belle saison sur des chantiers à Bratislava ou en République tchèque. "Cette année, mon patron m'a dit qu'il n'avait rien pour moi. J'espère toujours qu'il m'appellera. Je partirai là où il veut", soupire Jozko.

La région de Rimavska Sobota, à 265 km à l'est de la capitale, Bratislava, détient traditionnellement le record national du chômage, mais n'avait jamais atteint, comme en ce début d'été, de pareils chiffres : 32,2 %, contre près de 12 % en Slovaquie. Cette année de crise a effacé les quatre dernières années d'embellie sur le marché de l'emploi slovaque. La situation est particulièrement préoccupante dans les "vallées de la faim" du centre de la Slovaquie. C'est ainsi que les Slovaques désignent depuis quinze ans les départements mitoyens de Rimavska Sobota, Velky Krtis,  Revuca et de Roznava, des vallées peu industrialisées et agricoles. Dans ces départements, logés à la même enseigne depuis la chute du communisme, entre un quart et un tiers de la population sont au chômage depuis juin.


L'HIVER SERA DUR"


 "Avec l'été, les emplois saisonniers dans le reste du pays ou à l'étranger permettaient aux familles de se refaire une santé financière", raconte Dana Cochova,
responsable de la politique de l'emploi au bureau. "Cette année, très peu de nos chômeurs ont été rappelés par leurs employeurs traditionnels ou les agences d'intérim. L'automne et l'hiver seront très rudes lorsque les indemnités chômage cesseront de leur être versées et qu'ils ne percevront plus que les minima sociaux", reconnaît-elle.


Le spectre du chômage de masse que le pays a connu dans les années 1990 (jusqu'à 17 %) hante les dirigeants politiques. Avec un recul de 24 % de la production industrielle au premier trimestre (plus de 40 % dans l'automobile, principal secteur du pays) et de 10 % du bâtiment, l'économie du "tigre slovaque", qui croissait encore de 9 % en 2007, est en panne. Si la croissance interne des années 2000 a permis de résorber le chômage (à peine 7 % fin 2008), le dynamisme des pays voisins, mais aussi occidentaux où beaucoup de Slovaques étaient partis travailler, avait aussi contribué à sa résorption. Or la situation en République tchèque et en Hongrie est telle que des dizaines de milliers de Slovaques, depuis le début de l'année, rentrent ou restent au pays, essentiellement dans la moitié est.

Malgré les nombreux investissements étrangers réalisés en dix ans, les régions du centre et de l'est n'ont guère profité du boom économique du début du siècle. A Rimavska Sobota, qui fut un centre important de l'agroalimentaire, la plupart des usines ont fermé leurs portes, dont en avril, sa laiterie. Même sa fierté, la boucherie-charcuterie industrielle slovaque Taurus a dû licencier plus de cent personnes. Payés en euros depuis janvier, les Slovaques ont pris l'habitude de faire leurs courses en Hongrie, en Pologne ou en République tchèque où tout est moins cher, plongeant ainsi dans la tourmente leur industrie agroalimentaire.

L'arrivée, en 2008, du fabriquant coréen Sewon, qui emploie 500 salariés et produit des faisceaux de câble pour l'automobile à Rimavska Sobota, n'a pas changé la donne. Avec le soutien du gouvernement, il a été le premier investisseur à s'aventurer dans ces vallées enclavées.

 "Le faible niveau de qualification de la majorité de la population est un obstacle pour attirer des industries plus élaborées, dit Mme Cochova. Les gens d'ici ne rechignent pas à la tâche mais il faut les former."

Le bureau du travail a mis en place des formations grâce aux aides du gouvernement et du fonds social européen. "Nous avons préparé une quarantaine de chômeurs à l'assistance à la personne avec des cours d'allemand - ils pourront aller travailler en Autriche -, ainsi que quarante soudeurs et des bûcherons. C'est peut-être une goutte d'eau face aux 13 000 chômeurs inscrits, mais nous ne pouvons former des gens que s'il y a un emploi à la clé", constate, impuissante, Mme Cochova.


Martin Plichta
 
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