Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.

Publicité

Le franc-parler du Directeur Général de Pôle emploi devant les journalistes.

JBasseres"Les agents de Pôle emploi ne doivent pas se marrer tous les jours avec lui"

 

Pôle emploi: Jean Bassères, le nouveau boss, met les choses au point

Les dessous du social (Marc Landré du Figaro)  6 juillet 2012

 

Examen réussi. Jean Bassères, le directeur général de Pôle emploi, passait ce matin son baptême du feu devant les journalistes de l'AJIS, passage obligé pour tout acteur de la sphère sociale qui tient à se faire respecter. Pendant une heure et demie, l'ex-patron de l'IGF a donc répondu du tac au tac sur tous les thèmes d'actualité : l'embauche de 2000 CDI, le plan stratégique 2015, les nouveaux types d'accompagnement des chômeurs, le service aux entreprises, la formation des conseillers et des demandeurs d'emploi, la contractualisation avec les régions, le dialogue social interne...

Ma conclusion ? Les agents de Pôle emploi ne doivent pas se marrer tous les jours avec lui. Ce qui, sous mon clavier, n'est pas une critique, bien au contraire. Jean Bassères a été fidèle à sa réputation : cash, direct et n'hésitant pas à pratiquer l'art de la contre-attaque quand il se sent agressé. Surtout le nouveau boss de Pôle emploi n'entend pas se laisser "emmerder" par les journalistes que, visiblement, ils apprécient peu. "Je ne vous laisse pas mon numéro de portable sinon je passerai mes journées à répondre à vos sms pour confirmer telle ou telle information fausse", précise-t-il. Ambiance... "Je ne suis pas devenu muet le jour où j'ai été nommé, se justifie ce proche de Michel Sapin pour expliquer le silence auquel il s'est astreint depuis le début de l'année. Je me suis plongé dans les dossiers et me suis concentré sur le plan stratégique 2015, aujourd'hui bouclé. J'ai lancé toutes les procédures d'information consultation en interne avec les syndicats et ai donné la primeur des conclusions lundi aux cadres de l'agence."

Quand Jean Bassères sait, il répond. Quand il ne sait pas, il ne répond pas mais ne botte pas en touche. Et surtout il n'hésite pas à mordre s'il se sent agressé. Un exemple ? "Il est faux de croire que tous les conseillers sont au bord de l'épuisement, indique-t-il, sur la base de ses déplacements hebdomadaires sur le terrain. Il existe des risques psychosociaux mais arrêtons de dire que Pôle emploi est au bord de l'explosion. Je ne nie pas qu'il y a des problèmes. Les résultats de la grande consultation interne que nous avons menée sont très clairs et plus mesurés que ce que certains disaient." Autre exemple ? Le patron n'aime pas non plus lire dans la presse que seuls 6700 conseillers font de l'accompagnement de chômeurs. "Non, ils sont 15000", rappelle-t-il. Soit un tiers des effectifs, un ratio qui ne le choque pas. "10% des effectifs travaillent dans les fonctions support, comme dans les autres agences. Alors quand on me dit ou je lis qu'il n'y a trop de gens qui ne sont pas devant les chômeurs et qu'on peut redéployer encore plus d'agents vers le front office..." Et paf pour les journalistes ou Xavier Bertrand, son ex-ministre de tutelle !

