La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Lettre ouverte aux élus du Cher
Le Berry Républicain 26 octobre 2011
« Messieurs les élus. Nous regrettons de ne pouvoir plus faire efficacement notre travail malgré les efforts déployés par tous depuis bientôt trois ans. Nous ne recevons plus les usagers correctement et souffrons professionnellement et personnellement de cette situation... »
Une lettre comme un cri d'alarme lancé par les agents de Pôle Emploi et portée par une intersyndicale (CGT, CFTC, FO, snU). Une lettre adressée à l'ensemble des élus du département du Cher, qu'ils soient maires, conseillers généraux ou encore députés ou sénateurs. Une démarche inédite visant à sensibiliser ceux qui prennent les décisions des politiques au sentiment de mal-être régnant dans les agences de Pôle Emploi du Cher. « Nous avons réuni les agents afin de parler de leur travail au quotidien et de faire remonter leurs doléances », explique Hervé Colas, délégué syndical CGT de Pôle emploi Centre.
Rencontre plébiscitée par les agents qui ont répondu comme un seul homme à l'invitation syndicale. Il en est ressorti l'affirmation d'un manque cruel de moyens, tant matériels qu'humains, entraînant une dégradation des missions de Pôle Emploi, comme l'accueil. « Deux agents en accueil pour recevoir, informer, orienter, jusqu'à 160 usagers par demi-journée et des plateformes téléphoniques accusant, elles aussi, une surchauffe permanente. » Les exemples ne manquent pas dans ce courrier aux élus.
« Les flux sans précédent causés par la situation de l'emploi, fortement dégradée ces derniers mois, génèrent un mécontentement grandissant des usagers, nous obligeant à sortir de notre réserve ». En première ligne, les agents doivent désormais faire face à une colère sourde de la part des usagers qui ne comprennent pas les retards, les attentes ou même les difficultés de réponse. « La pierre angulaire de la fusion ANPE et Assédic, il y a bientôt trois ans, reposait notamment sur la polyvalence des agents, constate encore Hervé Colas. Et bien, elle ne marche pas ! »
La notion de lien social, importante dans le travail quotidien des agents, est aussi visiblement difficile à installer. « Cette valeur est attaquée de fait par la déliquescence de nos services, générant une violence devenue quotidienne, sans cesse plus aïgue, plus dangereuse, simplement inacceptable. »
Les agents espèrent désormais que leur cri d'alarme sera entendu. Il faut dire que la période électorale qui s'ouvre peut y contribuer...
Frank Simon