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La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

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Le chômage tue.

Les drames humains au coeur de notre métier de conseiller

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Depuis les années 1990, Marcel Dumas vivait d'emplois aidés et de petits boulots
La Rochelle : « On l'a poussé au suicide »

SUD OUEST  12 mai 2012

Accusé de fraude, Marcel Dumas, un chômeur de 56 ans, s'était donné la mort. Sa sœur dénonce.

C'était le 30 décembre 2010. Marcel Dumas avait punaisé un petit mot sur la porte de sa maison de Saint-Xandre, en Charente-Maritime : « Je suis mort », puis il était allé se pendre.

Un passant intrigué avait alerté les secours. Les gendarmes ont découvert le corps un peu plus tard, trop tard.

De l'avis de ses proches, Marcel n'était pas dépressif, encore moins suicidaire. Il était juste au bout du rouleau. À 56 ans, chômeur, avec 600 euros par mois pour survivre, il venait de recevoir un recommandé du Pôle emploi lui enjoignant de rembourser un trop-perçu de 8 944,76 €. Aucun justificatif n'accompagnait ce courrier type à la sécheresse tout administrative. Pas de décompte des sommes dues non plus, mais un échéancier à respecter : 1 789 euros par mois pendant cinq mois. « D'être considéré comme un fraudeur, il ne l'a pas supporté », résume Marie-Lise Deschamps.


Vingt ans de chômage


Marie-Lise, c'est la grande sœur de Marcel. Elle dit n'avoir découvert la détresse de son frère qu'après sa mort, en épluchant ses maigres papiers. « Il ne parlait jamais de ses problèmes. J'ai appris plus tard qu'il était obnubilé par cette affaire. Sa hantise, c'était qu'on lui prenne sa maison, qu'il se retrouve à la rue. Pour moi, il est clair qu'on l'a poussé au suicide. »

Marie-Lise décrit son cadet comme un vieux garçon « renfermé » mais « qui n'aurait jamais fait de mal à personne ». Quelqu'un de « démuni », « sans défense », avec son certificat d'études pour seul bagage. Électricien de marine, il avait été mis au chômage par la fermeture du chantier Gib Sea de Marans, au début des années 1990. « Il n'avait pas retrouvé de vrai travail depuis. Il vivait d'emplois aidés, de petits boulots à droite à gauche. »

En 2007, Marcel Dumas est recruté par la Maison des chômeurs de La Rochelle. 26 heures par mois payées 200 euros. Qu'il porte consciencieusement sur sa déclaration de revenus. Son « conseiller référent » de l'ANPE est au courant, comme en témoignent les fiches de liaison de 2008 que Marie-Lise a retrouvées.

Pourtant, à l'automne 2010, le Pôle emploi l'accuse de ne pas avoir déclaré cette activité. Le radie provisoirement, suspend ses droits et lui notifie le trop-perçu. Puis, s'agissant de l'ASS, une allocation d'État, le dossier est transmis à la préfecture. La machine est en marche.

Le 28 décembre 2010, le Pôle emploi convoque Marcel Dumas à un entretien pour le 5 janvier. Puis lui signifie sa radiation le 10 pour cause d'absence au rendez-vous. Il était mort depuis onze jours.


Pas de faute


Une bavure dans la chasse aux petits fraudeurs ? Marie-Lise Deschamps en est convaincue. Elle en veut à ce conseiller référent qui savait et n'a rien dit, qui n'a pas voulu voir la bonne foi de Marcel et sa détresse. « Curieusement, il a été remplacé juste après la mort de mon frère. »

Si elle s'est décidée à parler, c'est « pour que cela ne se reproduise pas ». C'est aussi pour combattre ce sentiment d'impuissance qui la hante depuis un an. Le procureur de la République de La Rochelle a classé sa plainte sans suite pour « absence d'infraction ». La Direction du travail et de l'emploi a reconnu, tardivement, qu'il n'y avait pas eu fraude, les bénéficiaires de l'ASS pouvant sous conditions cumuler salaire et allocation. Mais personne, sinon lui-même, ne peut être tenu pour responsable de la mort de son frère.

Au Pôle emploi, le directeur régional de Poitou-Charentes, Dominique Morin, rejette tout lien de cause à effet entre la procédure engagée contre le chômeur et son suicide. Il exclut de la même façon tout dysfonctionnement de ses services : « Le fait déclencheur, c'est la non-déclaration des salaires. Marcel Dumas l'avait reconnu. Il nous avait contactés pour demander un échelonnement. Nous ne faisons qu'appliquer par délégation de l'État la réglementation que la loi nous impose. »

Pas de faute, pas de dysfonctionnement, les procédures ont été respectées. Mais si elles aboutissent à ce résultat, c'est qu'il faut peut-être les changer.


 

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H
1ere question de l'actualisation:<br /> Avez-vous travaillé : oui/non<br /> Après on peut tout expliquer, tout justifier, tout analyser,tout condamner...<br /> Mais de responsabilité individuelle ,ne jamais l'évoquer.<br /> Aprés, continuez à appuyer ce genre d'articles qui ne font que nous mettre dans la merde
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B
@ CAF commentaire 18<br /> <br /> Tu as sûrement raison puisque tes arguments sont exactement ceux employés par le management et les directions de France Telecom et La Poste, 2 organisations expertes en matière de suicide au<br /> travail, phénomène qui n'existe pas (paraît-il) mais qui n'existe (pourtant)....
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F
Le dossier serait à voir (on le verra jamais bien entendu).<br /> <br /> Cela ne retire rien sur la voracité d'un système et sur une structure d'accompagnement en voie de déliquescence compte tenu du breuvage politique qui la fait fonctionner.<br /> <br /> La polyvalence n'est qu'un savoir faire un petit peu un peu partout. Sur le versant indemnisation cela peut entrainer des drames.
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C
@ fleur :<br /> <br /> le cumul ASS/travail en dessous de 78 heures est quand même limité à 750 heures. il n'est pas infini, et surtout, il n'est plus illimité pour les demandeurs de plus de 50 dans depuis septembre<br /> 2006.
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F
L'argent roi est impitoyable. Le grand patronat qui fourre son nez partout où une manne financière peut etre mise à son service est coupable et responsable des millions de victimes qui jalonnent<br /> son parcours. C'est lui qui impose le "management" des services publics et concoure à leurs destructions par la voie mercantile. Un capitalisme sauvage sans foi ni loi qui ne peut qu'arriver au<br /> terme de sa survie.<br /> <br /> Le crétin directeur du pole emploi en question ne connait vraisemblablement pas la règlementation. Une personne percevant l'ASS peut cumuler en totalité son allocation avec une activité réduite dès<br /> lors qu'elle ne dépasse pas un demi SMIC durant 6 mois, puis ensuite il perçoit ses compléments.<br /> <br /> Comment donc a pu etre déclenché ce trop perçu ? qui + est un trop perçu de cette ampleur ne donne pas lieu à envoi de courrier mais à appel téléphonique sans émettre le motif de l'appel lui<br /> demandant de se présenter...<br /> <br /> Bien des zones d'ombre à conséquence incalculable...<br /> <br /> L'EID, polyvalence absolue pratiquée après formation éclair sur un versant financier, et tant d'autres aberrations amalgamées, sont les vecteurs inacceptables d'une détresse amplifiée (surtout<br /> quand il s'agit d'un revenu de survie).<br /> <br /> L'assédic avait ses règles (c'était loin d'etre de la poésie bien entendu...c'est souvent comme ça le pognon sous l'égide du capital), il semble que celle qui est précitée n'ait pas été<br /> respectée...
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