La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Suivi des chômeurs: les moyens manquent pour les syndicats de Pôle emploi
21 novembre 2012
Les syndicats de Pôle emploi se sont majoritairement opposés mardi en comité central d'entreprise aux nouvelles modalités d'accompagnement des chômeurs prévues début 2013 nécessitant selon eux un renfort de moyens, a-t-on appris mercredi de sources syndicales.
Consultés sur les "nouveaux modes de suivi et d'accompagnement" et l'Entretien d'inscription et de diagnostic (EID), 6 syndicats (FO, Snu, CGT, Sud, Snap et CFTC) ont voté contre et les 3 autres se sont abstenus (CFDT, CFE-CGC et Unsa).
Clé de voûte de la réorganisation de Pôle emploi, le "suivi différencié" des chômeurs doit permettre de concentrer les efforts sur ceux qui en ont le plus besoin, selon le plan stratégique approuvé en juin par le Conseil d'administration mais repoussé en comité central.
Le recrutement en cours de 2.000 CDI décidé par le gouvernement au début de l'été "est un signe positif mais le compte n'y est pas. Les effectifs manquent pour mettre en oeuvre" le nouvel accompagnement, explique Pascal Nezan, représentant CFDT, d'accord avec le principe du nouveau suivi.
Alors que pour la CFDT, il faudrait "5.000 agents de plus au total", "10.000 seraient nécessaires", renchérit Fabien Milon (FO).
L'autonomie plus grande qui sera laissée aux conseillers satisfait la plupart des syndicats mais "comment pourraient-ils utiliser cette marge de manoeuvre avec un manque aussi criant de moyens", estime M. Milon en pointant du doigt "le risque d'accroître la pression du résultat sur les conseillers".
FO renvoie au récent rapport sur les crédits "Travail et emploi" du projet de budget 2013. Le député PS Jean-Patrick Gille y souligne qu'un "alignement sur les capacités d'accompagnement de l'Allemagne ou du Royaume-Uni nécessiterait le recrutement de 20.000 équivalents temps plein supplémentaires".
M. Gille préconise aussi de personnaliser davantage le suivi des demandeurs d'emploi, répartir autrement les effectifs pour renforcer les postes d'accompagnement et mieux coordonner l'action de Pôle emploi avec les acteurs économiques locaux.