La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Plus de moyens et vite ! La mise en œuvre depuis le 1er juin du dispositif gouvernemental en faveur des chômeurs en fin de droits ne manque pas de soulever un tollé syndical. Et le moins que l’on puisse avancer, c’est qu’il est général. De la CFTC à SUD en passant par la CGT, le SNAP (syndicat national du personnel de Pôle emploi) et le SNU-FSU, toutes les organisations sont d’accord pour demander que des moyens supplémentaires soient octroyés à Pôle emploi afin de faire face au traitement des quelque 360.000 dossiers…
Selon eux, des renforts en effectifs constants et stables sont nécessaires. D’autant que le plan « anti-crise » prévu par les pouvoirs publics après un long bras de fer avec les partenaires sociaux implique trois types de mesures d’aide et peut paraître relever, comme le dénonce la CGT, de « l’usine à gaz »… Du coup, l’intersyndicale a appelé hier soir à un mouvement de grève à partir de ce mardi 8 juin, afin non seulement de dénoncer la quasi-impossibilité pour Pôle emploi de faire face de manière concrète au contenu des mesures décrétées par les autorités gouvernementales, mais encore de protester contre les suppressions de postes et les réorganisations en cours.
De son côté, le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, reconnaît volontiers que le nouveau dispositif est « compliqué » et qu’il « constitue une charge d’indemnisation et d’accompagnement non négligeable », mais il estime que « c’est le moins que nous puissions faire en faveur de concitoyens vivant dans des situations extrêmement difficiles ».
Au sein de Pôle emploi, le climat paraît d’autant plus tendu que de nombreux conseillers s’estiment déjà surchargés de travail en raison notamment de la détérioration des derniers chiffres du chômage. En outre, ils considèrent souvent que le nombre de chômeurs en fin de droits concernés est largement sous-estimé et s’inquiètent dès à présent des retards, à leurs yeux plus que probables, dans l’application du dispositif. Un chiffre suffit à lui seul à donner la mesure des problèmes soulevés : à la suite du décret gouvernemental, Pôle emploi doit en effet adresser plus d’un million de courriers qui, de toute évidence, impliquent des réponses, un traitement des courriers approprié et une organisation des rendez-vous dans les agences… Des syndicats comme la Fédération syndicale unitaire (FSU) et la CFTC craignent ainsi que la mission confiée à Pôle emploi ne puisse être réalisée « sans se substituer, ni porter préjudice, faute de moyens suffisants, à l’accompagnement personnalisé des demandeurs d’emplois indemnisés ».
Dans ces conditions, l’été – et la rentrée de septembre – risque, à Pôle emploi, d’être particulièrement chauds.