La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Y aura-t-il des mobilités forcées dans les agences Pôle emploi de Paris ?
Dans le Pôle emploi parisien, c'est la saison des vœux. Non pas les bons vœux, mais les FICHES DE VOEUX.
Pour lancer le débat et les échanges sur ce sujet, nous reproduisons en pleine page le commentaire posté hier par LeDieuDesNains:
"Puisqu’on en est aux réjouissances de ce début d’année, je veux bien partager mon expérience parisienne concernant une question de brûlante d’actualité : le « rééquilibrage charges/moyens » à PARIS.
Ceux qui vivent la situation savent de quoi il s’agit. Pour les autres, je vais vous expliquer en quoi ça consiste…
Christophe CAROL (DRA du territoire PARIS) a entendu de Raymond LAGRE (DR d’IDF), qui a entendu de Christian CHARPY (qu’on ne présente plus), qui a entendu de Xavier BERTRAND, qui a entendu de Nicolas SARKOZY qui aurait lui-même entendu de la part des chômeurs de France qu’ils rêveraient –plus que d’un emploi – d’un seul et unique conseiller qui gèrerait leur indemnisation et leur accompagnement vers l’emploi. Ca me rappelle Jeanne d’Arc… Bref.
Alors à PARIS, ça se traduit par plein de petits sites indemnisations et placements qu’on a unis par le mariage. Mariage oblige, il a fallu leur trouver une résidence commune de sorte que, grosso modo, il y ait un grand, dodu et joufflu site unique par arrondissement.
En guise de préparatifs, la DR est revenue sur ce qui – quelques mois auparavant – était encore la panacée : la spécialisation des équipes professionnelles.
Nouvelle mode : nouvelle organisation ! La spécialisation, à partir du premier trimestre 2009, ça devient de la merde ! « Le mieux ce serait de revenir à l’organisation d’avant ». A savoir : la proximité… On reçoit les demandeurs de l’arrondissement, et on recueille les offres du coin.
Les sites s’organisent : ils sont tantôt mixtes, tantôt uniques, tantôt unilocalisés, tantôt multilocalisés…
Et que se disent nos chers amis, les ronds de cuir statisticiens de la DG/DR & consorts ? « Tiens ! Si on calculait, comme ça, juste pour le fun, le nombre moyen de demandeurs d’emploi et d’offres qu’un conseiller parisien devrait gérer… Ca serait marrant ?! »
D’où calculs savants, pourcentages, projections, écarts-types, bla bla bla… Et paf : 1 conseiller peut recevoir XXX DEFM et XX offres… (Précisons que l’équation n’a jamais été communiquée ! Elle est secrètement protégée comme la recette du Coca-Cola, mais pas pour les mêmes raisons. Indice : dans l’un des cas, c’est pour éviter la copie… Dans l’autre : pour ne jamais avoir à argumenter avec les OS… Je vous laisse faire les liens…)
En parallèle : on arrive en 2011… Et qu’arrive-t-il après 2011 ? 2012 pardi ! Et que se passe-t-il en 2012 ? Des élections présidentielles ! Et que se passe-t-il durant les élections présidentielles ? Le sortant montre qu’il a fait ce qu’il avait dit ! Et qu’avait-il dit qu’il allait faire (entre autres) ? Fusionner ANPE et ASSEDIC et désigner pour chaque demandeur d’emploi français un référent unique pour les allocs et l’emploi ; cible privilégiée si l’un des deux sujets ne donne pas satisfaction (que le conseiller soit formé ou pas, polyvalent ou pas). Et Nico : il sert les fesses ! Tous les sites ne sont pas des sites uniques. Même pas à PARIS….
Mais là : le temps presse. Ca devait se faire mi-2009, on est début 2011… Ca laisse à désirer niveau bilan ! Faut passer la seconde.
Problème ! Les sites qu’on a créés, issus de l’imaginaire des plus grands technocrates dont le Pôle a pu se doter, comporte pour la plupart soit trop, soit trop peu d’effectifs !
Second problème ! Malgré les postes mis en diffusion depuis 2009, certains sites s’obstinent à être déficitaires… Plusieurs causes possibles. Dont le caractère répulsif de certaines équipes de direction, qui gèrent leurs équipes comme un shérif gère sa juridiction : au revolver. Dont le caractère « difficile » des publics à recevoir…
Bien sûr, pas question (malgré les pots-cassés de la crise) de recruter pour combler les manques… La charge de travail a crû, mais pas question de faire suivre les effectifs… On doit faire mieux avec moins…
« Euréka ! » s’écrient les têtes pensantes de la « résidence administrative parisienne ». « Et si on obligeait tous ceux qui sont dans des sites ‘excédentaires’ en effectifs à s’exprimer sur un ‘souhait’ de mobilité sur les sites ‘déficitaires’ ! On pourrait enfin boucher les trous laissés béants sur des postes peu ou pas attractifs ! ».
***PETITE DIGRESSION***
Pour des raisons de compréhension, je tiens à faire un point sur le vocabulaire :
• Un site ‘excédentaire’ est un site où on ne souffre pas autant que dans les sites ‘déficitaires’. Rien à voir avec les effectifs.
• Un site ‘déficitaire’ est un site qui n’attire personne et où on ne peut même plus maquiller les chiffres tant c‘est le bordel.
• Un ‘vœu’ ou un ‘souhait’ (sous entendu : « de mobilité ») désigne, pour la Direction Régionale, « l’obligation qu’est celle, pour une population désignée arbitrairement par elle, de classer une liste fermée d’agences suivant un ordre croissant d’antipathie afin d’y être, ou pas, muté d’office ».
(Alors que, selon le Littré, un ‘vœu’ est « l’expression du souhait, du désir ardent de voir s’accomplir quelque chose » ; voire un « désir formulé [par un individu] qui n’est pas habilité à prendre des décisions ». Et qu’un ‘souhait’ est un « désir, exprimé ou non par quelqu’un, d’obtenir quelque chose pour lui ou un autre, de voir un événement se produire » selon la même source.)
***FIN DE LA DIGRESSION***
Alors, du 07 au 28 Janvier 2011, la DR organise un « mouvement exceptionnel ». Quelque chose comme 670 conseillers, issus de 10 agences considérées comme ‘excédentaires’, sont enjoints de compléter une fiche de vœux (!) sur laquelle ils doivent désigner d’une note allant de 1 à 10 chacune des 10 agences considérées comme ‘déficitaires’, par ordre de préférence (si on peut dire). Et pour 67 d’entre ceux qui se seront exprimé (ou pas d’ailleurs), ils auront la joie de prendre leurs nouvelles fonctions au 1er Mars dans une agence où ils ne seraient pour la plupart pas spontanément positionnés…
Et c’est là que commence l’histoire, et là qu’on en est…
Sachez donc qu’environ 70 collègues parisiens seront déplacés début 2011, d’autorité, en s’appuyant sur des vœux qui n’en sont pas, extirpés sous la menace (celle, à défaut d’avoir complété une fiche de vœux, d’être déplacé dans la pire des pires agences parisiennes).
Pour certains, 2011 sera donc une année sans augmentation et avec mobilité professionnelle imposée…
Réponses syndicales ?! Des voix discordantes ! « C’est inattaquables, on doit plier » ou « ne remplissez aucune fiche de vœux si vous n’en avez pas ». Tout ça sur fond de littérature de Raymond LAGRE qui affirme haut et fort qu’il n’y aurait aucune mutation forcée… Bah voyons…
J’attends vos conseils…"