La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Un critère ethnique dans les offres d’emploi de Salesforce
01NetPro le 18 juin 2010
C'est une offre d'emploi pour un poste de responsable de marketing on line chez Salesforce. Contrairement à la réglementation française, l'offre n'a pas été traduite de l'anglais alors que le « job » en question est basé à Paris. Plus gênant, la petite annonce ouvre sur un formulaire en ligne dont l'un des champs porte sur l'appartenance ethnique et raciale. Le candidat doit préciser s'il est de type latino, blanc, asiatique ou africain.
Un avertissement précise que l'information restera confidentielle et ne sera pas consignée dans le dossier de candidature. Cette donnée n'a qu'un but statistique. Elle rentre dans le cadre de la politique américaine d'Equal Employment Opportunity (EEO), qui vise à lutter contre les discriminations à l'embauche.
En France, cette mention est toutefois perçue dans un sens contraire. Comme le rappelle un guide pratique de Pôle emploi sur la rédaction des offres d'emploi sur internet, il ne peut être fait mention de critères liés à la race, à l'ethnie ou à la nation dans les annonces, mais aussi tout au long de la procédure de recrutement. Ce principe est inscrit dans le Code du travail (article L 1132-1) et le Code pénal (article 225-1).
Vice-président marketing Europe de Salesforce, Woodson Martin rappelle que, comme nombre de sociétés américaines, le site de Salesforce est géré depuis les Etats-Unis. L'éditeur se conforme donc aux lignes directrices émises par le gouvernement américain en matière d'équité dans le recrutement. « Les informations ne sont pas envoyées à des entités locales Salesforce, ni utilisées dans l'évaluation des candidats. Elles nous servent, en revanche, à évaluer l'efficacité de nos campagnes de sensibilisation visant à une politique de diversité. »
Woodson Martin précise, par ailleurs, que les articles 2 et 5 de la loi Informatique et Libertés sur la protection des données personnelles ne s'appliquent pas à des données traitées aux Etats-Unis.
Salesforce n'est pas, bien sûr, un cas isolé. La question se pose à nombre d'entreprises américaines. Pour éviter ce type de controverse, Thierry Dor, avocat à la Cour au cabinet Gide Loyrette Nouel, conseille à ses clients de supprimer ce champ. Ce qui suppose que le site institutionnel dispose d'une partie francisée distincte. Il souligne aussi l'ambiguïté de la formulation du champ incriminé. Un astérisque précise qu'il est obligatoire, mais juste en dessous, le candidat peut cocher une case s'il ne veut pas se soumettre à l'enquête EEO. Que comprendre ?
Sur le site de Salesforce:
If you choose not to answer any of the items, you will not be subject to adverse effects. However, we urge you to answer each one and assure you that this information is confidential and will not become a part of your applicant file. If you do not voluntarily self-identify or if you indicate a clearly inappropriate response, identification will be made by visual or other judgmental factors.
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