La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Publication des chiffres du chômage: le sourire crispé du Secrétaire d'Etat à l'emploi
France : 46.000 chômeurs de plus sur les six premiers mois de 2010
Les Echos 27 juillet 2010
Après deux mois consécutifs de hausse, le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas travaillé du tout a toutefois baissé de 0,3 % en juin.
L'embellie est petite mais elle est d'autant plus appréciable qu'elle succède à deux mauvais mois. Selon les statistiques publiées hier par la Dares (ministère du travail), le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas travaillé du tout dans le mois (catégorie A) est revenu à 2.691.000. C'est 8.600 de moins qu'en mai, soit une baisse de 0,3 %.
Cette diminution n'a cependant pas de quoi rendre euphorique, alors que la perspective de la fin du Zéro charge pour les très petites entreprises a certainement dopé au moins un peu les embauches le mois dernier. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, s'est donc garder de tout triomphalisme. Dans un communiqué diffusé hier, elle a affirmé « prend(re) note avec satisfaction de cette baisse du chômage, qui confirme la stabilisation globale du marché du travail depuis le début de l'année ».
Elle n'efface cependant pas, loin s'en faut, les hausses des deux mois précédents.Il aurait fallu une baisse de 38.000 en juin pour obtenir une stabilisation du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A. Autant dire que l'Insee, qui a tablé dans sa dernière note de conjoncture, fin juin, sur une légère baisse du nombre de chômeurs au deuxième trimestre, apparaît moins réaliste que Pôle emploi, qui avait indiqué s'attendre à une rechute.
Plus globalement, le premier semestre de 2010 n'aura pas été bon en matière de chômage. On est évidemment _ et heureusement _ très loin des sommets atteints en 2009. Au premier semestre de l'an dernier, le nombre de chômeurs de catégorie A avait augmenté de 289.400 et au second semestre, il avait progressé encore de 128.100. L'augmentation est aussi bien plus faible que les 220.000 demandes d'emploi de plus recensées au second semestre de 2008, au démarrage de la crise. Mais entre janvier et juin, le nombre de chômeurs de catégorie A a tout de même encore crû de 45.900.
Si l'on considère cette fois tous les chômeurs tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi (catégories A, B et C), la hausse sur le semestre dépasse les 100.000. En juin, leur nombre a en effet continué de se rapprocher des 4 millions en France métropolitaine, à 3.958.500 (+0,4 %) et il dépasse désormais les 4,2 millions DOM compris.
Le fait le plus marquant en juin reste encore la progression du chômage des 50 ans et plus (voir ci-dessous). Les quinquagénaires ont continué à pâtir plus que les autres de la dégradation du marché du travail tandis que le nombre de demandeurs d'emploi de moins de 25 ans, qui avait recommencé à progresser depuis mars 2010, a légèrement diminué le mois dernier. Une amélioration à mettre en relation avec le rebond des contrats en alternance (« Les Echos » du 27 juillet).
Alors que le nombre de reprises d'emploi s'est inscrit en baisse en juin, le nombre de chômeurs de longue durée a, lui, poursuivi sa hausse. Pôle emploi a recensé en juin 1.424.600 personnes inscrites depuis un an ou plus, en progression de 0,9 % sur un mois et de 29,1 % sur un an, avec un pic de progression mensuelle de 1,8 % pour les personnes inscrites depuis deux ans, soit exactement les victimes de la crise. En parallèle, le nombre de personnes indemnisées par l'Unedic a poursuivi la baisse qu'il avait entamé en avril. Un cocktail qui signe la montée en charge du problème des fins de droits, qui ont donné lieu à un accord entre l'Etat, le patronat et tous les syndicats sauf la CGT qui commencera vraiment à monter en charge qu'à la rentrée.