La vie de pôle emploi ou la fusion racontée par deux agents anpe et assedic.
Les Confessions de Christian Charpy: "Je n'avais aucune certitude sur le contour des nouveaux métiers"
Quand Christian Charpy renonce à la langue de bois
La patate chaude de la classification des métiers
Avec la signature de l’accord national et les accords régionaux sur le temps de travail, le plus dur est fait. Le seul chantier très complexe, qui relève à la fois de la négociation et de la transformation, concerne la classification des emplois. Ce sujet, je n’ai pas voulu l’aborder dans la convention collective parce que je n’avais aucune certitude sur le contour des nouveaux métiers. Nous étions partis sur l’idée de métier unique, avant de nous rendre compte que ce concept était impossible à mettre en œuvre, et, en plus, inutile. Allait-on garder deux métiers différents ? Quel était le socle commun de compétence ? Existerait-il un métier transverse ? Comment intégrer les compétences des personnes venues de l’AFPA sur la partie de l’orientation ? Si la classification est un sujet si sensible, c’est qu’elle est l’expression même de la valeur qu’on attribue à chacun des métiers. Un conseiller en charge du placement des demandeurs d’emploi sera-t-il payé plus, moins ou autant qu’un agent chargé de l’indemnisation ? Certaines compétences doivent-elles être mieux rémunérées que d’autres ou bien faut-il accorder le même salaire à tous les agents de Pôle emploi ? La technicité, plus présente dans les métiers de l’ex-assedic doit-elle être plus ou moins bien cotée que la dimension relationnelle, essentielle dans l’accompagnement vers l’emploi ? La prise en compte de nombreux critères : technicité, complexité, initiative et autonomie, dimension relationnelle … doit permettre ensuite de définir une nouvelle grille de salaires. Or chacun redoute d’affronter cette question par crainte de provoquer un retour des réflexes identitaires.
Christian Charpy. La tête de l'emploi (septembre 2011)