La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Le chômage des jeunes diplômé-e-s:
un problème crucial à La Réunion
Les chiffres le montrent : les jeunes Réunionnais sont de plus en plus formés. Mais le marché du travail n’arrive pas à tous les absorber, surtout en cette période de crise. Dans les statistiques du Pôle emploi, près de 1 900 jeunes de 18/26 ans ont un niveau Bac+2, +3, +4 et au-delà…. Élus et étudiants livrent aujourd’hui leurs visions de l’avenir.
Avec un Master en relations internationales en poche, Xavier, un Saint-Paulois de 26 ans cherche du travail depuis près d’un an. Avant les vacances de juillet-août, il a accepté un emploi d’assistant d’éducation. Un contrat qui l’a occupé pendant six petits mois. Depuis, plus rien. Une situation difficile pour lui, comme pour ses parents. Il se demande d’ailleurs si "le système ne l’a pas oublié" et a entamé des prospections en France mais aussi à l’étranger. Il n’est pas le seul. Fabienne, une Dionysienne diplômée Bac+5 aussi en commerce, explique qu’elle a toujours été une excellente étudiante et qu’elle n’a jamais pensé galérer. Et c’est bien ce qui lui arrive depuis l’obtention de son diplôme. Elle se dit victime d’une crise du marché de l’emploi et ne veut pas accepter un salaire misérable pour entrer dans la vie professionnelle. "Je trouve vraiment que c’est un énorme gâchis. On est motivé, on travaille bien, on a des diplômes après des années d’efforts, et tout cela ne sert à rien. Les entreprises nous ferment leurs portes au nez. Elles n’embauchent que les gens très expérimentés qui ont déjà fait leur preuve au niveau professionnel". Au-delà, la jeune femme estime que le chômage des jeunes diplômés est un immense gâchis pour la Réunion, comme pour la métropole. "Comme beaucoup d’autres, je devrais sans doute me contenter de CDD comme n’importe quel jeune sans le BAC. Mais je refuse…". Elle l’a mauvaise : "On fera payer ça aux hommes politiques". Des élus en première ligne mais souvent démunis face aux demandes d’autant -et surtout- que l’emploi est une compétence de l’Etat. "Mais on essaye d’apporter notre pierre à l’édifice", soutient Nassimah Dindar, présidente du conseil général qui a lancé l’opération "Jeunes diplômés" visant à embaucher 20 jeunes diplômés comme attachés territoriaux. Le Département espère que d’autres collectivités le suivront dans cette démarche. Petits boulots pour dépanner À la Réunion, près de 10% des jeunes chômeurs ont un diplôme de l’enseignement supérieur. À fin juin 2011, sur environ 23 000 jeunes de moins de 26 ans inscrits au Pôle emploi, 1 863 ont un Bac+2, +3 et plus. Les chômeurs diplômés représentent 1,5% des 123 386 chômeurs de catégories 1, 2 et 3. "Par rapport à l’ensemble, c’est faible", commente un conseiller. "L’évolution est stable. La proportion est la même mais on enregistre plus de chômeurs à tous les niveaux". La Réunion a de plus en plus de jeunes diplômés. Le constat est unanime. Et si l’on en croît le Pôle emploi, "plus le diplôme est élevé, plus la durée du chômage est courte, 8 mois en moyenne". Les jeunes diplômés sortis des statistiques du chômage se sont dirigés vers l’entreprise (34%), le commerce-vente-distribution (20%), l’hôtellerie-tourisme-restauration (8%) et les services à la personne (8%). Le Pôle emploi ne précise pas si ces postes correspondaient aux diplômes. "À ce niveau, on est adaptable", se contente-t-il de souligner. Beaucoup de Réunionnais diplômés acceptent des petits boulots pour "dépanner". Nombreux sont ceux aussi qui "partent de la Réunion et continuent leurs recherches en métropole"
Dossier réalisé par Juliane Ponin-Ballom, Véronique Hummel, Bruno Graignic