La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
La République des Pyrénées 21 septembre 2012
Il y a des causes qui rallient tous les suffrages. A gauche, au centre, à droite, tout le monde se dit choqué par le projet de la direction de Pôle Emploi (révélé dans nos colonnes mardi) de fermer l'agence de la rue Emile Guichenné au grand public. Et tous sont d'accord pour "exiger" le maintien d'une agence en centre-ville, que cela soit rue Guichenné ou ailleurs. La députée-maire a fait voter une motion hier soir en conseil municipal. Elle a été approuvée à l'unanimité.
Martine Lignières-Cassou au combat
Dès que la nouvelle a filtré, Martine Lignières-Cassou a pris les devants : coup de fil au préfet, au préfet de Région... Elle n'a pas hésité à taper plus haut en saisissant du dossier le ministre du Travail Michel Sapin. La semaine prochaine, elle annonce une rencontre avec la directrice régionale de Pôle Emploi Maryse Dagnicourt-Nissant. Les échanges s'annoncent nourris.
"Pôle Emploi n'est pas dans une posture de partenariat avec le territoire, estime en effet la députée-maire. En discutant avec mes collègues, je constate qu'ailleurs, cela se passe différemment. Il y a donc des consignes au niveau régional".
La grande réunion de la CCI annulée
La "grand-messe" devait avoir lieu hier à la Chambre du commerce et de l'industrie. Elle a été finalement annulée. Devant l'ensemble des salariés de Pau, Thierry Lescure, le directeur territorial de Pôle Emploi devait présenter le plan de réorganisation des différents sites de Pôle Emploi à Pau à horizon fin 2013 : avec notamment ce déménagement des bureaux de Pau-Centre dans les locaux du quartier Saragosse. Mais après la divulgation du projet, Thierry Lescure a préféré communiqué en interne dans chaque agence. Une réunion a ainsi eu lieu mercredi après-midi dans les locaux de la rue Guichenné. "Peut-être est-ce le signe que Pôle Emploi réfléchit", espérait hier la députée-maire de Pau.
Silence radio à Pôle Emploi
Mais y a-t-il matière à discuter dans ce contexte de bras de fer entre Pôle Emploi et les élus ? Si les salariés avaient des choses à dire hier (lire par ailleurs), le directeur de l'agence de Pau, Michel Darrivère, a refusé de s'exprimer. Silence radio également du côté du directeur territorial Thierry Lescure. Et si la directrice régionale, Maryse Dagnicourt-Nissant s'est exprimée mercredi dans les médias béarnais, elle préférait elle aussi hier garder le silence. La position de Pôle Emploi reste donc officiellement la même : le déménagement est justifié par des locaux devenus "exigüs et petits".
Olivier Dartigolles met la pression
Ces arguments immobiliers laissent de marbre Olivier Dartigolles qui compare Thierry Lescure à "Stéphane Plaza" (de "Maison à vendre sur M6). L'élu communiste, également président de la mission locale, a organisé une manifestation surprise hier matin rue Guichenné.
Des militants seront présents devant l'agence de 10h à midi trois jours par semaine pour faire signer une pétition. Après avoir obtenu gain de cause sur le maintien d'une agence sur le quartier Saragosse, l'élu assure ne pas être prêt de lâcher l'affaire. Et réclame un moratoire, ainsi qu'une table ronde "avec tous les acteurs". "La municipalité a plein de locaux disponibles dans le centre-ville", assure-t-il.
ZOOM
Salariés : "Un scandale" pour les chômeurs
L'ambiance était lourde hier matin dans les locaux de l'agence de Pôle Emploi de la rue Guichenné où travaillent 35 personnes. Même Olivier Dartigolles en était surpris. Quand il s'est rendu dans les locaux de l'agence de Pôle Emploi de la rue Emile Guichenné, la quasi-totalité des salariés en poste sont venus l'écouter. Preuve qu'ils ont quand même du mal à encaisser le projet de déménagement dans le quartier Saragosse. Il y a d'abord la forme. "On a appris la nouvelle dans la presse, s'étonne un agent. Nous, on était au degré zéro de l'information". Du coup, un courrier est parti à la direction régionale dès mardi.
Mais sur le fond, le déménagement est également fortement contesté. "Au-delà de ceux que cela dérange ou pas de ne plus travailler au centre-ville, enlever comme cela un service public en centre-ville, c'est un scandale pour les demandeurs d'emploi, s'emporte une salariée avec la bénédiction de ses collègues. Le positionnement en centre-ville permet d'être proche de la préfecture, de la mairie du centre communal d'action sociale, de la Caisse d'Allocations Familiales.
D'autant que beaucoup de nos usagers que nous appelons aujourd'hui clients viennent en bus. Les gens peuvent faire leurs démarches dans une même journée". Autre point de désaccord : "Il faut arrêter de nous trimballer partout. Quand il y a un redécoupage, nos fichiers de demandeurs d'emploi et d'entreprises se retrouvent éclater, alors qu'on avait établi des liens. En terme d'efficacité, ce n'est pas terrible."