Idem sur la répartition des rôles en interne. "Il y a eu une frénésie de négociations sociales dans les premières années de Pôle emploi", rappelle Jean Bassères. Un constat, pas une critique. Mais le patron, c'est lui, pas les syndicats. Et s'il est prêt à discuter avec toutes les organisations représentatives du personnel, il n'entend pas co-gérer l'agence. "On parlera de la classification après avoir défini l'offre de services et avoir discuté des métiers en interne, chaque chose en son temps, se justifie-t-il. Je parle bien de discussions, pas de négociations. Définir les métiers à Pôle emploi, c'est de la responsabilité de l'employeur. L'enjeu, c'est de savoir ce qu'on met dans le socle de compétences communes à tous les conseillers. On va en discuter. Je n'ai pas d'idées arrêtées sur la question." Et paf pour les syndicats ! Attention, pour le patron de Pôle emploi, les mots ont un sens et les questions sémantiques ne sont pas secondaires. Malheur à ceux qui compareront Pôle emploi à une entreprise ou qualifieront les chômeurs et les entreprises de "clients". Non, ils forment le "public" de l'agence. Quant aux conseillers - qui auront "plus de marges de manœuvres mais pas d'autonomie", nuance - dédiés au contrôle, une expérimentation va bien être lancée mais hors de question, à ce stade ou plus tard, de parler d'un "bataillon de contrôleurs"...

 

Marc Landré

 

bandeau échanges

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
la moindre des choses, pour rétablir un vrai dialogue social est de nouer un langage commun<br /> c'est ce que n'avait pas su ou voulu faire la direction précédente, où chaun était trop occupé aux luttes d'influence, conservation des précarrés et autres pipis aux quatre coins du territoire<br /> professionnel<br /> <br /> la responsabilité de l'ex direction R.H. est lourde la dedans ; à quand une équipe indépendante, venue de l'extérieur et totalement coupée des appartenances ex-ANPE ou ex-ASSEDIC?
Répondre
K
Euh je voulais dire 180 degrés...jusqu'au prochain virage...
Répondre
K
@ Biboule, il s'agit bien sûr de Carl Rogers génial psychologue qui a essentiellement travaillé avec les professionnels du "care" et du "social work". Le terme "client" est quasi synonyme de<br /> "person" pour lui mais également dans la langue anglaise où la vrai traduction de client au sens commercial est "customer", en aucun cas Rogers n'a voulu parler de client au sens commercial.<br /> Ceci dit les travailleurs sociaux francophones ( les AS) parlent effectivement de clients mais c'est sous l'influence de Rogers précisément, et le terme n'est pas admis par tous.<br /> Encore un mot sur Rogers, que j'admire, j'ai appris à le connaître lors de ma formation initiale ANPE en ces temps préhistoriques où elle durait...6 mois et dont je garde un excellent mais trop<br /> vieux souvenir. Il ne s'agissait pas encore à l'époque d'apprendre à mettre des croix dans des cases.<br /> Je m'interroge beaucoup sur ce que signifie ce revirement officiel de langage à 360 degré de la part du DG. J'ai un peu l'impression que c'est une concession "qui ne mange pas de pain" au nouveau<br /> paysage politique et aux militants du service public en interne. En gros il y en a pour tout le monde dans ce discours.
Répondre
B
@ rage<br /> <br /> je crois qu'on est tous d'accord sur l'objectif. Et je ne demande qu'à me concentrer sur ce seul objectif.<br /> Par contre je crois que tu n'as pas le sens des réalités.<br /> <br /> Combien de DEs inscrits dans ton agence?<br /> Combien d'offres as-tu à leur proposer?<br /> Combien d'offres estimées hors pôle-emploi.fr en plus pour ces DEs sur ton bassin d'emploi?<br /> <br /> Et sauf à être sur un bassin exceptionnel,avec un taux de chômage très faible, explique nous comment tu résouds l'équation et comment tu fais pour aider tes DEs à trouver des emplois qui n'existent<br /> pas?
Répondre
R
il est temps que ca bouge à pole emploi !<br /> je sais aussi bien que vous que les agences sont toutes differentes, les chercheurs d'emploi aussi, je connais aussi les problemes de sous effectifs, mais quand même, faut arreter les<br /> conneries.<br /> Quand notre Directeur dit qu'il faut mesurer les resultats, c'est la moindre des choses.<br /> Arretons de nous plaindre sans cesse ;<br /> Arretons de croire que notre metier est si particulier (partout il y a ces problemes !!!)<br /> <br /> Occupons nous de la seule chose qui vaille : aider nos chercheurs d'emploi à sortir de cette putain de crise, aidons-les à decrocher un job
Répondre