La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Interdite d'inscription à Pôle emploi en raison des soins qu'elle doit porter à ses enfants
Une mère de jumeaux autistes priée de ne plus travailler
Métro 7 juin 2012
Depuis septembre dernier, la vie des Duval est un enfer. "A la rentrée, les instituteurs m'ont dit que mes jumeaux de 4 ans avaient des difficultés à s'intégrer, explique Meryem, 38 ans. Le centre médico-psychopédagogique (CMP) a conclu qu'ils étaient peut-être autistes." Samy et Yanis quittent leur école de Marcq-en-Baroeul (Nord) et multiplient les rendez-vous chez le pédopsychiatre, le psychomotricien, l'orthophoniste… Le père, Jean-Luc, qui s'occupe des garçons depuis leur naissance, n'arrive pas à gérer seul les consultations médicales . Une enquête sociale est alors ouverte pour "défaut de soins".
"Pas d'avenir professionnel"
Pour s'occuper des enfants, Meryem quitte son emploi de serveuse et contacte Pôle emploi. Après quatre préinscriptions erronées, et un rendez-vous avec un conseiller le 7 mai, elle reçoit un courrier : "Nous ne pouvons pas vous inscrire comme demandeuse d'emploi car vous ne pouvez pas accepter un travail au vue (sic) de la situation de vos deux enfants". Pour Jean-Luc, "c'est de la discrimination. Pour eux, ma femme n'a pas d'avenir professionnel à cause de nos enfants !"
Comme elle a démissionné, Meryem ne perçoit pas d'allocations chômage. Sans ce statut de demandeuse d'emploi, elle ne peut pas réintégrer ces droits après le délai de carence prévu. Pôle emploi, contacté par Metro, estime que "Madame Duval et le conseiller ont une interprétation différente du résultat de l'entretien" et admet que "la situation est compliquée".
"On a tout vendu sauf la télé"
Financièrement, la famille Duval est à bout. Le dossier d'allocation pour enfants handicapés est très long. En attendant, il faut acheter à manger, payer les couches des jumeaux et les trajets pour les multiples rendez-vous médicaux. "On a vendu toutes nos affaires personnelles, sauf la télé. On a emprunté de l'argent à nos amis, raconte Jean-Luc. Comme on n'a pas pu payer le loyer, la banque a saisi la totalité de notre RSA, et va clôturer notre compte."
Depuis peu, Meryem travaille le soir comme réceptionniste d'hôtel. Samy et Yanis seront accueillis en hôpital de jour en septembre. Une lueur d'espoir pour le couple Duval, qui poursuit son combat. Meryem a déposé un recours auprès du Défenseur des droits et envisage de porter plainte contre Pôle emploi.