La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Le ras-le-bol des conseillers de Pôle emploi
« La fusion ANPE-Assedic a été lancée en début de crise avec des personnels pas suffisamment formés aux deux missions du placement et de l'indemnisation des demandeurs d'emploi. » Secrétaire du comité d'établissement et délégué SNU-FSU du personnel, Franck Messidor tire la sonnette d'alarme. Comme lui, 150 salariés de Pôle emploi étaient rassemblés devant le site de Caen-Centre « pour dénoncer des problèmes qui ne font qu'empirer avec l'afflux de demandeurs d'emploi depuis la création de Pôle emploi ».
Il y a un an et demi, la ministre de l'Economie Christine Lagarde avait annoncé, selon Franck Messidor, « 60 demandeurs d'emploi par conseiller ». Conseiller lui-même, Franck Messidor affirme que ce chiffre est « de 200 à 250. Nous n'avons pas le temps de les suivre correctement et d'accomplir en même temps nos autres missions comme la gestion des offres d'emploi, la relation avec les entreprises, la formation. »
Les cadres dans le mouvement
A Caen, deux des sites Pôle emploi étaient fermés hier. Les cadres aussi ont exprimé leur mécontentement : « Les conseillers de Pôle emploi, les demandeurs, les entreprises, tout le monde pâtit de cette situation », s'emporte Lionel Marie (CGT), responsable du site Caen-Nord, pour qui il y a un manque de moyens « alors qu'on annonce encore des suppressions de postes et non, comme le dit la direction, une organisation à améliorer ».
Et Lionel Marie de dénoncer « la solution des plateformes téléphoniques, parfois privées et d'Internet qui ne font qu'éloigner le demandeur d'emploi de l'accompagnement et d'un suivi efficace ».