La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Attendu de pied ferme à Lyon, Laurent Wauquiez préfère une visite discrète dans un Pôle emploi de la région lilloise
Laurent Wauquiez à l'agence Pôle emploi de La Madeleine pour lancer sa grande consultation
La Voix du Nord 23 juillet 2010
L'inauguration se voulait discrète. C'est sans tambour ni trompette que Laurent Wauquiez,
secrétaire d'État à l'Emploi s'est rendu à l'agence Pôle emploi de La Madeleine, près de Lille, pour lancer sa « grande consultation ». « C'est une démarche purement interne, pas une opération de com' », a justifié le ministre en arrivant sur place en début d'après-midi.
Rien à voir avec la polémique sur sa récente visite à Londres pour lever des fonds auprès de banquiers d'affaires pour son microparti Nouvel Oxygène, rapidement évacuée. « Parfaitement légal et parfaitement contrôlé » pour Laurent Wauquiez. « Si on ne veut plus de partis politiques en France, qu'on le dise. Je ne pense pas que ce soit l'objectif », a-t-il ajouté.
L'objectif, c'est « se donner le temps d'être à l'écoute des demandeurs d'emploi et des agents, profiter de l'été pour savoir ce que nous avons réussi à atteindre et ce qu'il nous reste à améliorer ». Laurent Wauquiez et sa suite passent de bureau en bureau, s'attardant pour discuter avec les visiteurs et leurs conseillers. « Ce qui est intéressant, c'est que je suis déjà venu dans cette agence, je peux me rendre compte des transformations », se réjouit le ministre, qui pose des questions sur l'utilité de la bibliothèque qui pourrait être « remplacée avantageusement par trois ordinateurs avec accès à une base de données » ou sur le téléphone en libre accès dont « il faut limiter l'usage dans la durée, sinon c'est l'enfer comme à l'agence de Saint-Ouen ».
Les demandeurs d'emploi se plient au jeu des questions-réponses de bonne grâce. L'un d'eux glisse un mot sur son dossier qui s'est perdu et qu'il a fallu refaire quelques mois plus tard et suggère un suivi informatique. « Ça, c'est une bonne idée », lance Laurent Wauquiez.
La visite s'opère dans un contexte tendu, alors que Pôle emploi, issu de la fusion ANPE - ASSEDIC en janvier 2009, souffre de l'impact de la crise. Le stress et la charge de travail des conseillers, qui suivent en moyenne 95 dossiers, loin des 60 prévus, ne sont pas redescendus. « Si la fusion s'était déroulée en période de plein emploi, ç'aurait été moins difficile », confirme Jean-Louis Walter, le tout nouveau médiateur de Pôle emploi également présent. « Un travail remarquable a été effectué en un an et demi », tempère-t-il, même si « les démarches sont encore compliquées, notamment pour l'indemnisation, ce qui ne met pas les chômeurs en situation de rechercher un emploi rapidement ». •
SÉBASTIEN DUMOULIN