La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
La pratique de l'EID peut-elle être dangereuse pour la santé ?
Nous reproduisons ci-dessous la lettre d'une conseillère qui demande à sa Directrice Régionale de ne pas pratiquer l'EID, un acte métier qu'elle estime dangereux pour sa santé. Pour des raisons que chacun comprendra, nous avons conservé l'anonymat de notre collègue
A l'instar d'autres collègues en France, dont je partage les craintes quant à l'avenir de notre
service public de l'emploi, je me trouve dans une situation inextricable que vous seule pouvez semble-t-il résoudre.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'un métier ne se résume pas à la somme des actes professionnels qui le compose. Un métier étant exercer par un Homme, il suppose une intention, une finalité et une déontologie.
Avec l'EID, je me trouve dans une impasse, je ne peux en effet concilier ce nouvel acte métier avec ma posture, mon éthique professionnelle. L'EID, contrairement à ce que vous affirmez, ne me permet pas de concilier deux champs professionnels qui seraient complémentaires ou connexes mais provoque une rupture qui vient s'ajouter à des situations de travail déjà douloureuses*.
Les troubles du sommeil et les angoisses qui perturbent mes nuits depuis que j'ai fait la formation EID m'amènent à penser que je suis dans l'impossibilité de faire l'EID sans mettre en danger ma santé.
Depuis des mois je vois autour de moi des collègues épuisé(e)s, surmené(e)s, qui craquent, sont en arrêt maladie ou sous médicament. Je souhaite pour ma part garder mon intégrité mentale.
Je ne peux, en conscience, me résoudre à faire le travail de mes collègues technicien(ne)s de l'indemnisation. Je sollicite simplement le droit d'exercer le métier pour lequel j'ai été recruté en 2003, celui qui apparaît sur ma fiche de paie. Je vous demande de me dispenser de l'activité spécifique EID qui me contraint à contrôler, vérifier, calculer, liquider, rejeter et dont l'exercice me met en danger.
* (Note en bas de page). C'est peut-être en me planifiant 12h par semaine, en « accueil relation client », que l'on espère me faire devenir une chargée de clientèle ?
On me rappelle souvent que je suis en « production », que mes chiffres ne sont pas bons, que je ne devraient pas recevoir les personnes que j'accompagne, que je ne dois pas envoyer de mails aux demandeurs que je suis quand bien même ce support leur serait adapté (informaticien, chargé de communication, secrétaire, etc.): autant de situations de frustration, de travail empêché qui nuisent à mon efficacité, génèrent des conflits avec mes encadrants et fragilisent mon équilibre.
En annexe de ce courrier je vous prie de bien vouloir transmettre au service RH, une demande de visite médicale auprès d'un médecin du travail, ainsi qu'une demande de bilan de compétences.
Je vous prie de croire, madame, en l'expression de ma parfaite considération.
La réponse de la DR:
Les personnes qui voudraient prendre contact avec notre collègue peuvent le faire en écrivant à la fusion pour les nuls, qui transmettra.