La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
En quoi est-il nécessaire de supprimer des postes à Pôle emploi ? C'est tout simplement que vous aviez des tonnes de doublons !
Quelques heures avant sa nomination comme ministre du travail et de l'emploi, Xavier Bertrand s'exprime sur Canal + dans l'émission "Dimanche +"
Anne-Sophie Lapix : Alors c’est un nouveau ministre qui va hériter de ce dossier. Peut-être vous, peut-être pas. En tout cas, le fonctionnement de Pôle emploi semble ubuesque. Est-ce que la réforme a été mal menée ?
Xavier Bertrand : Déjà, cette réforme, elle était indispensable et elle est pleine de bon sens. Moi, je connais bien la situation d’avant. D’un côté, l’ANPE, et de l’autre côté les Assedic. Les Assedic qui indemnisaient, l’ANPE qui essaye de mettre en face les offres et les demandes d’emploi. Les regrouper pour que le même conseiller puisse à la fois donner l’indemnisation, orienter le demandeur d’emploi et lui trouver en même temps les formations, une seule personne, ça a du sens.
ASL : Oui, ça a du sens, mais…
XB : Maintenant, attendez, ça ne se fait pas en un jour. Il faut du temps et il ne faut pas seulement le décider à Paris, il faut aussi que ça s’applique dans toutes les agences de France.
ASL : Et alors pendant ce temps-là, est-ce qu’il faut réduire les effectifs, alors que le chômage explose ? Est-ce que c’est le bon moment pour réduire les effectifs ?
XB : Mais n’oubliez pas une chose. C’est qu’en plus, il y avait la crise. Et vous avez aussi un nombre de demandeurs d’emploi plus important. Est-ce que la réforme perd de son sens à cause de la crise ? Au contraire. Elle est encore plus indispensable. Mais vous le savez bien, il n’y a aucune réforme qui se fait comme ça en un jour, en claquant dans les doigts [sic]. Ca prend du temps, il faut expliquer. Il faut aussi permettre également aux demandeurs d’emploi d’avoir quelqu’un d’identifié. La question des bureaux, je le vois à Saint Quentin [dont XB est maire]. Je me suis rendu moi-même à Pôle emploi.
ASL : Il y a eu un suicide, d’ailleurs, au sein de l’agence Pôle emploi de Saint Quentin, chez vous.
XB : Bien sûr, je le sais.
ASL : Ce qui prouve qu’il y a quand un vrai malaise. Ce ne sont pas des gens extravagants qui manifestent seulement parce qu’on leur supprime des postes.
XB : Mais le problème, là quand vous êtes dans un suicide, l’ancien ministre de la Santé va vous le dire, ça repose aussi sur tellement d’éléments. Sur à la fois une souffrance personnelle et après, vous avez la question « est-ce qu’il y a une implication du monde du travail ou pas ? », c’est toujours très difficile quand on donne un exemple de dire « c’est à cause de cette organisation ». C’est beaucoup plus compliqué que ça.
ASL : C’est quand même assez symptomatique d’un malaise …
XB : C’est avant tout un malaise personnel.
ASL : … quand un employé se suicide dans les locaux dans lesquels il travaille ?
XB : Je veux bien qu’on en parle de ce sujet, parce que vous savez, j’ai certainement été un des premiers ministres du Travail à me rendre notamment dans des grandes entreprises, quand il y a eu notamment des suicides au travail. Même les syndicats disent que c’est compliqué de pouvoir déceler les risques qu’il y a. J’en finis juste avec ce point : la crise, en plus, qui vous donne davantage de demandeurs d’emploi à gérer et à traiter pour leur trouver une solution, eh bien oui, ça rend cette réforme encore plus nécessaire.
ASL : Et nécessaire de supprimer des postes, malgré tout ?
XB : Mais c’est tout simplement que vous aviez des tonnes de doublons ! Et qu’à partir du moment où vous rapprochez, vous n’avez peut-être pas besoin des mêmes personnels pour faire les mêmes charges techniques. Par contre, que les personnels s’occupent en priorité des demandeurs d’emploi, ça a toujours du sens.
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Vidéo très intéressante à visionner car elle contient un reportage de plus de 6 minutes sur la grève et la manif nationale du 9 novembre