La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
L'Etat a économisé 187 millions d'euros sur Pôle emploi en 2009
Les Echos le 15 juin 2010
Alors que le chômage a explosé en 2009, l'Etat a économisé 187 millions d'euros sur la contribution qu'il s'était engagé à verser à Pôle emploi l'an dernier. C'est ce qui ressort des documents comptables qui doivent être examinés aujourd'hui par le conseil d'administration du service public de l'emploi et que se sont procuré « Les Echos ».
La situation est la suivante : la convention tripartite Etat-Unedic-Pôle emploi prévoit que les pouvoirs publics versent 1,360 milliard d'euros par an à Pôle emploi entre 2009 et 2011. Mais l'an dernier, ils ont versé 1,173 milliard, soit 187 millions de moins que prévu. Pôle emploi ne les a pas, ou plutôt pas encore, passés par pertes et profits. Pour l'instant, ils ont « fait l'objet d'une dotation en provision », précise le bilan d'exécution budgétaire. Et il ajoute que celle-ci « vise à prendre en compte le risque de non-versement par l'Etat de la totalité de sa subvention 2009 ».
Manque à gagner La contribution de l'Unedic n'a, elle non plus, pas été versée en totalité à Pôle emploi l'an dernier. Le manque à gagner est presque trois fois plus élevé : sur les 2,936 milliards d'euros sur lesquels l'Unedic s'était engagée dans la convention tripartite, 542 millions d'euros sont restés dans les caisses de l'assurance-chômage.
Mais le traitement de cette somme n'a rien à voir avec celui de la contribution de l'Etat. Elle n'a pas été appelée, mais elle figure bien en positif dans les comptes de Pôle emploi et elle a donc sans équivoque vocation à lui être versée, et ne pèse pas sur son résultat annuel.
C'est donc uniquement du côté du provisionnement de la créance de l'Etat qu'en 2009, au terme de sa première année d'existence, Pôle emploi affiche un déficit de 118,2 millions d'euros au lieu de l'excédent de 122,7 millions d'euros envisagé lors de la révision du budget, présentée le 10 juillet dernier. « Hors cette charge exceptionnelle, les charges de fonctionnement seraient inférieures de 1,5 % aux prévisions budgétaires », précise Pôle emploi. La sous-consommation de nombreux budgets d'intervention liée aux retards pris du fait de la fusion et de l'explosion des inscriptions au chômage (avec par exemple le décalage du 1 er juillet au 1 er septembre des interventions des opérateurs privés de placement) a, en quelque sorte, permis d'absorber le surcoût financier engendré par le renforcement temporaire des effectifs de l'opérateur public.