La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
L'Unedic reste prudente sur ses finances malgré l'accalmie du chômage La meilleure tenue de l'emploi et de la masse salariale que prévu cette année devrait « rapporter » quelque 700 millions d'euros à l'assurance-chômage. C'est ce qui ressort des dernières prévisions de l'Unedic présentées vendredi aux partenaires sociaux.
Le déficit de trésorerie du régime à la fin de 2010, qui était chiffré à 4,1 milliards d'euros en avril dernier, serait en définitive ramené à 3,389 milliards d'euros. Il reviendrait à 2,708 milliards d'euros fin 2011. L'amélioration de la conjoncture ne permettant pas au régime de renouer avec des excédents dans les deux ans, son déficit cumulé devrait continuer à se creuser, mais un peu moins qu'envisagé en avril. Il atteindrait 13,006 milliards d'euros fin 2011.
L'Unedic, qui lancera en octobre ou novembre une nouvelle tranche d'emprunt, prévoit donc un rétablissement très progressif de ses finances. Il pourrait être en réalité plus rapide. La lenteur de mise en oeuvre du plan rebond pour l'emploi, ciblé sur les chômeurs en fin de droit, est un des éléments qui noircissent les prévisions présentées vendredi : les 286 millions d'euros inscrits au débit de l'assurance-chômage ne seront assurément pas tous dépensés d'ici à décembre, loin s'en faut. Mais là n'est pas l'essentiel.
Le point majeur est que l'assurance-chômage a choisi de travailler sur des hypothèses extrêmement prudentes. Sur la masse salariale, elle est ainsi bien moins optimiste que l'Acoss, qui s'avoue elle-même prudente. L'Unedic table sur 1,6 % quand l'organisme qui chapeaute les Urssaf envisage 2,1 % au moins.
Côté dépenses, le régime paritaire est aussi plus pessimiste que Pôle emploi sur l'évolution globale du chômage à court terme. L'Unedic anticipe ainsi 41.000 demandeurs d'emploi de catégorie A de plus cette année (puis 48.000 de moins en 2011) quand le service public de l'emploi table sur + 33.000 (puis - 39.000 en 2011). Le taux de chômage, revenu avec la crise à son niveau le plus élevé depuis dix ans, resterait stable en 2010 à 9,5 % en France métropolitaine avant une modeste décrue à 9,3 % en 2011. Le nombre de chômeurs indemnisés par l'Unedic devrait en revanche décroître dès cette année, avec 13.000 personnes de moins, puis 78.000 de moins en 2011.
Est-ce la perspective de la remise à plat de sa convention qui fixe les règles de cotisation et d'indemnisation et arrive à son terme le 31 mars prochain qui a poussé l'Unedic à rester prudente sur ses prévisions financières ? En tout cas, vendredi, à l'issue de la tenue de son bureau, son président, le cédétiste Gaby Bonnand, a estimé lors d'une conférence de presse que « les organisations syndicales et patronales devraient s'engager courant octobre dans la négociation », en souhaitant « prendre du temps pour négocier. » Mais ce dossier ne sera évidemment ouvert qu'une fois celui des retraites refermé.