La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Après l'Aquitaine la semaine dernière, les équipes CRP du Rhône appellent à la grève le 8 avril pour la CDIsation de tous les CDD.
Le collectif des agents Lyon, le 29 mars 2010
de la CRP du Rhône
Monsieur le Directeur Régional
Monsieur le Directeur Territorial
Madame La Directrice du Pôle Emploi accompagnement
Objet : préavis de grève
Rappelons en préambule que nos questionnements ont été relayés par différentes interventions et courriers à tous les niveaux de la hiérarchie régionale et que l’absence de réponse ou les réponses insatisfaisantes ou bien même les réponses satisfaisantes mais non appliquées nous obligent à cette action.
Nous soussignés, collectif des agents du dispositif CRP du Rhône, appelons à nous mettre en grève le jeudi 8 avril 2010, pour les motifs ci-dessous mentionnés.
Les difficultés que nous rencontrons pour exercer dans des conditions normales notre métier sont de quatre ordres :
- la question du devenir de nos collègues en CDD et de leurs portefeuilles
- la gestion en sous-traitance des dossiers administratifs des OPP
- le manque de soutien technique, administratif et RH de la part de notre ELP
- l’organisation du travail : des plages d’inscription aux groupes de travail
La question du devenir de nos collègues en CDD et de leurs portefeuilles
Sur le dispositif de la CRP, les conseillers en CDD représentent plus de plus de 50 % des effectifs. D’ici la fin juin la majorité de ces collègues verra son contrat arriver à terme. Qu’en est-il de leur avenir ? Seront-ils recrutés en CDI ? Seront-ils remplacés ? Faudra-t-il reformer de nouveaux arrivants alors que nos collègues atteignaient l’efficience ? Qui gèrera leurs portefeuilles ?
Alors que l’activité de la CRP est un service pérenne du Pôle accompagnement (voir présentation du schéma d’AGGLO 2012 au CHSCT) et qu’il nécessite des conseillers formés et compétents, pourrons nous continuer à précariser ce service au détriment de tous, collègues, adhérents et clients ?
La gestion en sous-traitance des dossiers administratifs des OPP
La montée en charge du nombre des adhérents à la CRP suivis par les Opérateurs privés de placement a engendré un nombre important de dossiers administratifs à gérer pour le compte de ces opérateurs, ces dossiers traitant notamment de l’accès aux prestations de Pôle emploi (EMT, ECCP, Ateliers, etc…) ainsi que des demandes de prise en charge de formations (OPCA, Pass Reconversion, etc…).
Pour faire face à ces nouvelles tâches administratives, la direction a proposé de mettre en place une équipe qui gère l’ensemble des demandes émanant des OPP. Cette équipe étant surchargée et n’ayant pas les moyens d’absorber toutes les demandes, il a été proposé d’étendre à l’ensemble des conseillers du dispositif la prise en charge de ces tâches administratives (d’autant que l’effectif de cette équipe est composée majoritairement de CDD en partance !). Est-ce le rôle d’un conseiller à l’emploi que de traiter les dossiers administratifs des OPP ? Un service tel qu’un PAGM ne serait-il pas plus approprié pour traiter ces dossiers ? Nous refusons de voir notre métier se transformer en secrétaires pour le compte des opérateurs privés, lesquels nous génèrent une charge de travail de plus en plus importante qui prend le pas sur nos activités principales.
Le manque de soutien technique, administratif et RH de la part de notre ELD
Nous sommes chaque jour confrontés à des situations inextricables engendrées par la fusion (multiplication de documents nouveaux, services en amont débordés qui ne répondent pas à nos demandes, multiplication des démarches pour une simple action, informations contradictoires...), or, là où nous attendons écoute, soutien et solutions concertées, nous sommes renvoyés à nos responsabilités individuelles et aux objectifs à atteindre par le biais d’entretiens de régulation.
Les mutations organisationnelles rapides et continuelles demandent une adaptation des conseillers qui ne peut se faire que dans un esprit d’accompagnement et d’aide, ce qui est loin d’être la réalité d’aujourd’hui.
L’organisation du travail : des plages d’inscription aux groupes de travail
Depuis quelques semaines, l’organisation du travail, impactée par la montée en charge de la prescription OPP, a été chamboulée de manière à permettre d’assurer l’inscription des adhérents auprès des OPP ; cela s’est traduit par la mise en place de plages d’inscriptions tous les matins de la semaine, sauf le vendredi. Ceci étant, cela a entraîné d’autant la baisse du nombre de demi-journées réservées à la réception des adhérents de nos portefeuilles alors même que les plages d’inscription sont rarement remplies : une autre organisation ne serait-elle pas plus pertinente ? De plus, nous devons prévoir un nombre de demi- journées consacrées aux visites entreprises, sans objectif précis, en dehors de tout plan d’action construit ni même préparé. Encore, nous cumulons des temps consacrés à des groupes de travail multiples et variés qui n’ont pour objectif que de mettre en œuvre les évolutions et changements prévus par la direction, sans que l’on nous donne vraiment les moyens de mettre en œuvre les projets que nous soumettons. En effet, lorsque nos productions de groupe ne rejoignent pas exactement les préconisations de la direction, on nous impose un ajustement de nos conclusions. Si ces groupes de travail ne servent que de caution aux choix de la direction, autant ne pas nous faire perdre notre temps et énergie en réunions inutiles.
D’autres élément tels que le suivi à distance d’adhérents (cadre de la convention ?) déjà signataires d’une convention avec un cabinet privé sont autant de sujets qui nous amènent à cette action.
Au regard de tous ces éléments, nous revendiquons :
- La Cdisation de tous les CDD
- Une solution pour la gestion de la sous traitance des OPP
- Un management d’appui et de soutien
- Une nouvelle organisation du travail