La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Un canular pas tout à fait anodin
La structure a été évacuée hier matin, après une fausse alerte à l'anthrax
Le chômeur voulait se venger de Pôle emploi
La Provence 18 mai 2011
Une plaisanterie de très, très mauvais goût." Voilà le sentiment d'Eric Amato, le directeur du Pôle emploi d'Istres. Hier matin, sa secrétaire ouvre une enveloppe et se retrouve couverte de poudre blanche. Après les affaires liées à l'anthrax et au sarin, deux substances mortelles, le protocole de sécurité est aussitôt lancé. Les pompiers, la police nationale et la sous-préfecture sont alertés. Et la décision est prise d'évacuer le personnel du Pôle emploi, mais aussi celui de la Maison de l'emploi Ouest Provence mitoyenne, ainsi que le public. Ce, le temps de déterminer la nature de la substance trouvéedans le courrier. "Nous ne sommes pas trop inquiets, nous confiaient des employés, en "pause forcée". Mais maintenant, il va falloir travailler entre midi et deux pour rattraper le temps perdu!" Le personnel a finalement pu réintégrer les bureaux une petite heure plus tard: il ne s'agissait, en fait, que de farine blanche. Plus de peur que de mal, donc.
Menaces
Pour autant, l'histoire va au-delà du simple canular. Le courrier, qui était adressé au directeur du Pôle emploi, contenait des menaces à son encontre. Il était même signé. Le suspect, un Fosséen de 27ans, a ainsi été appréhendé rapidement, dans la matinée, par les policiers de Martigues, puis placé en garde à vue au commissariat d'Istres, où il se trouvait encore hier soir. Les raisons qui auraient poussé le suspect à envoyer ce courrier ressemblent fortement à une vengeance. L'homme avait un dossier suivi par le Pôle emploi d'Istres. Or, selon nos informations, il venait de recevoir un avis avant radiation, pour absence à convocation. Une mesure que l'intéressé n'a visiblement pas appréciée ...
"L'équipe a pris cette histoire au second degré. Mais ce n'est quand même pas quelque chose d'anodin, c'est un épisode stressant, reprend le directeur Eric Amato. Les agents essaient de faire en sorte d'accueillir au mieux le public, de trouver des solutions aux demandeurs d'emploi. Dans 90%, ça se passe bien " Un débriefing est prévu avec le personnel.
Stéphanie DURAND-VIAL