La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Le traitement social du chômage, nouveau credo de la droite
10 février 2011
La hausse du nombre de demandeurs d'emploi en novembre et décembre de quelque 50.000, soit les deux tiers de la hausse annuelle de 2010, conduit l'exécutif à amender sa stratégie. 2011 devait être une année de transition vers un retour à une politique de l'emploi plus modeste. Elle ne le sera pas. L'exécutif va augmenter son budget de 500 millions d'euros par rapport à l'enveloppe inscrite dans la loi de Finances initiale. C'est le prix qui a été fixé à la priorité accordée à la baisse du chômage. Le budget de l'emploi en 2010 devait représenter 11,4 milliards (auxquels s'ajoutaient plus de 1 milliard de crédits de relance), mais il a dérapé de 1,3 milliard. En 2011, il devait se limiter à 11,4 milliard. Mais attention, a prévenu Nicolas Sarkozy : la rallonge pour cette année devra être compensée par des économies de même ampleur sur les autres missions budgétaires, déjà très contraintes.
Le gouvernement réagit dès maintenant car le coup de frein brutal donné à partir de l'automne dernier aux contrats aidés des secteurs marchands (CIE-CUI) et non marchands (CAE-CUI) a largement contribué aux mauvais chiffres du chômage la fin de 2010.
Parmi les mesures que ce coup de pouce va permettre de financer figure au premier rang une hausse de l'enveloppe des emplois aidés. Portée à près de 520.000 en 2010, elle devait être ramenée à 390.000 cette année. Le président de la République a annoncé jeudi que des contrats supplémentaires seraient débloqués. Quelque 60.000 de plus sont envisagés, principalement pour les chômeurs de longue durée. Le gouvernement veut proposer aux départements de s'engager à financer avec lui les contrats des contrats pour les bénéficiaires du RSA.
Le chef de l'Etat a demandé à Pôle emploi de recevoir « sous trois mois » tous les chômeurs de longue durée (ils sont 1,5 million en catégorie A, B et C) avec à la clef « soit une proposition de formation qualifiante soit un emploi ». Autre population prioritaire : les jeunes. Nicolas Sarkozy a confirmé l'instauration d'un système de bonus malus pour les entreprise sur l'apprentissage : celles qui ont davantage de jeunes en alternance (que leur obligation) « auront une réduction de leur charge », celles qui ne respectent pas leur quota « auront un malus ». Le statut de l'apprenti va par ailleurs être amélioré, comme prévu (logement, notamment), avec la construction de « dizaines de centres d'apprentissage ». Nicolas Sarkozy veut passer de 600.000 jeunes en alternance à « 1 million ». Sans fixer d'échéance. Le gouvernement avait pour objectif 800.000 en 2015.
Face à une conjoncture qui reste très incertaine, le gouvernement va donc de nouveau user du traitement social du chômage, qui n'est pas la tasse de thé de la droite. Au-delà de la relance des contrats aidés, va d'ailleurs se poser un débat de fond : quelles actions seront entreprises pour que ces contrats soient de réelles voies de retour durable à l'emploi ? C'est d'autant plus important que le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée ne devrait pas cesser de croître. Là est l'enjeu d'une autre action portée par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui évoque régulièrement les 250.000 offres d'emploi non pourvues (le chef de l'Etat a avancé le chiffre de 500.000 jeudi) : la réduction du délai pour répondre aux entreprises qui veulent embaucher. Ce sera un autre chantier de 2011 pour le service public de l'emploi